DEUXIÈME PARTIE
bliques au moment de l'usurpation de César pour se consacrer aux études philosophiques et cultiver leur intelligence. Cicéron s'appropria toute la sagesse humaine née et cultivée en Grèce ; ses traités avaient une haute portée dans la littérature romaine qui ne possédait point encore d'écrits philosophiques dans sa langue, mais les trois ouvrages que j'ai cités plus spécialement ont une valeur exceptionnelle car il y a synthétisé trois doctrines, l'épicurisme, le stoïcisme et l'académisme. Ces trois ouvrages portent à la religion et à la superstition des coups d'autant plus forts qu'ils sont assénés avec une argumentation, une logique serrée et longuement préparée qu'on ne trouvait pas dans les attaques antérieures d'Epicure et de Lucrèce.
IV.) Une autre raison devait encore grandir cette importance aux yeux des Romains car, bien que Cicéron se soit inspiré dans ses œuvres de la philosophie de la Grèce, il s'est placé au cœur de la vie contemporaine. Les personnages qu'il fait dialoguer et philosopher sont des Romains et à lire ces traités on assiste à l'existence même de l'époque, on voit passer et vivre dans leur inonde réel penseurs et philosophes. Vivant dans une société romaine déjà instruite, portée par goût aux études philosophiques, Cicéron a dû se détacher des doctrines exclusivement grecques ; ses critiques, ses idées, ses opinions sont romaines, conçues pour des Romains et appropriées à leurs usages, leurs mœurs et leur tempérament.