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JULES LEMAITRE, LE PÈRE LONGHAYE, etc. 181 ee nee a ne vues, à les juger le plus sérieusement du monde et à motiver avec soin ses jugements. Il dit ce qu’il pensait, et il le dit simplement, sans fioritures, sans paradoxe, sans feux d’artifice. Au milieu des prestidigitateurs de la critique dramatique, il écrivit en bon professeur. Et cela parut prodigieusement original.”
Francisque Sarcey fut donc, de sa loge de spectateur et de critique, un professeur d’art dramatique, Il s’appliqua à analyser, à disséquer, à démonter les pièces, à en faire voir le mécanisme harmo.ieux ou faux, et à dire pourquoi elles plaisaient ou ennuyaient, Il rappela aux auteurs que le théâtre est un genre très spécial, qui a ses règles à lui, et qu’on ne peut impunément violer. Consciemment ou non, mais en tout cas instruit par l'expérience de la scène, il revint et s’attacha à cette pensée, à ce principe d’Aristote que le théâtre doit être une représentation de la vie, et que c’est la vie qui doit y être toujours en mouvement. Seulement il poussa plus loin qu’Aristote sa doctrine. Il exigea que la vie ne cessât jamais de s’agiter au théâtre, sans quoi le spectateur allait s’ennuyer et sortir. Une pièce, c’est pour lui “une action représentée par des hommes qui agis-
sent (actrurs) sur des planches, à dessein de retenir 1,500 spectateurs entre quatre murs pendant trois heures sans qu’ils aient l’envie de s’en aller ”. :
Et Francisque Sarcey voyait donc dans cette art de stimuler et de faire paraître la vie, dans la construction mécanique et mouvementée de la pièce, la meilleure part de l’art dramatique, estimant peu les développements d’idées et de doctrines, les scènes littéraires où l’esprit surtout occupe le théâtre. Il craignait qu’au cours de ces expositions oratoires, ou de ces dialogues abstraits il ne prit fantaisie au spectateur de se retirer pour aller chez soi lire la pièce ! Et l’on voit bien un peu d’exagération dans ce souci, et le théâtre psychologique et littéraire du dix-septième siècle ne fut pas après tout si médiocre, bien qu’il comportât peu d’action ; et l’on pourrait opposer aux exigences scéniques de Sarcey le beau livr: de M. Le Bidois sur la Vie dans le théâtre de Racine, où il est bien démontré que i’action qui surgit et se déploie en mouvements de passions profondes, vaut bien l’autre qui est surtout physique, et que les émois d’une Hermione ou d’une Phèdre, et les angoisses
an Faguet, dans Hist. de la Litt. fr. par Petit de Julleville, VII,
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