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De Tapplication des catégories aux objets des sens eu général.
Les concepts intellectuels purs sont rapportés par le seul entendement aux objets de l'intuition en général, sans distinguer si cette intuition nous est propre ou si elle nous est étrangère, pourvu qu'elle soit sensible ; mais ils sont par là même de simples for'^ mes de la pensée au moyen desquelles aucun objet déterminé n'est encore connu. La synthèse ou la liaison de la diversité daïis ces concepts se rapporte uniquement^ avons nous dit, à l'unité de l'apperception, et devient, parce moyen, la raison de la possibilité de la connaissance à priori^ en tant que cette connaissance repose sur l'entendement; elle n'est donc pas seulement transcendentale, mais encore simplement intellectuelle pure. Mais comme il y a en nous une certaine forme fondamentale à 'priori de l'intuition sensible, qui repose sur la réceptivité de la faculté représentative (la sensibilité), l'entendement peut, comme spontanéité, déterminer le sens intime I. 27
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suivant l'unité synthétique de l'apperception par la diversité des représentations données , et concevoir ainsi à priori l'unité synthétique de l'apperception du divers fourni par Vintuition sensible , comme la conditioji à laquelle doivent être nécessairement soumis tous les ohjetsde notre humaine intuition. De cette manière donc, les catégories, comme simples formes de pensée, reçoivent une réalité objective, c'est-à-dire une application aux objets qui peuvent être donnés en intuition, mais seulement comme phénomènes. Car ce n'est qu'à l'égard des phénomènes seulement que nous sommes capables d'intuition à priori.
Cette synthèse de la diversité de l'intuition sensible, qui est possible et nécessaire à priori^ peut être dite figurée (synthem speciosa) , pour la distinguer de celle qui serait conçue par rapport à la diversité d'une intuition en général dans les simples catégories, et qui s'appelle liaison ou synthèse intellectuelle (synthesis intellectualis) ; toutes deux • sont transcendentales, non simplement parccqu'elles précèdent à priori y mais encore- parce qu'elles «ont le principe à priori de la^ possibilité ^des autres connaissances.
Mfitts la synthèse figurée , quand elle se rapporte simplement à l'unité synthétique originelle de l'apperception, c'est-à-dire à cette unité transcenden taie qui est pensée dans les catégories, doit, par opposi-
tion à la synthèse purement intellectuelle , s'appeler synthèse transçendentale de l'imagination. L'imagination est la faculté de représenter en intuition un objet même absent. Mais, comme toute notre intuition est sensible, Vimagination appartient donc à la sensi-bilité à cause de la condition subjective sous laquelle seulement elle peut donner une intuition correspondante aux concepts de l'entendement. Mais cependant, en tant que sa synthèse est une fonction de la spontanéité (qui est déterminante , et non simplement déterminable, comme le sentiment, et qui peut par conséquent déterminer à ;)non^ conformément à l'unité de l'apperception , le sentiment quant à sa forme) , l'imagination est alors une faculté de déterminer la sensibilité à priori; et sa synthèse des intuitions doit , conformément aux catégories y être la synthèse transçendentale de Vimagination : ce qui est un effet de l'entendement sur la sensibilité et sa première application (et en même temps le principe de tous les autres) à des objets dont Tintuition nous est possible. Cette synthèse, comme figurée, diffère de la synthèse intellectuelle qui s'opère par l'entendement seul sans le secours de l'imagination. En tant donc que l'imagination est spontanéité, je l'appelle aussi quelquefois imagination productive ^ • pour la distinguer de l'imagination reproductive ^ dont la synthèse est soumise aux seules lois empiriques , je veux dire aux lo/s de l'association ; synthèse qui.
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par cette raison, ne doone aucun secours pour Tesplication de la possibilité de la connaissance à priori^ et n'appartient par conséquent pas à la philosophie transcendentale, mais à la psychologie.
C'est ici le lieu d'expliquer le paradoxe dont on a dû être frappé dans l'exposition de la forme du sens interne (§ VI, p. 52.), à savoir : que le sens interne nous expose nous-mème à notre conscience , non comme nous sommes essentiellement en nous-mêmes, mais comme nous nous apparaissons, parce que nous ne pouvons nous percevoir nous-mêmes que comme nous sommes affectés intérieurement ; ce qui semble contradictoire, puisque nous devrions être comme passifs vis-à-vis de nous-mêmes. Aussi est-ce là ce qui fait volontiers donner comme identiques, dans les systèmes de psychologie, le sens intime et la faculté apperceptive (deux choses que nous distinguons soigneusement).
