‹ La critique et les lois du théâtreChapitre 48 sur 58 · A MARSEILLE · texte numérisé non relu

A MARSEILLE

Voyez pourtant comme on se trompe au théâtre dans ses prévisions ! Quand Jules Claretie divisa la troupe en deux bandes, dont l’une porterait Corneille et l’autre Molière à la province, ce ne fut pas sans quelque appréhension sur le sort de celle à qui il remettait les destinées de la tragédie. Il craignait des mécompbes.

Mais il le faut! disait-il : du moment que la Comédie- Française entreprend cette excursion en province, elle ne peut pas se désintéresser de la partie la plus glorieuse de son répertoire. Les recettes seron£ peut-être faibles : l’essentiel est que l'honneur soit sauf.

Mais il avait, de concert avec Boucher, qui est très expert et très ingénieux dans l’organisation de ces tournées, arrangé les choses de façon que la troupe comique précédât l’autre dans chaque ville. Le raisonnement était des plus simples : le public de province est long à s’émouvoir et prompt à se décourager. Si la tragédie commence, et qu’elle n’excite qu’une respectueuse attention voisine de l'ennui, chez quelques rares fidèles du grand art, la troupe comique qui viendra après elle souffrira du méchant bruit

de ses premières représentations. Il vaut mieux faire donner

d’abord la brillante avant-garde de Molière ; Augier et Dumas, Corneille et Bornier viendront après et bénéficieront du lancer.

L'événement a renversé ces calculs, c’est la tragédie qui partout a soulevé les populations, qui a ameuté les publics. Pour les autres villes, on me l’a dit ; mais pour Marseille, je l’ai vu, de mes yeux vu. Alors, il ne faut pas me dire que ce sont là des racontars, des blagues de comédiens en voyage,ou des boniments de journalistes. J’y étais, je vous dis que j'y étais.

Ce qu’il y a de plus singulier c’est qu’à Marseille, les amateurs de théâtre, ceux qui s’intéressaient le plus passionnément au succès de la tournée, avaient conçu les mêmes craintes que Olaretie et n'étaient qu’à demi rassurés par le bruit des succès remportés dans les autres villes par nos tragédiens. J’ai eu le plaisir, à Marseille, de vivre quelques jours dans l’intimité de M. Rondel, un grand banquier de cette ville, et de M. Weil, un des avocats les plus connus de son barreau : tous deux adorent l’art dramatique, tous deux nourrissent lespoir de le voir refleurir dans leur grande cité ; tous deux, avec autant d’ardeur que de désintéressement, s’occupent du détail de ses représentations. Chacun d’eux avait son avant-scène, l’un à droite, autre à gauche, où ils étaient comme les chefs de chœur.

Vous pensez de quel œil ils surveillaient la feuille de location. C’est ici comme à Paris, on peut prévoir en la consultant combien on fera le soir au bureau. La feuille de location pour la tragédie restait blanche ou à peu près. Ces Messieurs se désolaient. Si l’on retranchait un jour la tragédie pour faire donner la troupe comique une fois de plus ?

En effet, le succès de la comédie était allé croissant : de Denise au Gendre de M. Poirier et du Gendre de M. Poirier à Francillon. Francillon avait fait le maximum 6.600 francs.

Pourquoi ne pas suivre cette veine? Pourquoi Got et M'° Bartet ne reviendraient-ils pas, après avoir rempli l’engagement pris à Lyon et à Saint-Étienne, donner deux ou trois représentations de plus à Marseille ? La tragédie allait tout gâter ; quel dommage !

I] devait y avoir deux jours d'intervalle entre la dernière représentation de la troupe comique et la première des tragédiens. Le premier de ces deux jours fut occupé à broyer du noir. On afficha la Fille de Roland, de M. Henri de Bornier, qui avait été, la veille, jouée à Nîmes avec un succès immense.

Mais ce succès ne dissipait point les sombres présages. M. Henri de Bornier est originaire de Nîmes et il était naturel que la ville fêtât la gloire d’un de ses enfants. Il paraît qu’on avait dû, pour répondre aux acclamations du public, traîner sur la scène le poète, qui, confus et ravi, se confondait en salutations. Il n’avait pas, par malheur, songé à passer son habit vert. Maïs rarement, comme dit le fabuliste, faute d’un chardon, un festin demeure.

