‹ La critique du Darwinisme socialChapitre 92 sur 94 · I.HdMICirir. l'.dLLECÏIF KT l„\ SCIENCIC · texte numérisé non relu

I.HdMICirir. l'.dLLECÏIF KT l„\ SCIENCIC

il sullit de comprendre le fait universel que les rapports entre les êtres vivants sont de nature très diverse et qu'ils prennent aussi bien la l'orme de l'association que celle de l'antagonisme. Ce fait paraît difficile à contester. Or, il rond com[iU'lement inutiles l'altruisme et le sentimentalisme pour détruire le darwinisme social. On peut être le réaliste le plus froid qui existe au monde, on peut ne faire appel qu'à l'égoïsme le plus féroce, on peut ne postuler dans l'âme humaine ni amour du prochain, ni sentiment généreux, ni rien d'analogue, et déclarer, cependant, que le darwinisme social est une doctrine absolument fausse.

On m'a fait parfois l'honneur de me qualifier de pacifiste. J'avoue que je ne mérite pas complètement cette appellation. Si j'avais pu me convaincre que la guerre l'ait le progrès du genre humain, j'aurais été le plus ardent des militaristes. Je ne suis pas un pacifiste, je suis un sociologue. L'étude minutieuse des faits m'a donné la conviction que la civilisation du genre humain est le résultat de l'association. Alors je dis et je redis que la fédération générale de notre espèce assurera à chaque être humain le maximum d'intensité vitale. Il se trouve que cette vérité correspond à une inluition que les pacifistes ont obtenue par le sentiment et par des raisonnements de l'ordre économique et poiiticjue. C'cîst fort bien. Les pacifistes et moi nous sommes ai-rivés aux mômes conclusions, en passant par d(;s ciicmins dilfércnls. Mais le mouvement pacifiste n'aurail jamais existé dans le monde que je serais arrivé aux conclusions exposées dans ce livrt!. La vt'-rilé est ma seule passion. Certes, le sentiment pcul vibrer dans mon âme, comme (die/, les autres hommes, mais il n'a rien à voir dans le domaine des recherches scieulifiqucs. .le ne |(iati(|iii' pas la méthode métapliysi(|in'. mais la méthode positive, .le suis profondément convaincu que loutautre es|)rit, qui aura entrepris l'cnquèle sociologique il laqu(dle je viens de nu' livicr. sera nécessairemenl

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amené aux mêmes conclusions: à savoir que l'association du genre humain est le seul moyen qui pourra procurer à l'individu le maximum de bonheur réalisable sur notre planète.

Assurément il est impossible de prévoir combien il faudra encore d'années ou de siècles pour que l'homme comprenne et applique cette vérité ou, en d'autres termes, agisse conformément à ses intérêts réels. On peut dire seulement que, si l'évolution biologique, qui a mené les êtres vivants de la monère jusqu'à nous, poursuit sa courbe ascendante, noire intelligence ira en s'amplifiant. Alors il viendra un jour où /o«.s comprendront ce que ne comprennent encore maintenant que quelques individus isolés, à savoir qu'association, exubérance de vie et bonheur sont des termes synonymes. Répandre cette idée dans le monde, montrer que l'homicide collectif n'a jamais fait et ne fera jamais la civilisation du genre humain, montrer que le darwinisme social est un océan d'erreurs <le tout genre, libérer les hommes du cauchemar dans lequel il les fait vivre, telle est la mission de la sociologie.

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