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2!i2 ERREURS SPÉCIALES DE l/uHDRE SOCIOLOGIQUE
des étrangers. Et à l'iieurc actuelle, où les Etals de l'Union américaine ne se font pas la guerre, M. Ward dira-l-il que le pays est dans un état pathologique? Car si la guerre n'est pas pathologique, la paix doit l'être nécessairement. Alors, quand les hommes souffi'-nt, c'est l'état normal et. quand ils ne soullrent pas, c'est l'état morbide?
J'ai cité plus haut un passage de Ratzenhofer où il dit : « La formation de l'Etat ne résulte pas du jeu des libres intérêts, comme la formation de la horde et de la tribu'. » Cette phrase montre que l'auteur est plongé dans cet esprit créationniste, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui a empêche si longtemps les progrès de la géologie. Comment ne voit-il pas que l'association, appelée Etat, est sortie, par une évolution insensible et lente, des associations appelées horde et tribu? Natura non facit saltiis. Il est absolument impossible de dire à quel moment la tribu s'est transformée en Etat. Le jeu des libres intérêts n'a pas pu s'arrêter, par miracle, à un certain moment pour faire place au jeu de la force. Les coups de théâtre existent dans l'imagination des hommes, mais non dans les phénomènes réels. Les géologues ont abandonné l'idée enfantine des créations soudaines. Il est temps que les sociologues en fassent autant. L'homme a passé insensiblement de la vie nomade à la vie sédentaire. Il a passé aussi insensiblement des liens de consanguinité aux liens territoriaux.
L'histoire nous montre que la première forme de l'Etat a été la cité. Les cités se sont formées simultanément dans un nombre très considérable d'endroits. Plus tard, étant arrivées à un degré de civilisation relativement élevé, les cités ont tâché de se conquérir les unes les autres, ou se sont unies par des alliances de tout genre. Alors se sont formés les grands États militaires. Mais