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l.liS ROMANS ANTHROPOLOGIOUES ii'i
faire d'autant moins exception à celte règle qu'il ressemblait plus à l'animal. Ralzenliofcr trouve une raison à riioslililé des hordes primitives. Il dit « qu'appartenant à des races et à des civtlisalions difTéreiiles, elles devaient ressentir tout contact comme douloureux ». Remarquez d'abord le terme « civilisations dilTérenles ». Dans les temps primitifs il n'y avait pas de civilisation, mais l'état de nature, comme chez les singes anthropomorphes. A cette époque, les did'érences de civilisation ne pouvaient pas pousser les hordes aux combats puisque ces diiréicnces n'existaient pas, vu qu'il n'y avait pas de civilisation. Lorsque ces différences de civilisation ont apparu, les temps primitifs étaient passés depuis des miilieis et des milliers d'années.
Venons à la ditférence des races. Et d'abord, pourquoi les dilTérences, non seulement de race, mais môme d'espèce, ne poussent-elles pas les bandes d'animaux à se livrer, au moindre contact, des combats exterminateurs'.' Lorsque des cliimpanzés et des makis se rencontrent dans les forints tropicales, ils ne se jettent pas les uns sur les . autres pour s'exterminer. Or, il y a entre les makis et les chimpanzés une dillérence autrement grande qu'entre les races liumaincs les plus dissemblables.
Ensuite, avec l'esprit superficiel qui caractérise les sociologues darwiniens, Hatzenhol'er ne s'a|tetr,()il pas que le contact entre bandes de races dill'c- renies devait être impossible dans les temps primilils. ISalzenhofer brouille tout cl confond les faits de notre, temps avec ceux de l'époque primitive. C'est parce (jiie nous avons maintenant des navires et d'autres moyens perfectionnés de locomolion que d(!S races différentes, comme les l'atagons et les Européens, peuvent entrer en eonlncl soudain. Mais, il y a 200.000 ans, un voy;ige d l",iii(i|ie en l'alngunie était complèlcMnent irréalisable. Européens et l'alagons ne pouvai(!nt d(jnc pas veuii'en contact. Il élait maléiiellenient possible, à cetle é|)()(|ue. d'aller à pied du (lan.ida
actuel à la Plata actuelle, mais un voyage de ce genre devait demander un temps extrêmement long. Par suite des difficultés de communication, les grands voyages étaient difficiles pour les hommes primitifs, donc les contacts ne pouvaient avoir lieu qu'entre tribus plus ou moins voisines. Or, par cela même qu'elles étaient voisines, elles étaient soumises aux mêmes conditions d'habitat et ne devaient pas être fortement différenciées. Qu'on songe aux traits de parenté si nombreux entre toutes les tribus américaines,- de l'Alaska au cap Horn. Si donc les bandes humaines entrant en contact les unes avec les autres ne pouvaient pas être très dissemblables, la différence de race ne pouvait pas être une cause poussant à l'extermination.
Ratzenhofer pèche d'ailleurs ici contre la théorie des causes actuelles. « L'expérience d'une foule de voyageurs, ditM. Lagorgette', prouve que presque toutes les races non civilisées se montrent très bienveillantes à la première visite et que les dispositions hostiles postérieures sont les représailles du mal que leur ont fait les races civilisées. » Ratzenhofer - appuie lui-même celte affirmation . Il montre que les premiers Européens, débarqués en Amérique au xv" siècle, furent reçus de la façon la plus amicale par les indigènes. Je pourrais, de mon côté, citer beaucoup de faits de ce genre. Ainsi, lorsque les Anglais débarquèrent pour la première fois en Tasmanie, les indigènes s'approchèrent d'eux sans la moindre hostilité. Ce furent les Anglais qui, les premieis, tirèrent sur eux. Or, s'il n'y a pas eu de combat d'extermination au premier contact d'hommes aussi différents que les Espagnols et les Peaux-Rouges d'Amérique, il devait y en avoir encore moins entre les tribus primitives qui se ressemblaient beaucoup. Affirmer que les contacts pacifiques sont possibles maintenant, mais qu'ils ne l'étaient pas il y a
i. Le râle de la guerre, p. 210.