‹ La critique de la raison pure. Tome premierChapitre 52 sur 72 · POSTULATS · texte numérisé non relu

POSTULATS

De la pensée empirique en général.

1. Ce qui s'accorde avec les conditions formelles de l'expérience ( quant à l'intuition et aux concepts) est possible.

2. Ce qui se rattache aux conditions matérielles de r€^xpérience(de la sensation ) est réel.

S.jGe dont là connexion avec le réel est déterminée suivant des conditions générales de l'expérience (existe) est nécessaire.

Développement.

Les catégories de la modalité ont cela de particulier , qu'elles n'ajoutent rien comme détermination de l'objet au concept auquel elles se rattachent comme attributs , mai^ qu'elles expriment seulement le rapport à la faculté de connaître. Lorsque le concept d'une chose est déjà parfait, ne puisje pas cependant demander encore à Toccasion de cette chose : ou si elle est simplement possible, ou si de plus elle existe, ou si, existant, elle est encore nécessaire? Tout cela ne fait penser aucune détermination de plus dans la chose; seulement il est question de savoir par là quel est le rapport de cette chose (et de toutes ses déterminations) avec l'entendement et son

usage empirique^ avec le jugement empirique et avec la raison (dans son application à rexpérience).

Par cette raison donc, les principes de la modalité ne sont que les explications des concepts de la possibilité, de la réalité et delà nécessité dans leur usage empirique , et en même temps la restriction de toutes les catégories au seul usage empirique, sans en admettre ni en permettre T usage transcendental. Car, si elles n'ont pas une valeur purement logique, et qu'elles ne doivent pas exprimer analogiquement la forme de la pensée, mais qu'elles doivent, au contraire, concerner /e5 choses^ leur possibilité, leur réalité ou leur nécessité, elles devraient'se rapporter à l'expérience possible et à son unité synthétique, dans laquelleseule lesobjets de làconnaissance sont donnés.

Le postulat de la possibilité des choses exige donc quèieur concept s^accord'è'avec lés 'conditions 'formelles de l'ex^ëHenfee en général. Mais l'expièrience 'éi\ générai; è'est-â^dire la^ formé' objectiv'e dé Téiperience èii général, contient toute synthèse reijuise poiir là connaissance des objets. Un concept qui comprend une synthèôd, ou est vaînet iie'àë rapporte à Aucun objet, àî cette synthèse n'appartient pas à l'expérience; bu, s'il en ésï'cÀrame emjî^i^untè, il s^appelle alors lin concept empirique. Mais si cette synthèse, comme Condition dpnon^ sert de baâeâ l'expérience en génë- *ta\ (en est lâ'fofmë),* alors le concept est tm concept pur qai appartient cependant à l'expérîence, {iui&-

Tt."' ' M

que son objet, ne peut être trouvé qu'en elle. Car, où prendre le caractère de la possibilité d'un objet conçu paî* un concept synthétique à pnbn, si 6e n'est delat i;^iïthèsè'qàî con^ittie la^Tôriiie de la connais-^ sance empirique des objets? C'est même une èondition logique' nécessaire, qu'ilbe doit y avoir dans ce concept aucune contradiction 1 Maïs il s^en faut beaucoup ijue' cela suffise pour' là réiilité bT)jectivé'dti (ïoncepti é'est-à-^dire pour la pôssibîlîté d'uii objet tel qu'il est- peiisé' par le codcept. A'irisi il h'y a àù^ ctine contradiction dàiis le concept' d^ône figure contenue entré deux lignés 'droites ; car le concept de lignes droites et "^de leur rfencoritre ' ne contient pais la négation d*une figure. L'irti possibilité ne tient donc point au concept lui-même;' niais à è& instruction dans Tespace, c'est-à'^dire aux condi-^ ttôns de l'espace et* de ses déterminations ; et celles* îâbnt'à leur tour leur réa;lîté objective, c'est-à-di#6 qu^'elles se rapportent à des cfaoëes possibles, ptti^ qu'elles contiennent à priori la fornie'de 'rexpérierice en général. ' » m

