MÉCONNAISSANCE DE L EXISTENCE DE L UNIVERS
rendues nécessaires pour rétablissement d'un équilibre entre la température de notre corps et celle de l'air ambiant, occupent des millions et des millions d'bommes et absorbent constamment des milliards de journées de travail. Et bientôt ce travail va doubler. En effet, jusqu'à présent nous avons su seulement nous préserver du froid. Mais la découverte récente d'appareils frigo.rifiques très perfectionnés va nous permettre de nous préserver également delà cbaleur. Sans doute, dans peu d'années, les maisons dans la zone chaude et, en été, dans la zone tempérée seront pourvues d'appareils réfrigérants, comme les maisons de la zone froide sont pourvues d'appareils de chauffage. On créera ainsi une immense industrie nouvelle, qui occcupera aussi des millions de travailleurs.
On voit donc que, même au point de vue de l'air, si largement répandu dans la nature et dans lequel nous sommes baignés, il n'y a pas de corrélation suffisante entre le milieu physique et notre organisme. Il se livre une lutte très âpre entre le milieu et nous pour établir cette corrélation. Celle lutte exige une quantité prodigieuse d'elforis qui se répètent à chaque seconde.
Après celui de respirer, le besoin le plus impérieux de notre être est de boire. L'eau est loin de se trouver partout en (|uarilité suffisante et en qualité satisfaisante. Aussi l'iiomme a dû faire des elforts immenses pour s'en procurer (caplations de sources, ai|ueducs, canalisations, j)uils,elc., etc.). (^eselfoils doivent être renouvelés à chaque instant. .le passe ra[)idement sur ce sujet puis(]u'il est analogue à celui qui suit.
Si I homme pouvait vivre d air et de soleil, ou si la manne tombait ions les jours du ciel, il y aurait corrélation entre le milieu physiijue et nous, au point de vue alimentaire. Il y aurait doncé(|nilibre, harmonie complète, par (conséquent pas de lutte Mais le milieu |)hysi(|ue n'est pas arrangé de cette façon, la corrélation n'existe pas et lu lutte s'élablit |)Our tirer du dehors les substances ali-
mentaires qui nous sont 'indispensables. Je n'ai pas besoin d'exposer ici les innombrables péripéties de celle lutte, allant de la cueillette des fruits sauvages à la confection des mets les plus succulents par les cuisiniers les plus habiles. La nécessité de l'alimentation a donné naissance à une série d'efforts si immense que leur seule énumération demanderait des pages entières (agriculture, chasse, pêche, élève du bétail, manipulation de tout genre, comme la mouture, la salure, la boulangerie, etc., etc.). Ces efforts sont connus de tous. 11 faut encore considérer que la lutte contre le milieu physique se complique d'une manière prodigieuse, entre autres raisons parce qu'elle monte la série des exposants, si l'on peut s'exprimer de cette façon imagée. Elle passe du premier degré au second, puis du cube à la quatrième puissance, et ainsi de suite. L'homme cueille d'abord des fruits et les mange. Puis il peut confectionner des outils pour atteindre les fruits, puis un second outil pour confectionner le premier, puis un four pour fondre les métaux servant à fabriquer les outils, puis une charrette pour transporterie minerai dont sera tiré le métal, et ainsi de suite. Le canal de Suez est aussi, à un certain degré, un outil pour l'homme, mais un outil à la vingtième puissance.
La lutte contre le milieu physique s'appelle production économique, en langage usuel. Cette lutte est de toutes les minutes et de toutes les secondes. La disproportion est tout simplement énorme entre les journées de travail consacrées à cette lutte contre l'ambiance et les journées de travail consacrées à la lutte entre hommes. Certains peuples, les Suédois, par exemple, n'ont eu ni guerre étrangère, ni guerre civile depuis près d'un siècle. Le nombre des journées consacrées par eux à combattre leurs semblables a été de zéro pendant cette période. Mais le nombre des journées consacrées à la lutte contre le milieua dû s'élever, en un siècle, à 109. 500. 000. 000, au plus bas mot'. 1. Vers )S08, la Suède avait près de trois millions d habitants; ea 1909,