SUITE DE LA CRITIQUE DE LA DIVINATION
II'
Divination étrusque. Pour Clcéron la divination n'est que la
connaissance des hommes et des circonstances. Divination par le sens et le raisonnement.
I.) On sait que Cicéron s'est longuement documenté sur Fart divinatoire aussi bien chez les Romains que chez les peuples voisins. Avec son ami Cecina il avait plus spécialement étudié Tait augurai chez les Etrusques (i). Cécina, en effet, le connaissait à fond, et une lettre que lui écrivait Cicéron nous autorise à supposer que l'orateur lui a emprunté plusieurs de ses jugements : Cicéron écrit que la divination vient de l'expérience des hommes et des affaires : « Si te ratio quaedam FAmscae discipUnae, qiiam a paire, nobilissimo atque optimo vira, acceperas, non fefellit : ne nos quidem nostra divinatio fallet : quam quum sapientissimonun viromm monunientis atque praeceptis, plurimoque, ut tu scis, doctrinae studio, tum niagno etiam usu tractandae reipublicae magnaque nostronun temporum varietate consecuti su-
(i) M. Schmeisser, Science é$trusque. Breslau 1872.
mus. Cai quidem divinationi hoc plus confidimus, quod ea nos nihil in his tam obscuris rébus tamque perturbatis unquam omnino fefellit » (1).
Dans cette même lettre il ajoute : « Non igitur ex alitis involatUy nec e cantu sinistro oscinis, ut in nostra disciplina est, nec ex tripudiis solistimis aut soniviis tibi auguror : sed habeo alia signa, quae observem ; quae etsi non sunt certiora mis, minus tamen habent vel obscuritatis vel erroris. Notantur autem mihi ad divinandum signa duplici quadam via : quarum alteram duco e Caesare ipso ; alteram e temporum civilium natura atque ratione » (2), et plus loin (je ne recopie pas tout le texte) Cicéron dit qu'il ressent bien les pressentiments pour un avenir prochain, qu'il devine ce qu'est César, et que son habileté lui permettra de prendre en main les destinées du peuple en proie aux troubles de la guerre civile ; et qu'après avoir réfléchi sur l'état de la République, il pressent bien comment elle va tourner. La connaissance des circonstances est la divination.
II.) Ce travail sur la divination commence dans le « De natura deorum». Cicéron le poursuit dans le « De divinatione » qui comprend deux livres.
Dans le premier, il expose à son frère Quintus les arguments des stoïciens pour la divination ; dans la seconde, il critique lui-même la divination prophétique ; il explique la possibilité de la divination par la prédiction rationnelle et scientifique des choses futures ; je cite un certain nombre de ses opinions sur la prédiction de l'avenir.
Après avoir rappelé qu'il se propose d'être impartial
(i) Ad Gaecinae, VI. G (Edition Nisard). (2) ibid.
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