Faisons donc voir la grande utilité et l'influence de ce postulât de la possibilité. Si jfef Wiè'représente uftè chose qui s6it pérmahéntë, éri sorte qtae tout èfe qui s'y passe appartienne seulement à son état,' je ne puià jamais coTinaît^e par ce c6ttcept si teette iefiose est pôs-îsible. De même, *si je nie représente qiielqué -chose qui doive* être de ' t^lle hature que, s'il est jioséj

quelque autre chose doive suivre immanquablement, assurément cela pourra se concevoir sans contradiction; mais on ne peut juger par là si cette propriété (comme causalité) se trouve dans une chose possible. Enfin, je puis concevoir des choses (substances) différentes, qui sont telles que l'état de Tune amène une conséquence dans l'état de l'autre, et réciproquement; mais on ne comprend point par ces concepts qui contiennent une simple synthèse arbitraire, si un tel rapport peut appartenir aux choses. Seulement, de ce que ces concepts expriment à priori les rapports des perceptions dans toute expérience, on connaît la réalité objective de ces concepts, c'est-à-dire leur vérité transcendentale, et même sans le secours de l'expérience, mais cependant pas indépendamment de tout rapport à la forme d'une expérience en général. On en connaît aux mêmes conditions l'unité synthétique, dans laquelle seule des objets peuvent être empiriquement connus.

Mais si l'on voulait se former de nouveaux concepts de substances, de forces et de réciprocités, avec la matière que la perception nous fournit et sans prendre de l'expérience même l'exemple de leur liaison, on tomberait alors dans de vraies chimères; leur possibilité n'a en soi aucun critérium, puisqu'on n'aurait pas pris dans ces concepts l'expérience pour guide, et qu'ils n'en dérivent point. De tels concepts fictifs ne peuvent, à l'exemple des catégories, recevoir la

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marque de leur possibilité à priori^ comme conditions d'où dépend toute expérience, mais seulement à posteriori y comme donnés par Texpérience. Leur possibilité même doit être connue àposteriori ou empiriquement, sans quoi elle ne peut pas Têtre du tout. Une substance qui serait constamment présente dans l'espace, sans cependant le remplir (comme ce milieu entre la matière et le principe pensant que quelquesuns ont voulu introduire), ou une faculté particulière de notre esprit de voir l'avenir (non pas simplement par voie de conséquence), ou enfin une faculté de cet esprit de souten i r avec les autres hom mes un commerce de pensées (quelque éloignés les uns des autres qu'ils puissent être) ; ce sont là des concepts dont la possibilité est tout à fait dépourvue de fondement, puisqu'elle ne peut pas reposer sur l'expérience ou sur ses lois connues, sans lesquelles cette possibilité n'est qu'une association de pensées arbitraires, qui, quoiqu'à la véritéexempte de contradiction, ne peut cependant prétendre à la réalité objective, ni par conséquent à la possibilité d'un objet tel qu'on le conçoit ici. Pour ce qui est de la réalité, on ne peut la concevoir comme telle m concreto^ sans avoir recours à l'expérience, parce qu'elle n'a rapport qu'à la sensation, comme matière de l'expérience, et ne regarde nullement la forme du rapport, forme avec laquelle l'esprit pourrait peut-être se jouer dans dès fictions. Je laisse de côté tout ce dont la possibilité ne peut

être comprise que par la réalité dans rexpérience, pour ne ôonsidérer *ici que la possibilité dés choses J)ar concepts à prion. Or, je persiste à dire que ces concepts seuls et en soi ne peuvent jamais donner les doses, qu'ils nelesdonnent du ihoins qu'à titre de conifitions formelles et objectives d'une 'expérience etigènéral. = ' ' ' '' ' ^

'II* semble, à la vérité, que la possibilité d'un trîanglef pui-sse être connue pair s6ù concept pris en liilnlêrfie (qui est certainement indépendant de Texpérience) : car, en fait, nous pou Vous lui donner un objet complètement a prron, c'est-à-dire le coriàtruire. Mais/ coiïimé cette construction tf est que la forme d'un objet, le triangle n'est toujouts qu'uri produit de l'imagination. Or, la possibilité de l'objet produit' par cette faculté resté encore douteuse, puisqu'il^àudrait en outré, pour 'qu'elle îeût lieu, que cette figure fût conçue sous les seules conditions qui serveiit de fondètnentà tous les objets dé l'expérience. Or, là seule chosequi ajouteà ce concept la notion de là possibilité de son objet, c'est l'iritervéhtion de l'espace (îotnme condition formelle â priori de l'expérience extérieure, et l'identité de la synthèse représentative (au moyen de laquelle nous construisons' un triangle dans l'imagination), avec celle que nous formons dans l'appréhension d'un phénomène pour nous en faire un concept empiriqu'e. Ainsi la possibilité des quantités continues, même des quantités en général, puisque

