DEUXIÈME PARTIE
lions grossières que les siècles se transmettent en les grossissant, et pour lui l'apparition aux regards humains d'êtres d'une essence supérieure est impossible. Il critique l'argumenlation des stoïciens par ses appels à la raison : « Rumoiibus, inqulty niecum pugnas, Balbc, ego aiitem a te rationes requiro » (i), car l'avenir ne peut être évité alors qu'il est dicfé par le Destin : « Pracsertim cum vos idem fato fieri dlcatis omnla, qaod auictn semper ex oinni aeternitate venun fnerit, id esse fatum » (-2).
Deuxième Preuve. — Après cette première discussion sur l'existence des dieux, Cotta passe à une seconde sur leur nature dans la philosophie stoïcienne. Il ne se contente pas des précédentes raisons de Balbus : « Non igitur adhuc, quantum, quidem in te est, Balbe, intellego deos esse, qaos equidem credo esse, sed ni}\il docent Stoici » (3) et il en demande de nouvelles : (( A te autem idem illud etiam atque etiam quaeram, quibus rationibus tibi persuadeas deos esse (4) ; car, quae milii talis videtur fuisse, ut, cum ostendere velles, quales di essent, ostenderes jiuUos esse » (5).
Les stoïciens croient que la divinité est ce qu'il y a de meilleur, de plus beau et de plus sage, or rien de meilleur de plus beau, de plus sage que l'univers, donc l'univers est la divinité même. Ce monde est inspiré par l'âme divine qui le pénètre, il est réglé dans ses mouvements. Le dieu des stoïciens fait tout, engendre et multiplie des dieux semblables à lui, il ordonne tout l'univers. Les astres, parties même des dieux, nous charment par la régularité de leur cours.
(i) De nat. deor. III. 5.
(2) ibid. III. 6.
(3) ibid. III. 7.
(li) ibid. III. 7.
(5) ibid. III. 8.
Colta poursuivant ses attaques contre le Panthéisme montre que la nature suffît à expliquer la marche des astres et que le flux et le reflux sur les côtes de Sicile peut s'expliquer par des causes naturelles sans qu'il soit nécessaire d'en chercher une raison divine : « Sed onmium talium rerum ratio reddenda est)) (i).
Troisième Preuve. — Les stoïciens admettaient dans le corps de tout animal la présence d'un feu spécial, force extraordinaire, vivifiant tout, qu'ils considéraient comme le principe universel et la divinité même ; son extinction amenait la mort.
Cotta nie cette supériorité du feu animal, il le considère comme un simple élément nécessaire h l'existence au même titre que l'air, l'eau, la terre, et selon lui la mort n'est pas causée par l'absence de la chaleur plutôt que par celle d'un autre élément . « Ego autem non intellego, quo modo catore extincto corpora intereant, non intereant humore aut spiritu amisso, pracsertim cum intereant etiam nimio calore. Quam ob rem id quidem coinmune est de calido ; verum tamen videamus exitum » (2).
Il affirme que nos âmes ne sont pas seulement du feu, mais un mélange : « Probabilius enim videtur taie quiddam esse animum, ut sit ex igni atque anima temperatum )> (3) et Cotta conclut que le feu, qui pour les stoïciens est divin, n'est qu'un des qualre éléments dont se composent les corps
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des êtres vivants.
Leurs adversaires reprochaient aux stoïciens d'être vulgaires, ignorants, de croire à des dieux imaginaires ou fa-
(i) De nat. deor. III. 10.
(2) ibid. III. lA.
(3j ibid. III. it\.