CHAPITRE VII
1°. — La prédiction des éclipses du soleil est un fait de science astronomique.
II**. — D'après les stoïciens, la foudre est un avertissement de Jupiter ; d'après Cicéron elle est d'origine purement naturelle.
m". — Miracles.
Cicéron dit que la prédiction des éclipses du soleil n'est pas due à une divination, prophétique ainsi que les stoïciens le prétendent, mais que ces phénomènes sont la conséquence naturelle des lois de la science astronomique et déterminés par l'observation du ciel. « Solis defectiones itemque lunae praedicuntur in multos annos ab Us, qui siderum motus numens persecuntur. Ea praedicunt enim, quae naturae nécessitas pevjectura est. Vident ex constantissimo motu lunae, quando illa e regione solis facta incurrat in umbram tervae, quae est meta noctis, ut eam obscurari necesse sit, quandoque eadem luna, subiecta atque obposita soli, nostris oculis eius lumen obscurci, quo in signo quaeque errantium stellarum quoque tempore futura sit, qui exortus quoque die signi alicuius aut qui occasus futurus sit » (i).
(i) iDe divinatione. II. 6.
II.) En ce qui concerne la foudre, l'opinion de Cicéron nous paraît intéressante. On croyait à Rome avec une foi aveugle que Jupiter lançait ses foudres comme avertissement aux humains de ce qu'ils devaient faire. Les chefs de l'Etat et les pontifes interprétaient ces avertissements pour le bien de tous.
Cicéron rejette cette croyance en Jupiter tonnant, et il déclare que l'origine de la foudre est, non divine mais terrestre et naturelle ; dès lors, se demande-t-il, comment pourrait-elle expliquer l'avenir P « Qiiod igitur vi naturae, nulla cotistantiu, nullo rato tempore videmus ejjici, ex eo significationem renim consequentiuin quaerimus ? » (i).
III.) C'est la terreur que la foudre inspire, la crainte des dangers qu'elle fait courir, qui prédisposent les esprits è croire aux miracles ; et Cicéron ajoute que tous les troubles tous les miracles que l'on remarque à peine en temps de paix se multiplient par la peur dans les temps de troubles ou de guerres ; aussi un esprit philosophique ne peut admettre des miracles qui ne sont que des phénomènes naturels mal expliqués : « Sangumem plaisse senatai niintiatuin est, Atratum etlani fiuvium fluxisse sanguine, deorum sudasse siniulacra. Niim censés his nunt'ds Thalen aut Anaxagoran aat quemquani physicmn credituruni fuisse ? nec eniin sanguis nec sudor nisi e corpore. Sed et decoloratio ciuaedam ex aliqua contagione tervena maxime potest sanguini similis esse, et humor adlapsus extrinsecus, ut in tectoriis videmus austro, sudorem videtur imitari » ''0.
(i) De divinatione II. 19.
(2) ibid. II. 27.
Cicéron cite ensuite nombre de cas où les dirigeants de l'Etat n'ont tenu aucun compte des prédictions douteuses des augures avant quelque beau fait d'armes et cite l'opinion de Caton défavorable aux devins.
Cicéron formule d'ailleurs très nettement son opinion personnelle : « L'erreur, la superstition et l'imposture sont les sources de la divination ». (De Divinatione. II. 89).