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leurs concepts sont tous synthétiques, ne sera jainais expliquée par les è'oricepts seuls, ràkis pâi^lès^êoncepts comme cohdi tiens formelles de là dét^erminàtiôïi dès' objets dans réxpérience en général! Et où'devl^àlt-on chercher dés objety correspondants aux concepts, bi ce n*est dans Texpérience, par laquelle gfeule lerf objets nous sont donnés? Nous pouvons, â la vérîté^ saris expérience préalable, connaître et caraétéri^er la possibilité dés cho^ed, maïs seùlemetit par rapport aux fcoilditioiis formelles èous lesquelles 'qdelkjùe ^chtoàe fen général est* déterminé dans réxpériehcè cdtfartîe objk, par conséquent àpriofi^ quoi^illB tôujoùi^' pàf Vàppoi*t 'à ëétte expérience et darirf'sëi liniiteb: ' • He postulât, ^our connaître la réalité 'de^ choses, exige percépiioril ^ar fcôrii<é(j[tiénl?^ serifâation atvëè'éiihàcïènce au 'inoîns ttîédiale de l'objet dôrif l'éxîstétféè doit être connue ;'màis ilfkut ée'pèndant^qu'îVy âît Connexion entre cet objet et 'urié perception réelle, et cela suivantle^ analogies dé rexJ:)lBrieAèe, qui font connaître toute lîàîsori réelle daVis Tex'périettce éh général. ' ./ ^' :• ! . .

' Le caractère de l'existence d'une chose ne peut absolumetit se trouver dans sôri seul rt)nc^pf y *car, quoique le concept soit si parfait qu'il n'yTnan<ji1e absolument rien pour penser une chose avec tdtltes ses déterminations ititrinsèqueè, îl n'y a rieft de commun entrel'existence et ces déterminations, mats bten entre l'existence et la question de savoir si une chose

nous est donnée de telle sorte qne sa perception puisse précéder en tout cas le concept. Car l'antériorité du concept relativement à la perception établit seulement la possibilité de la chose ; la perception qui fournit la matière pour le concept est le seul caractère de la réalité.

Mais on peut aussi, avant d'avoir la perception de la chose, et par conséquent comparativement à priarij en connaître l'existence, pourvu seulement qu'elle se rattache à quelques perceptions, suivant les principes de leur union empirique (les analogies). Car alors l'existence de la chose est rattachée à nos perceptions dans une expérience possible, et nous pouvons parvenir, en suivant le fil de ces analogies, dans la série des perceptions possibles, de notre perception réelle jusqu'à la chose. C'est ainsi que nous connaissons l'existence de la matière magnétique circulant par tous les corps, en partant de la perception de la limaille de fer attirée, quoiqu'une perception immédiate de cette matière nous soit impossible par la nature de nos organes. Car, en général, dans une expérience, nous aboutirions, suivant les lois de la sensibilité et le contexte de nos perceptions, à une intuition empirique immédiate de ce corps, si nos sens étaient plus pénétrants; mais la forme de l'expérience possible en général n'a rien à démêler avec leur grossièreté. Là où, par conséquent, la perception et ses dépendances ont lieu suivant des lois

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empiriques, là aussi s'étend notre connaissance de Texistence des choses. A moins donc de partir de l'expérience, et de suivre les lois de la liaison empirique des phénomènes , en vain nous espérons pouvoir deviner ou connaître l'existence de quoi que ce soit(l).

Enfin, le troisième postulat considère la nécessité matérielle dans l'existence, et non la nécessité purement formelle et logique dans la liaison des concepts. Or, comme nulle existence des objets des sens ne peut être connue absolument à pnon^ mais cepen dant à priori^ c'est-à-dire'relativement à une autre existence déjà donnée (ne pouvant toutefois se rapporter qu'à une existence qui doit être comprise dans l'ensemble de l'expérience dont la perception donnée fait partie), alors la nécessité de l'existence ne peut jamais être connue par concepts, mais seulement par la liaison avec ce qui est observé, conformément aux loisgénérales]de l'expérience. Or, il n'est aucune existence qui puisse être connue en tant que nécessaire sous la condition d'autres phénomènes donnés , si ce n'est l'existence des effets par des causes

(1) La seconde édition intercalle ici une réfulalion direcle de ridéalisme (matériel), que nous reproduisons dans le Suppl. XXUI.

