DEUXIEME PARTIE
dans ses recherches, il écrit : « Nihil ut ddfirmerriy quaeram omnia, dubitans plerumque et mihi ipse diffidenSy car : Si enim aliquid certi haberem, qiiod dicerem, ego ipse divinarem, qui esse divlnationem nego ! » (i)
Sous cette modération voulue on le sent beaucoup moins probabiliste que dans Touvrage précédent, écrit à une époque où l'homme d'Etat à peine rentré dans la vie privée était tenu à plus de réserve, et ne pouvait invoquer tous les arguments à opposer aux théories stoïciennes sur la préconnaissance de l'avenir, et cette impression se fortifie à mesure qu'on entre plus avant dans le « De Divinatione ».
La divination, nous dit Cicéron, ne peut se baser sur les choses sensibles puisqu'elles sont saisissables par nous-mêmes, donc sans nécessité d'une intervention divine : « Quarumnam rerum divinatio esset : earumne quae sensibus perciperentur? Ai eas quidem ceniimus, audimus, gustamus olfacimus, tangimus » (2).
Il doute et se demande s'il y a dans les sensations quelque chose de surnaturel, quelque pressentiment ou inspiration de l'âme et répond en se réfutant lui-même : « Ad nullarn igitur eanirn rerum, quae sensu accipiuntur, divinatio adhibetur » (3).
Cicéron est d'avis qu'on ne peut atteindre à la divination que par le raisonnement, l'examen et la discussion des faits, et l'expérience ; c'est la sagesse humaine qui nous donne nos pressentiments : « Medicus morbum ingravesceniem ratione providet, insidias împe.rator^ tewpestotes gubernator » (4).
(i) De divinatione. II. 3.
(2) ibid. II. 3.
(3) ibid. II. 3.
(4) ibid. JI. 6.