Voilà que, la veille du grand jour, je vois entrer dans ma chambre M. Rondel, le visage tout illuminé de joie :

— Victoire, me dit-il : les feuilles de location se couvrent; le feu y est. On fera 6.000. Allons déjeuner.

Il est souvent question de déjeuner et de dîner dans ces récits ; que voulez-vous ? J’ai l’estomac reconnaissant. Je ne sais pas de ville au monde où l’on fasse à si bon marché une chère aussi délicate. La cuisine y est exquise, et je suis convaincu que les Marseillais doivent une part de leur gaieté exubérante à la succulence des repas qu’ils se payent. Ils sont très fiers de leur supériorité dans ce genre. Je vous ai conté avec quel orgueil un des restaurateurs de Marseille nous avait servi un plat, sa dernière création! Je n’avais pas donné son nom dans le journal. Il s’est plaint doucc-

ment à moi de cet oubli, qui l'avait peiné, sincèrement peiné.

—. Mon ami, lui ai-je dit (ici je suis l’ami de tout le monde). Vous êtes Marseillais, donc vous êtes modeste. J'aurais craint en imprimant votre nom dans le Temps de faire souffrir cette modestie.

— Elle eût souffert sans doute; mais voyez-vous, j'ai des envieux...

— Tous les grands hommes en ont.

— Et l’on pourrait attribuer à l’un de mes confrères ce

que vous avez bien voulu dire de moi.

— Eh bien! mon cher Peyrard, c’est entendu. Nous ren- .dons à Peyrard ce qui est à Peyrard.

Bornier lui-même n’était pas plus content et n’a pas salué avec plus de reconnaissance et d’onction. Je fais à Peyrard toutes mes excuses de le comparer à Bornier, qui n’est qu'un simple poète. Il va sans dire qu’un beau vers ne vaudra jamais une bonne soupe au poisson, Oh! la soupe au poisson ! un rêve ! un délice! Mais il faut qu'un cuisinier y ait mis son cœur en même temps que sa science !

Ce n’est pas seulement chez deux ou trois maîtres de la cuisine qu’on mange bien en ce pays. Hier, nous sommes allés sur le vieux port dans une manière de gargotte qu’on nous avait indiquée. Est-ce qu'il faut que je dise que c’était chez Brégaillon ? C’est qu’ils ont la tête près du bonnet dans la patrie du mistral et Brégaillon m’en voudra mal de mort d’avoir appelé son restaurant une gargotte. Je n’y ai pas mis de malice; c’est que je n’ai pas d’autre mot sous la main pour désigner un établissement de second ordre à l’usage des petites bourses. La cuisine y est de . premier choix; la variété des poissons est merveilleuse, Ils ont, ici, Je ne sais combien de manières de lesaccommoder, et toutes exquises. Les Parisiens s’imaginent toujours

qu’à Marseille, tout est empoisonné d'ail. D’abord, ce n’est pas l’ail que ça sent à Marseille, non, ce n’est pas l'ail. Et puis ils n’en mettent pas tant que cela, même dans ce qu’ils mangent; une pointe tout au plus, et leur ail est discret, inoffensif. Brisson, qui est Bordelais d’origine, trouvait même qu’il n’y en avait pas assez. A Paris, on ne connaît que le cèpe à la Bordelaise, dont le parfum est, en effet, démuselé, bruyant et tenace; le cèpe marseillais qu’on nous a servi chez Brégaillon n’a qu'un fumet qui avive le goût sans empester l’haleine.

J’eus occasion, dans la journée, de voir Mounet-Sully eb quelques-uns de ses camarades qui débarquaient du chemin de fer :

— Eh bien! leur dis-je, ça marche; vous allez ce soir avoir salle comble:

— Et eux, me répondirent-ils, est-ce qu’ils ont fait des recettes ? ;

Les deux troupes occupées chacune de son côté et ne se rencontrant que quand par hasard deux trains se croisent, n’ont pas de nouvelles l’une de l’autre. On n’a pas le temps de s’écrire : on n’a même pas le temps de lire les journaux du cru. 11 faut faire ses malles, perdre de longues heures en chemin de fer, répéter dans la journée pour s’habituer à l’acoustique de la salle, jouer le soir, il ne reste plus une minute pour la causerie.