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doDi^^Q^.sifivanUeslois delà causalité. Cp n'est, donc pas l'existence des choses (substances), mais seulement la nécessité de leur état que nous pouvons con- ^^ître. et même par d'autres états donnés eu perception, suivant les lois empiriques de la causalité. D'où il suit que le critérium de la nécessité ne se trouve que dans cette lo| de l'expérience possible : Tout ce qui arrive est déterminé à priori dans le pJb,4^omène par ^^ qaus^.- Nohs ne; ppu^yons^ dqnc ppnn^îtflç qjue.la nécessité des effets j^Si,n^ IfL^naturç^^^i^ q^e4w.ca^ses ^piusea sout dopqéesj.etl^ marqi^pde çette.p^écQçsité.dans l'existemçe ne s'étend pas au delà du cbamp.de ).' expérience^ possible; ellç. n'y. a même pas de valeur .^o.i(cl^antre2^^stence.<^e^ cb9ses comme SiUbi^t^PçeQy parçç.qu'elles.ne pei;^ventjamf^is être considéré^ comoie eJQTets (empiriques, ou cpi^me quelque chose qiM arrive ou qu^ naît. La aéc^ssitépe concerne donc.,que, le rapport de^ phénomèpe^ suivant la loi dynapif que de la causalité, et la possibilité fondée sur cettç .loi .de çoncli^re à p^iori^ d'une exis^tence donnée (d'uae cause) à une ^utre existence (à l'effet). Tout ce qu^ arrive çst hypothéliquement nécessaire; c'est un principe qui sommet le changement dans Jp njjonde à une Iqi, c'est-à-dire à un,e règle de l'exis-* tence nécessaire , loi sans laquelle une nature n'aurait pas même lieu. Ce qui fait que le principe : Bien n'arrive par une cause aveugle (in mundo non datur casus), est une loi à priori de la nature. Il en est de

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xnème de la propositiop: aucune, .n^esisilté daQSt.la nature n'est aveugle, maiselleest cooditicumée, c'està-dife une qçcessi^ç intelligente, (np» dalur, ffitum), Ge^ deux propositions sont des lois qui ^ompeUenkl^ jeu. d^s révolutions à la, nature des choses (coxam^ phépçpaènes), ou, ce qui revient au mèoae) à l'unité intelleçt,\ieUe^ jdan.s ,laqaellfi,peule,çpniçne. unité synthjçtiqi^e^e^ phénqpi^pnes^e^Ues peuv^t fair^ partie de L'e}^péi;ience,,Çe9:daux principes fpndam^ai^ux sont dqpc dy^apiiques. I^e premier est proprement une conséquence du principe 4e causalité (parj^ii les analogies, de l'expérience). I^e second appartient. aux principes d^ la. çiodalité, qui ajoute à la. déttermination causale le concept de la néçejssité, m^iis^d'.une nécessité .soun^ise cependant à^-unÇi règle de l'entendement. Le principe de la continuité interdit tout$aat (m mundonon dalur s(jiUy>s) dam la série desphénomè^ nés (des changements), toute lacune pu hiatpâ eptre deux phénomènes (jnon dalur hiatus) dans l'ensemble de toutes les intuitions ecupiriques^jians l'espace; car ce principe peut s'énoncer ainsi : Rien ne peut se présenter dans l'expqriençe qui,pirouye un. uocuwm^ •ou même qui le permette seulement comme une partie de la synthèse empirique. Car ce vide que l'on peut concevoir hors du cbanip de l'expér rience possible (du monde), n'est pas soumis à la juridiction du seul entendement, qui ne prpupn^e que sur les questions concernant l'usage des phénomènes

