‹ La critique du Darwinisme socialChapitre 17 sur 94 · LA LUTTE CONFONDUE AVEC LA MORT TOTALE DES SEMBLABLES · texte numérisé non relu

LA LUTTE CONFONDUE AVEC LA MORT TOTALE DES SEMBLABLES

Avec leur siniplicisnic habilucl et leurs observations superficielles, les darwiniens no reconnaissent qu'un seul procédé de lutte : celui qui apour résultat la mort totale du vaincu. Les faits sont infiniment plus complexes dans la nature. On y distingue les procédés de lutte les plus divers, mais qui peuvent être partagés d'abord en deux catégories principales : celles qui aboutissent à lu mort totale du vaincu, et celles qui aboutissent à sa mort parliolle. J'expliquerai plus loin ce que j'entends par ce dernier ternie. Dans la catégorie des luttes aboutissant à la mort totale, on dislingue, de nouveau, deux grandes subdivisions : l'absorption et l'élimination.

L'absorjilion est le procédé le plus rapide. 11 est j>raliqué le plus souvent dans le régne animal II consiste à tuer un être pour le manger, pour l'absorber. Le procédé de l'élimination est pratiqué le plus souvent par les plantes. 11 consiste à accaparer les substances alimentaires de façon à forcer le rival à mourir de faim. On voit constamment des arbres qui lulient |)ar le procédé de l'élimination au point de vue de la lumière. Le plus puissant empiète sur le périmèlre du plus faible, lui enlève le soleil, ce qui produit l'atrojjliie d'abord de certaines brandies, puis, à la longue, de la plante tout entière. Le procédé de l'élimina-

lion peut aussi se pratiquer entre animaux, non seulement herbivores, mais même carnivores. Dans un champ, les animaux plus robustes peuvent manger toute l'herbe ; il n'en reste plus alors pour les animaux plus faibles, qui doivent périr de faim. De même un carnivoro, plus puissant', peut accaparer tout le gibier dune aire déterminée et peut forcer les autres carnivores à mourir d'inanition.

Les darwiniens ont parfaitement distingué les procédés de l'absorption et de l'élimination. Ils ont considéré cette dernière non seulement au point de vue de l'alimentation, mais encore à celui de la reproduction. Ils ont trouvé ici l'un des facteurs les plus importants du transformisme. C'est ce qu'ils appellent la sélection sexuelle. Les mâles luttent pour la possession des femelles. Les mâles évincés n'ont pas de progéniture ; les mâles victorieux en ont une. Ils transmettent leurs qualités à leurs descendants, et de cette façon les espèces s'améliorent.

Je n'ai pas à moccuper de ce procédé d'élimination. Dans le genre humain, son rôle est assez secondaire. D'abord, nous n'observons pas que les qualités du /;«-e seul se transmettent toujours à l'enfant. Par quelle singulière étourderie oublie-t-on constamment la mère dans les raisonnements sur la sélection sexuelle? En réalité, l'enfant est une résultante. Il hérite, dans les mesures les plus diverses, des particularités de ses deux parents. C'est par suite de ce fait que ces résultantes sont si variées. Si le plus beau des mâles l'a emporté sur ses rivaux, mais s'est uni à une femelle possédant de faibles qualités, son descendant peut être inférieur à celui d'un autre inàie, moins beau, mais qui s'est uni à une femelle supérieure. Les mêmes considérations peuvent s'appliquer loisque ce sont les mâles qui choisissent les plus jolies femelles. D'ailleurs, dans les sociétés humaines, les mariages sont décidés sous l'impulsion de tant de facteurs de l'ordre écono-

1. Quel que soit le trail qui le rend tel : robustesse, rapidité ù la course, intelligeuce supérieure, etc.

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