PREMIERE PARTIE
mythiques étaient ceux d'un poète plutôt que d'un philosophe. Les chefs du stoïcisme, bien que leur civisme les rendit partisans de la croyance aux dieux, ne pouvaient expliquer clairement la vie future de l'âme.
Ils admettaient qu'après la mort nous jouissons d'une prolongation d'existence, sorte de vie sidérale où l'sme finit par se perdre. « Num quid igitur est causae, quin amicos nostros Stoicos dimittamus ? eos dico, qui aiunt manere animos, cum e corpore excesserint, sed non semper » (i).
La plus grande partie des hommes ou ne s'intéressaient plus à la religion, ou doutaient. Ces derniers ne pouvaient trouver aucune satisfaction à des mythes qu'ils trouvaient fabuleux ou grossiers. Ils cherchaient une religion nouvelle d'une essence plus parfaite, plus divine, sur laquelle pourrait s'appuyer la vie, et qui donnerait à l'homme l'espérance d'une existence future.
Hélas ! toutes les espérances nécessaires au maintien de la foi manquaient aux contemporains de Lucrèce. L'élévation d'esprit des Romains les plaçait bien au-dessus de leur culte national qui n'était pas de forme assez affinée pour les émouvoir.
(i) Tuscul. XXXII.