J’exposai rapidement à Mounet-Sully et à ses camarades les craintes que l’on avait eues et comment elles s'étaient, le matin même, heureusement dissipées.

— Vous devezêtre content, me dit Mounet-Sully ; voilà qui confirme une de vos théories les plus chères. C’est que le Français aime, avant tout et par-dessus tout, le grand drame héroïque. Nous l’avons bien vu dans toutes les villes que nous venons de traverser, Ce n’esb point par simple

PR

curiosité que l’on est venu : ce n’est pas même par une sorte de dévotion superstitieuse qui serait une forme de snobisme. Non, c’est pour entendre les beaux sentiments et les passions surhumaines s'exprimant en vers magnifiques. Ce sont les spectateurs des petites places qui étaient les plus nombreux et qui se laissaient le mieux prendre par les entrailles.

La conversation prit un tour plus amusant de badinage, et je ne pus m'empêcher de sourire plus d'une fois à leurs propos. Quand avec les comédiens j'avais causé de la. troupe tragique dont ils n’avaient encore que des nouvelles incertaines, ils m'en avaient parlé avec je ne sais quel air de supériorité gouailleuse : c'était du bois mort que la €omédie traînait derrière elle : Corneille mangerait tout ce qu'avait gagné Molière. On les plaignait, ces pauvres seryants d’un art démodé ! On les plaignaiït, à moins que l’on ne s’irritât contre eux, qui coûtaient si cher, avec leurs prétentions au grand art.

C'était cette fois au tour des tragédiens de dauber sur leurs camarades de la comédie. Ils arrivaient chargés de lauriers eb de billets de banque. C’étaient eux qui avaient sauvé la situation. À Londres, on leur avait rogné leur répertoire; on les avait écartés du public anglais autant que l’on avait pu. En province on les reléguait au second rang, en réservant à la troupe comique les honneurs des premiers bravos et des premières recettes; quant à eux, il ne leur restait plus qu’à boire un lait fortement écrémé et à ramasser les miettes. On les traitait de parias.

— Croiriez-vous, me disait non sans amertume Mounet- Sully, que je n’ai pas encore dans toute cette tournée vu M. Claretie, que je ne suis tenu au courant de rien ?

— Ecoutez, lui répondis-je, il faut être de bon compte : Claretie ne peut pas être, à la fois, au four etau moulin. Il

a été à La Rochelle, à Bordeaux, à Perpignan, à Tou- Jonse ; il était ici, il y a quatre jours; il est reparti pour Lyonet, après demain, je me rencontrérai avec lui à Valence où nous sommes invités aux fêtes célébrées en l’honneur d’Augier. Que souhaitez-vous qu'il fasse de plus ? Il lui serait difficile de se couper en deux. Voudriez-vous avoir deux Claretie ?

Il esquissa un geste vague d’indifférente lassitude.

— Permettez-moi de vous dire encore, ajoutai-je, que vous avez le tort de croire que les représentations de la troupe comique, qui vous précède, soient préjudiciables aux vôtres. Je sais comment les choses se sont passées dans les autres villes. Mais à Marseille, vous aurez à vous applaudir que Got, Worms et M'* Bartet aient pour vous essuyé les plâtres. Ils ont vaincu des défiances dont vous n’aurez plus à souffrir.

