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JULES LEMAITRE, LE PÈRE LONGHAYE, etc. 217 mm de la France. “Il est certain, écrit-il, et après deux siècles passés la preuve est faite, que c’est bicn à ce moment que l'esprit français, relativement à une période qui peut être de cinq ou six cents ans, a trouvé la forme la plus précise, la plus nette, la plus éclatante comme aussi la plus élevée, de lui-même.” :
Et, à ses yeux, ce dix-septième siècle fut non seulement le plus parfait au point de vuelittéraire, mais aussi le plus grand au point de vue philosophique. Après avoir rappelé les noms d’Arnauld, de Bossuet, Malebranche, Pascal et Descartes, il ajoute : “ La vérité est qu’il n’y a pas de plus grand siècle philosophique, en France du moins, que celui-là.” Et il entend bien que les grands poètes dramatiques du dix-septième siècle, et les grands moralistes, ceux qu’il appelle “ la grande école de psychologie et d’cbservation morale, c’est-à-dire, toute la littérature depuis Pascal et LaRochefoucauld jusqu’à Racine, Molière et LaBruyère ” ?, il entend bien que tous ceux-là font le plus grand honneur à la pensée et à l’art de la France. ‘“ A tous les égards donc, le XVIIe siècle n’a ni illégitimement obtenu son nom de grand siècle
1. Hist. de la L‘tt. fr., per E. Faguet, II, 178-179. 2. Hist. de la Litt. fr, ‘:r E. Faguet, IX, 180,
classique, ni reçu à tort le privilège qu’il a gardé jusqu’aujourd’hui de faire concurremment avec l’antiquité latine et grecque l'éducation littéraire des générations nouvelles. ” ‘ |
Ces préférences classiques, on pourrait aussi les dégager de l’ensemble des articles dont se composent les Propos littéraires et les Propos de théâtre d’Êmile Faguet. Si accueillant qu’il y soit à toutes sortes de mérite, il n’est nulle part plus sympathique que lorsqu'il rencontre dans une œuvre un reflet, un prolongement des qualités traditionnelles de l’art français. S'il fut prodigieusement, presque naïvement lyrique, le jour où parut Cyrano de Bergerac, c'est qu’il aperçut dans ce drame héroïque, dans ce retour à la fierté cornélienne, quelque chose de cet art du dix-septième siècle qui n’appliquait la pensée ou le regard des spectateurs qu’à des sentiments ou des actions qui portent en haut les âmes, et qui éternellement sont la matière des grandes œuvres dramatiques. Le naturalisme à base de vertus et en forme éclatante de beauté, c’est, pour lui comme pour Brunetière, le seul qui soit classique, et qui s’impose à l’histoire de l’art littéraire : et si vous voulez savoir