‹ La critique de la raison pure. Tome premierChapitre 64 sur 72 · S XXV · texte numérisé non relu

S XXV

Au contraire, j'ai la conscience d^e moi-même dans

(i) Je ne vois pas comment Ton peut trouver tant de difficulté à reconnaître le sens intime comme affeclé par nous-mêmes , quand chaque acte de VatterUion peut nous en fournir un exemple. L'entendement y détermine toujours le sens intime, selon la liaison qu'il pense, de manière à former une intuition interne, intuition qui correspond à la diversité dans la synthèse de l'entendement. Chacun peut observer en soi-même combien Tesprit est communément affecté de cette manière.

la synthèse transcendentale de la diversité des représentations en général , par conséquent dans Tunité synthétique primitive de rapperception, non comme je m'apparaisi ni comme je suis en moi-même, mais j'ai simplement conscience que je suis. Cette représentation est une pensée j non une intuition. Or, de ce qu'il faut pour la connaissance de nous-mêmes, outre l'acte de la pensée, qui réduit la diversité de toute intuition possible à Tunité de l'apperception, une espèce déterminée d'intuitionqui donne cette diversité, alors mon existence propre n'est pas un phénomène (bien moins encore simple apparence) , à la vérité , mais la détermination de mon existence (f ) n'est cependant possible que d'après la forme du sens in-' time, suivant la manière particulière dont la diversité que je lie est donnée dans l'intuition interne ; en

(i) Le je pense exprime l'acte qui détermine mon existence. L'existence est donc déjà donnée par là, mais non la manière dont je dois la déterminer en posant en moi la diversité qui lui appartient. Il faut pour cela une intuition de soi-même , basée sur la forme donnée à priori^ c'est-a-dire sur le temps, laquelle forme est sensible et appartient à la réceptivité du délerminable. Si donc je n'ai pas de plus une autre intuition de moi-même, qui donne le déterminant en moi (dont la spontanéité est la seule chose de laquelle j'ai conscience), et avant l'acte de, la détermination, de la même manière précisément que le temps donne le délerminable; alors je ne puis déterminer mon existence, ■ en tant qu'existence d'un être spontané, mais je me représente seulement la spontanéité de ma pensée, c'est-à-dire de ïnon acte de détermination, et mon existence n'est jamais délerminable que d'une manière sensible, c'està-dire comme l'existence d'un phénomène. Cette spontanéité fait cependant que je m^appelle intelligence.

sorte que je n'obtiens par là aucune 4i(mn(nssance de moi tel que je suis, mais simplement comme je m'apparais à moi^-màme. La conscience de soi-même n'est donc, pas à beaucoup près la connaissance de soimême, nonobstant toutes les catégories qui composent la pensée d'un objet en généra} par la liaison de la diversité en une apperception. Mais comme il me faut, pour la connaissance d'un objet différent de moi, outre la pensée d'un objet en général (dans la catégorie), une intuition par laquelle je détermine ce concept général; j'ai aussi besoin, pour la connaissance de moi-même , indépendamment de la conscience ou de la pensée réfléchie d'une intuition de la diversité en moi, par laquelle je détermine cette pensée. J'existe donc ainsi comme une intelligence qui a seulement conscience de sa faculté synthétique, mais qui par rapport à la diversité à lier , est soumise à une détermination restrictive, appelée sens Intime, et qui ne peut rendre sensible ou intuitive cette liaison, et par oonséqueut se connaître elle-même , que suivant des i^apports de temps , tout à fait étrangers aux concepts propres de Tentendement. Je ne puis donc mé connaître moimême relativement à une intuition (qui ne peut être intellectuelle et donnée par l'entendement) que comme une intelligence qui s'apparaît simplement, et non comme elle se connaîtrait si elle avait d'ellemême une intuition intellectuelle.

sufpuSments* 427

Page 1