Il me semble bien que c'était la raison qui parlait cette fois par ma bouche. Mais nos artistes (eb je parle cette fois de l’une et l’autre troupe) m'ont paru surmenés, énervés, aigris, prompts aux récriminations et aux plaintes. Je ne vois guère que (Got qui ait gardé l'intégrité de son bon sens robuste et de sa vaillante bonne humeur. Il y en a d’autres sans doute que n’a pas gagné cette contagion. Il est facile de remarquer chez presque tous une sorte de surexcitation morale dont Molière, j'imagine, se rappelait les effets lorsqu'il disait que les comédiens sont d’étranges animaux à mener,

La représentation de la Fille de Roland a été fort belle ; mais l’admiration du public s’est exprimée d’une façon plus paisible que je ne m'y serais attendu. [1 semblait que la foule ne fût pas au courant de la lécende ou qu’elle hésitât à se livrer. La chanson des deux épées n’a pas soulevé l’enthousiasme que nous espérions, à voir une salle si pleine.

Mounet-Sully l’a pourtant enlevée avec une extraordinaire énergie : il a été admirable. Pourquoi les Marseillais se sontils montrés réfractaires ? Je n’en sais trop rien. Comme la Fille de Roland est un spectacle permis aux jeunes filles, même les plus sévèrement élevées, toutes les loges étaient parées de frais visages, de toilettes d’une tonalité claire, qui égayait les yeux. C’était un spectacle charmant. Mais les jeunes personnes ont pour habitude, en France, d’observer toujours en public une grande réserve de gestes; elles n’applaudissené que du bout des doigts et ne crient point. De là peut-être un peu de froideur dans l’aspect de la salle. Le drame a été pourtant joué d’une façon supérieure, Mounot remplissait, à côté de son frère, le rôle du vieux roi Charlemagne, il a une prestance admirable, de l'ampleur dans le geste et des sonorités de voix qui sont superbes dans les notes basses. Silvain a dit avec une émotion sincère eb profonde la confession de Gannélon, et M'*° Dudlay a enlevé la salle avec le fameux cri : « Gérald est vainqueur ! »

Le public s’est retiré satisfait, mais il ne vibrait pas L'impression générale avait été confuse, C’est pourtant un beau drame que cette Fille de Rolund, il est conduit avec une rare sûreté de main; il se trouve, au troisième acte, une situation qui est d’un pathétique extraordinaire; le dénouement est d’une tristesse grandiose, et Mounet-Sully a été vraiment tragique quand il s’en est allé, droit et muct, l'épée haute, avec une résignation superbe, vers les destinées obscures où l’a convié Charlemagne.

Ce qui manque à cette pièce, et je lai senti. bien plus vivement à Marseille qu'à Paris, où la magnificence de la mise en scène faisait illusion sur le style, c’est la poésie du langage. Il s’y rencontre beaucoup de beaux vers laborieusement forgés et qui, se détachant de l’ensemble, reluisent

d’un éclat solitaire. La trame générale en est faible et l’effort y est partout visible. L’imagination n’est pas éblouie ni les oreilles séduites. M. Henri de Bornier est un disciple de Victor Hugo et de Corneille, longo sed proximus, intervallo.

Nous avons vu le lendemain comme le maître —- j’entends le vieux maître, le vrai Corneille — demeurait incomparablement supérieur. On jouait le Cid, et c’est, à

- coup sûr, une des plus belles, une des plus saisissantes re-

présentations auxquelles j’aie assisté.

Toute la salle était louée d'avance, même le parterre. Mais comme les places du parterre ne sont point numérotées, on délivre autant de billets qu’on en demande; c’est à chacun de se placer comme il pourra. Rien de plus curieux que le spectacle de cette foule serrée et tassée, les derniers rangs debout, dans les embrasures des portes. C’était un inexprimable grouillement de têtes, d’où s’échappaient de sourdes rumeurs coupées de cris tumultueux. Songez que le grand maximum est de 6.500 et qu’on avait encaissé plus de 7.000.

Dès la première scène, le public, devenu très houleux, n’y tint plus. Il y eut des explosions de colère. On appela le régisseur. Ce fut le vieux Martel qui se Pr sous le costume du comte.

— Messieurs, dit-il, je suis chargé par l’administration de vous demander le sujet de vos plaintes.

Des cris assourdissants partirent de tous les côtés du parterre.

— Messieurs, reprit Martel d’un ton tranquille, on m’a prié de vous dire que, selon l'usage, ceux d'entre vous qui n'auraient pas trouvé de place n’ont qu’à passer au contrôle ; on leur rendra leur argent.

