‹ La critique du Darwinisme socialChapitre 57 sur 94 · I.A PliKTENDUE ANTlOUllli DE I.A (iUERRE zil · texte numérisé non relu

I.A PliKTENDUE ANTlOUllli DE I.A (iUERRE zil

hommes n'avaient pratique, en fait de « meurtres », que la destruction des plantes et des animaux, il n'y aurait jamais eu sur la terre d'homme tué par son semblable, c'est-à-dire qu'il n'y aurait jamais eu de guerre, puisqu'elle est un homicide collectif et rien de plus. MM. Guyot et de Molinari entendent donc par guerre, non pas l'extermination des animaux, mais l'extermination des hommes les uns par les autres et c'est de celte extermination qu'ils prétendent qu'est sortie la civilisation.

Abordons maintenant directement la thèse de nos adversaires.

A l'origine, l'iioinme ressemblait autant (jue possible à l'animal. Il fut une époque où, comme les autres animaux, il savait satisfaire seulement quelques besoins primordiaux, la nourriture et la préservation contre les intempéries des saisons (logement, puis vêtement).

Tous les êtres vivants, sans exception, travaillent. La vie n'est possible que par une adaptation du milieu aux besoins de l'organisme, et cette adaptation est précisément le travail. Tous les animaux travaillent pour se procurer des subsistances: la cai'pe travaille, le lion travaille (il chasse); je ne parle plus des castors, des abeilles et des fourmis.

Or, aucun auiuial ne tue S(.'ssl'//i(/Iii/i/<'s pour les spolier. Il en est ainsi pour plusieurs raisons qui découlent tles conditions naturelles de la vie. En premier lieu, un très grand nombre d'animaux ne font pas di; réserves. Or, s'il n'y a rien à prendre, comment peut-on être poussé à tuer

I.L iilii'isi' (le M. lie -Miiliii.iii ii'csl pas aii|)llcable ;i la ilestriirliim des |)laiitoa et lies aiuiii.iux. txllo ilestniclinn n'a pas cessé de nos jours. .\u contraire, elle .se poursuit sur une échelle inliniiiient plus vaste qu'à l'epoipie quaternaire. Le nombre des épis de blé dont nous tranchons le m aujourd'hui, est iulininient plus grand ipie relui dont on Iramhait le lil à rù<,'e de lironze. De nièiue pour les animaux. Ncms h^s détruisons sur une échelle beaucoup plus vaslt- qu'autrefois. Ou'on sougo seulement aux bœufs tin's dans no.s abattoirs. (Ju'on siuige aussi aux bisons d'Amérlipie. complètement' exterminés dans ces dernières années. On n'est donc pas en droit de dire que l'homme a iinninciicc par le meurtre des plantes et des animaux, l'otir être précis, il faut dire que l'homme a pratiipic ce meurtre sur une échelle de plus en plus vaste.

pour voler? On peut alors tuer tout court, mais rien de plus. Un tigre peut tuer un autre tigre, mais il ne peut pas le faire pour le voler, carie tigre ne fait pas de réserves alimentaires.

Certains animaux amassent des approvisionnements et se construisent des demeures. Leurs semblables pourraient les leur enlever. Ils ne le font pas. Les castors ne vont pas détruire les huttes des castors voisins pour leur enlever les provisions accumulées pour l'hiver. Ils ne le font pas pour la même raison que les tigres ne se mangent pas entre eux : parce que la force suit la ligne de la moindre résistance et parce que l'hérédité fixe l'instinct de la nonattaque du semblable. Nous n'avons aucune raison de croire que l'espèce humaine, à son origine, ait fait une exception unique dans la famille des animaux dont elle faisait partie. C'eût été un véritable miracle, et les miracles ne sont pas de ce monde.

Quand les hommes se massacrent les uns les autres, on dit qu'ils agissent comme les animaux. C'est une profonde erreur. C'est lorsque les hommes ne se massacrent pas les uns les autres qu'ils agissent comme les animaux. On confond le combat, en général, avec le combat entre semblables. Le lion combat tous les jours contre les antilopes, mais il ne combat jamais contre d'autres lions. L'homme combat aussi tous les jours comme le lion, c'est-à-dire contre les animaux et les plantes. Tout bœuf tué à l'abattoir est un acte de ce combat.

Si l'homme était comme les animaux, à ce point de vue spécial, la fédération du genre humain serait un fait • accompli depuis de longs siècles. Si nous faisions comme les tigres, au lieu de l'abjecte anarchie internationale dans laquelle nous pataugeons de nos jours, nous aurions la plus parfaite organisation de notre espèce. Il y a même plus. Quand un tigre a abattu une proie, un autre tigre ne va pas la lui arracher. Les tigres respectent donc scrupuleusement la propriété de leurs semblables (donc leur

Page 1