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Quand on veut marquer une différence précise entre lincrédulité et la croyance, on ne peut la trouver ni dans l’absurdité de la proposition refusée comme c’est le cas en mathématiques, ni dans l’ignorance de l’un des côtés de la question; des erreurs se commettent souvent en histoire ou en philosophie naturelle; nous comprenons parfaitement le sens des propositions erronées; et nous connaissons le plus souvent les arguments contraires. D’autre part nous ne disposons pas d’une idée générale d’existence, discernable et séparable des idées d'objets particuliers, que l’on pourrait leur joindre pour leur conférer le ton de la réalité et provoquer la croyance en leur existence réelle. Sinon, avec un peu d'exercice on parviendrait à combiner cette idée d’existence avec n’importe quelle idée d’objet de manière à disposer de ses croyances à son gré. Et manifestement nos idées et nos conceptions nous résistent. Jamais nous ne prenons pour une réalité une fiction telle qu’un centaure ou une chimère.
Les jugements et raisonnements touchant les relations d’idées emportent l’assentiment sans retard; ils ne diffèrent pas de la simple perception; il y a done entre la croyance et la perception.des rapports étroits. La croyance accompagne toujours les impressions des sens et les souvenirs qui ne se distinguent des fictions que par leur force et leur vivacité; croire, c’est éprouver un sentiment original comparable au sentiment qui accompagne la perception; c’est sentir une idée d’une manière plus vive et d’ailleurs réellement ir ‘ finissable.
La croyance naît ainsi d’un supplément de force et de vivacité qui se rencontre en l’idée et en fait l’égale d’une impression; elle est d’abord définie comme une idée vive offrant une relation, une association avec une impression présente, I, 396. Cette définition est ensuite rejetée comme insuffisante, le terme « vivacité » est inexact; la croyance est une manière originale et indéfinissable de sentir une idée que l’expérience personnelle peut seule nous faire connaître; Hume essaie