donnés par rapport à la connaissance empirique; c'est de plus un problème pour la raison idéale, qui sort de la sphère de l'expérience possible pour juger de ce qui environne et limite cette sphère. Cette question doit donc être examinée dans la dialectique transcendentale. Nous pourrions facilement exposer d'une manière suivie, en nous conformant à l'ordre des catégories, ces quatre principes (in mundo non datur hiatuSj non datur saltus^ non datur casus, non datur fatum) comme tous les principes d'origine transcendentale, et trouver la place de chacun d'eux; mais le lecteur déjà exercé le fera de lui-même, ou en trouvera facilement le fil conducteur. Ces principes s'accordent tous en cela seulement, qu'ils ne permettent rien à la synthèse empirique qui puisse porter atteinte ou déroger à l'entendement et à l'enchaînement continu de tous les phénomènes, c'est-à-dire à l'unité de ses concepts. Car l'entendement est la seule chose en quoi seul l'unité des expériences soit possible, en quoi toutes les perceptions doivent trouver leur place. Le champ de la possibilité est-il plus grand que celui de la réalité; celui-ci plus grand que celui de la nécessité ? Ce sont là des questions curieuses, et qui exigent une solution synthétique, mais qui retombent ainsi sous la seule juridiction delà raison, car elles reviennent à peu près à celle-ci : Toutes les choses, comme phénomènes, font-elles partie de l'ensemble et du contexte d'une seule expérience, dont

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toute perception donnée ne serait qu'une partie, qui par conséquent ne pourrait être liée à aucun autre phénomène; ou bien mes perceptions peuvent-elles (dans leur enchaînement général) se rapporter à quelque chose de plus qu'à une expérience possible ? L'entendement ne donne à priori à l'expérience en général que les règles, suivant les conditions subjectives et formelles de la sensibilité et de l'aperception, qui seules la rendent possible. D'autres formes de l'intuition que l'espace et le temps, de même que d'autres formes de l'entendement (que les formes discursives de la pensée ou de la connaissance par concepts), fussent-elles possibles, ne peuvent cependant être inventées ni comprises par nous d'aucune manière; et quand même elles le pourraient, elles n'appartiendraient cependant pas à l'expérience comme seule connaissance dans laquelle les objets nous sont donnés. L'entendement n'ayant affaire qu'à la synthèse de ce qui est donné, ne peut décider si d'autres perceptions que celles qui sont en général propres à toute notre expérience possible peuvent être données, et si par conséquent il peut y avoir encore un champ dé la matière tout différent. D'ailleurs, la pauvreté de ses raisonnements ordinaires par lesquels nous créons le grand empire du possible, dont le réel (tout objet de l'expérience) n'est qu'une faible partie, est évidente. Tout réel est possible, d'où suit naturellement, suivant les lois logiques de la conversion , cette pro- I. IG

aSi iOQIQUB

positioo purement particulière ; Quelquea-uoe» de» choses possibles sout réelles. Ce qui signifie qu'il y a beaucoup de choses possibles qui ne sont pas réeU les. Il paraît, à la vérité» que l'on peut conce voir le nombre du possible plus grand que celui du réel, puisqu'il doit être ajouté quelque chose au possible pour qu'il y ait existence. Mais je ne reconnais point cette accession au possible, puisque ce qui devrait y être ajouté serait impossible» Tout ce qui peut être ajouté dans mon entendement à la convenance avec les conditions formelles de l'expérience, c'est la liaison avec telle ou telle perception* Mais ce qui wt joint à cette perception, suivant des lois empiriques, est réel, quoique non immédiatement perçu^ Toute-* fois, on ne peut conclure de oe qui est donné, et moins encore si rien n'est donné (puisque rien,ab*solument rien, ne peut être pensé sans matière), que dans Tenchaînement universel avec ce qui est donné dans la perception, il puisse y avoir une autre série de phénomènes, et que par conséquent plus d'une seule expérience comprenant tous les phénomènes soit possible. Mais ce qui n'est possible que sous des conditions simplement possibles elles-mêoies ne Test pas sous tous les rapports. Et cependant la question doit être envisagée en ce sens [c'eslrà*dire sous tous les rapports], quand il s'agit de savoir si la possiJiilité des choses s'étend plus loin que l'expérieMi, Je n'ai fait mention de ces questions que pour ne

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laisser aucuqe l^pune daps ce qui appartienti suw

vant rppimoo cqmwun^, ^n\ coapepu de rwteiid#« mpuu Eu ^ffrt, c^tte possibilité ^b^oiuQ (qui vaut spu§ (ou§ 1^8 r^ppqrt^) ne paut ètro up iimpla cqa»' cept ioteltectpel, ni avpir nu iwagp e^»piriq^e d'a^'• cune f^çpo ; mai? elle (4) appartient proprement à U

raispn, qui dépa^^ç tout ps^ge intalieetpel pQS3ible. Nous 9.ypn8 dpac dû a^us bornar ici à um rem^vqn^ siwplenaept critiqua, noup rw^rvapt di? r«ta d'wTpUqWpr }a çboi»e d^n^ le tr^iit^ suivant,

