‹ La critique religieuse chez Cicéron [microform]Chapitre 40 sur 68 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

II.) En ce qui concerne la foudre, l'opinion de Cicéron nous paraît intéressante. On croyait à Rome avec une foi aveugle que Jupiter lançait ses foudres comme avertissement aux humains de ce qu'ils devaient faire. Les chefs de l'Etat et les pontifes interprétaient ces avertissements pour le bien de tous.

Cicéron rejette cette croyance en Jupiter tonnant, et il déclare que l'origine de la foudre est, non divine mais terrestre et naturelle ; dès lors, se demande-t-il, comment pourrait-elle expliquer l'avenir ? « Quod igitur vi natuvae, nulla constantia, nullo rato iempore vldemus effici, ex eo signifi- , cationem revain consequentiuin quaerinius ? n (i).

III.) C'est la terreur que la foudre inspire, la crainte des dangers qu'elle fait courir, qui prédisposent les esprits à croire aux miracles ; et Cicéron ajoute que tous les troubles tous les miracles que Ton remarque à peine en temps de paix se multiplient par la peur dans les temps de troubles ou de guerres ; aussi un esprit philosophique ne peut admettre des miracles qui ne sont que des phénomènes naturels mal expliqués : « Sanguineni pluisse senatui nuntiatum est, Atratum eiiarn flaviiini fluxisse sanguine^ deoram sudasse simulacm. Nuni censés liis nuntiis Thalen aut Anaxagoran aut qiiemquani physiciun creditunun fuisse ? nec enini sanguis nec sudor nisi e corpore. Sed et decolorotio quaedam ex aliqua contaglone tenena maxime potest sangaini similis esse, et Jinmor adlapsus extrinsecus, ut in tectoriis videmus austrOy sudorem videtur imitan ^^ ^"*).

(i) De divinationc II. 19.

(3^ ibid. II. 27.

Cicéron cite ensuite nombre de cas où les dirigeants de l'Etat n'ont tenu aucun compte des prédictions douteuses des augures avant quelque beau fait d'armes et cite l'opinion de Caton défavorable aux devins.

Cicéron formule d'ailleurs très nettement son opinion personnelle : « L'erreur, la superstition et l'imposture sont les sources de la divination ». [De Divinatione. IL 89).

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