Ce qui détermine le sens intime, c'est l'entendement et sa faculté originelle de lier le divers de l'intuition, c'est-à-dire de le ramener à une apperception (laquelle est le principe de la possibilité même de cette faculté). Or , comme l'entendement dans nous autres hommes n'est pas lui-même une faculté intuitive, et que l'intuition (1), fût-elle donnée dans
(i)l.a traduclioa latine et Titalienne supposent que le pronom»
la sensibilité, ne pourrait cependant se' charger de réunir en quelque sorte en un tout la diversité de sa propre intuition , la synthèse de l'entendement considéré seulement en lui-même, n'est donc autre chose que l'unité de l'action dont il a conscience comme telle, même sans sensibilité, mais par laquelle cependant il peut déterminer ultérieurement la sensibilité par rapport à la diversité qui peut lui être donnée suivant la forme de son intuition. Sous le titre de synthèse transcendentale de V imagination , il exerce donc, sur le sujet passif dont il est la faculté , une action telle, que nous pouvons dire avec raison qu'elle affecte le sens intime. Tant s'en faut que l'apperception et son unité synthétique soient une seule chose avec le sens intime, que l'apperception, comme source de toute liaison , se rapporte plutôt à la diversité des intuitions en général^ sous le nom de catégories, avant toute intuition sensible , qu'aux objets en général. Au contraire, le sens intime contient la simple forme de l'intuition, mais sans liaison de la diversité en elle ; il ne renferme donc encore aucune intuition déterminée^ une intuition de cette nature n'étant possible que par la conscience de la détermî-
que nous exprimons ici par le nom auquel il se rapporte , est masculin, et qu'il représente le mol yerstand^ entendement. Les trois éditions allemandes que nous avons sous les yeux ne permettraient pas cette supposition , alors même que le sens de la phrase s^y prêterait jusqu'à un certain point. T.
Dation de ce* sens en vertu de Faction transcendentale de l'imagination (action synthétique de Tentende* ment sur le sens intime) que j'ai appelée synthèse figurée.
C'est aussi ce que nous 4>b8eryon8 toujours en nous : nous ne pouvons concevoir aucune ligne sans la tirer par la pensée, aucun cercle sans le décrire , ni nous représenter les trois dimensions de l'espace sans faire partir d'un même point trois perpendiculaires entre elles. Nous ne pouvons même nous représenter le temps sans que, tirant une ligne droite (qui doit être la représentation intérieurement figu* rée du temps), nous fassions simplement attention à l'acte de la synthèse du divers , par lequel nous déterminons successivement le sens intime, et sans remarquer ainsi la succession de cette détermination en lui. Le mouvement, comme action du sujet (non eomme détermination d'un objet) (1) , par conséquent la synthèse de la diversité dans l'espace, lorsque nous faisons abstraction de cet espace pour ne considérer que l'action par laquelle nous détermi-
(1) Le mouTemenl d'an o5/6^ dans l'espace ne fait pas partie d'une science pure , ni par conséquent de la géométrie ; parce que • nous ne pouvons pas savoir à priori, mais seulement par l'expérience, que quelque chose est mobile. Mais le mouvement, comme description d'un espace, est un acte pur de la synthèse successive de la diversité dans rintuition externe en général par l'imagination productive , et n'appartient pas & la géométrie seulement, mais encore à la philosophie transcendentale.
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noDB le sens intime quant à sa forme^ proéuit d'abord i le ^ concept de succeseion. L'entendement ne trouoe donc pas déjà dans ce concept cette liaison de la variété, mais il la produit hti^-même en s^appli" quant à ce concept. Mais de savoir comment le moi, ce\\n qui pense, est différent du moi qui se perçoit lui-même (puisque je puis me représenter encore d'autres modes d'intuitions, au moins comme possibles), San» cependant cesser d'être un seul et même sujet aveC'Ce dernier; comment je puis dire par conséquent que mot, comme intelligence et sujet pensant, je me connais moi même comme objet pensé, en tant que je suis de plus donné à moi-même en intuition , non pastel que je suis indépendamment de l'entende^ ment, mais comme je m'apparais , ou de la même manière seulement que les autres phénomènes : c'est ce qui. n'est ni plus ni moins difficile que de .dire comment je puis être à moi-même un objet, et même un. objet d'intuition et de perceptions internes. Si l'on accorde que l'espace n'est que la simple forme des phénomènes des sens externes, il ne sera cependant pas difficile de faire voir que la chose peut et doit se passer réellement ainsi , par la raison que nous ne pouvons nous représenter le temps, bien qu'il ne soit pas un objet d'intuition externe, que sous la forme d'une ligne que nous tirons , représentation sans laquelle nous ne pouvons absolument pas connaître l'unité de sa dimension ; parce que , encore ,
nous sommes toujours obligés d'emprunter la détermination des périodes ou des époques pour toutes les perceptions internes , de ce que des choses extérieures nous présentent de variable. D'où il suit que les déterminations du sens intime doivent s^ordonner exactement comme des phénomènes dans le temps , de la même manière que nous ordonnons les déter* minatioDS des sens extérieurs dans l'espace. Si donc nous permettons à ces dernières de nous servir de moyen pour connaître les objets en tant seulement que nous en sommes extérieurement afifectés, il faudra bien avouer aussi du sens intime que nous ne nous percevons par là que comme nous sommes intérieurement affectés par nous-mêmes ; c'est-à-dire que, pour ce qui est de l'intuition interne, nous ne connaissons notre propre sujet que comme phénomène, mais non quant à ce qu'il est en lui* même (1).