Aya^t 4'ftcbeYer çq quatrièws ^^roérp, at aq

mênrje temps le pystèwe de tPU» les çppçeptp de TaR* tepdemept pur, je dpis dire pourquoi j'fti gppalé pos» tulats les principes de la modalité, f^ pe prends pas ici ce mot dans le sens que lui çpt doppa quelques philosophes modernea, çopjtpe l'acception des w^rr thématiciens, auxquels cependant il appartient en propre, à savoir en ce pens que postulis^t yeuiUadiFe : prendre un pripcipe pour immédiateinent çertaip, sans l'accompagner de ^a, déduction pu prauye. Car s'il fallait reconnaître qu'on doit accorder un assen-

(1) In der that ist aber die ahsolute MOglichHeit*ri' kein àlps* ser Ferstandeshegriff^ und kann auf keinerlei fVeise von empirîschem Gebrattche seyn, sondem er gehort eUlein, etc. ïl semble qu'il fouirait sie ^u Ijeu d^ er^ qui s^ trmive d^u^ les iet^. dernières éditions que j'ai sous les yeux. J'ai donc traduil en conséquence; mais si l'on entend par er le concept de la possibilité, le sjgas stira le même au fond. La grammaire exigenlt eepeadan^ qiie ^r fftt rigipj^rbé ,^ Fersfan4fifibeg7iff^ vm^ )^ se»9 s'y rs>fii^t T,

liment absolu , sans déduction préalable , et sur la simple autorité de leur propre énoncé, à des propositions synthétiques y quelque évidentes qu'elles puissent être, c'en serait fait de toute critique de l'entendement. Et comme il ne manquerait pas de prétentions hardies qui ne souffriraient cependant pas difficulté pour la foi commune (mais qui manquent de lettres decréance), notre entendement serait ainsi ouvert à toute opinion, sans qu'il pût refuser son assentiment à des propositions qui, quoique illégitimes, n'en demandent pas moins à être admises avec la même assurance que des axiomes véritables. Lors donc qu'une détermination synthétique à priori s'ajoute au concept de quelque chose, alors doit suivre nécessairement, sinon la preuve d'une telle proposition, du moins la déduction de la légitimité de son assertion.

Mais les principes de la modalité ne sont pas objectivement synthétiques, parce que les prédicats de la possibilité, de la réalité et de la nécessité n'ajoutent rien du tout au concept dont ils sont énoncés, et n'étendent en aucune manière la représentation de l'objet. Quoiqu'ils soient cependant toujours synthétiques, ils ne le sont donc que d'une manière purement subjective, c'est-à-dire qu'ils ajoutent au concept d'une chose (du réel) ,dont ils n'énoncent rien de plus d'ailleurs, la faculté de connaître dans laquelle ce concept ason origine et son siège. De telle sorteque.

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si ce concept est simplement uni dans l'entendement aux conditions formelles de l'expérience, on dit alors que son objet est possible; s'il est simplement lié à la perception (la sensation comme matière des sens) et s'il est déterminé par elle au moyen de l'entendement, son objet est appelé réel; si enfin il est déterminé par l'enchaînement des perceptions suivant des concepts, son objet e&t alors nécessaire. Les principes de la modalité n'expriment donc à l'égard d'un concept que l'action delà faculté de connaître qui lui donne naissance. Or, on appelle postulat, en mathématiques, la proposition pratique qui ne contient que la synthèse par laquellenous nous donnons d'abord un objet, et par laquelle nous en créons la conception : par exemple, avec une ligne donnée décrire d'un point donné un cercle sur une surface. Une semblable proposition ne peut pas être démontrée, par la raison que le procédé qu'elle exige est précisément ce par quoi nous créons d'abord le concept d'une telle figure. Nous pouvons donc, avec le même droit, postuler les principes de la modalité, parce qu'ils n'ajoutent rien aux concepts des choses (1); ils montrent

(1) La réalité d'une chose dit plus sans doute que sa possibilité, mais ce plus n'est pas dans la chose, car elle ne peut jamais contenir dans la réalité plus qu'il n'était compris dans sa possibilité absolue. Mais comme la possibilité était la simple position de la chose par rapporta l'entendement (à son usage empirique), de même la réalité est l'union de la chose et de la perception.

LoetQUi

ieulemenl la manière dont ce conoepi en géttéral eet liéà la faeulté de oonoaître (I).

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