A ces mots la tempête se calme ; il y a comme un flotte-

ment dans cette foule; en se pressant encore on se case,

Je fais par curiosité le tour de la salle, que j’aperçois de dos par les portes restées exprès ouvertes. Je sens toute la force de l’expression si pittoresque d'Horace : Densum lumeris vulqus.

La représentation commence. Oh! quel étonnant chefd'œuvre que ce Cid, qui, après deux siècles et demi, demeure aussi jeune, qui porte sur les foules illettrées, aussi bien que sur les connaisseurs, qui provoque chez ces publics neufs eb naïfs de si prodigieuses explosions d’enthousiasme! Mounet-Sully à été, ce soir-là, soulevé au-dessus de lui-même.

Il m'avait dit dans la journée, avec quelque mélancolie dans l’accent :

— Je continue à jouer ces personnages d’Hernani, de Gérald, du Cid, où il me faut donner l'illusion de la jeunesse ; mais ils me fatiguent extrêmement, parce qu’ils me condamnent à un effort prodigieux. Je voudrais pouvoir m'en retirer et me réduire aux rôles dont j'ai l’âge. Je ne sais pas comment je m’en tirerai ce soir eb si j'en viendrai à bout.

Cette soirée comptera parmi les plus belles de sa glorieuse carrière. [Il paraît au reste qu'à Marseille, Mounet- Sully, qui y est déjà venu plusieurs fois, est adoré du public. On le blague pour ses habituels prolongements de voix sur les finales et les ouvriers du port s’amusent à les reproduire, par manière de raillerie. Mais on l’admire de tout cœur eb vous ne sauriez croire avec quelle ferveur d’attenbion tout ce monde a écouté le récit de la bataille, de quelle émotion il à transporté la salle quand il s’est écrié :

Paraissez Navarrois, Maures et Castillans Et, tout ce que l'Espagne a nourri de vaillants.

Quand on pense que tous ces gens-là, depuis une

grande heure tassés dans ce four du parterre, quelques-uns debout, le corps fumant de chaud, le visage ruisselant de sueur, n’avaient pas bougé même aux entr’actes pour ne pas perdre leur place, et que l’énergie de leur enthousiasme

ne s'était par détendue dans cette atmosphère, c’est ça qui

donne une fière idée du public marseillais. Mais faut-il aussi que Mounet-Sully exerce sur les foules un irrésistible prestige! Je n’ai point à vous parler des autres artistes : Silvain, Martel, Dupont-Vernon et M'° Dudlay. Vous les avez vus bien souvent à Paris dans le Cid. La soirée se terminait par le Médecin malgré lui. Coquelin Cadet était arrivé dans la journée, retour de Pézénas. Je l’avais rencontré sur le seuil de l’hôtel ; il m'était tombé dans les bras :

— Ah! mon cher Karcey, vous n’étiez pas à Pézénas ! Quel malheur! Pourquoi n’êtes-vous pas venu ? Non. Vous ne pouvez vous imaginer ceb enthousiasme et ces fêtes ! On nous a bombardés de bouquets, couvert de fleurs. Les feuilles de roses tombaient en pluie sur nous. Il y en avait sur le plancher de la scène haut comme ça.

Et il abaissait sa main à la hauteur de son mollet; et comme il y avait dans mon regard d’admiration une nuance de scepticime, il l’éleva jusqu’au genou et d’une voix appuyée qui imposait la croyance :

— Haut comme ça, ajouta-t-il.

Je m'inclinai.

— Et si vous aviez vu la ville, une curieuse vieille ville, toute pleine du souvenir de Molière. Les habitants n’ont pas voulu en toucher une pierre depuis que Molière y a passé.

— Ils me rappellent, lui dis-je, M" George qui prétendait qu’elle ne s’était jamais essuyé la joue depuis que Napoléon y avait posé ses lèvres.

Et de rire, car il est gai compagnon, Cadet, et plein l'esprit. ans é © — Vous conterez tout QULE à Monval oies sa ui era s plaisir.

7 août 1898.

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