‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 14 sur 101 · ld. % p · texte numérisé non relu

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(leur que les Turcs débordaient sur leurs propres frontières, depuis qu'ils étaient leurs voisins immédiats. En effet, les Osmanlis s'imaginaient renverser la muraille humaine qui les empêchait de réaliser les plans qu'ils avaient conçus contre l'Occident. Mais ils comprirent bien vite qu'ils s'étaient affaiblis, et non fortifiés, après la chute de la Bosnie. D'ailleurs, il n'y avait plus alors devant eux aucun de ces rois insensés qui, pour s'anéantir mutuellement, recherchaient l'appui de la barbarie, au grand scandale de la civilisation ; mais il y avait un peuple, une volonté nationale; pour tout dire en un mot, il y avait la nation croate avec son héroïsme passé, présent et futur 1

Deux guerriers célèbres, le comte Étienne Frankopan et George Marnjawiç parvinrent à reconquérir vaillamment la place de Jajce, devenue, après la perte de Belgrade, la clef des destinées européennes et principalement celle des destinées croates 1 . Le sultan Mohammed essaya de la reprendre plus tard, à la tête de trente mille hommes; mais il se vit bientôt obligé d'implorer, auprès de Mathias, roi de Hongrie et de Croatie, une paix qui lui fut refusée. Mohammed jura de s'en venger. Et les luttes recommencèrent , sanglantes, terribles, incessantes, entre les Turcs et les Croates, autour de cette forteresse dont la l>arbarie avait reconnu l'importance ; car elle se proposait de marcher par Belgrade en Hongrie, en Bohême et en Pologne, par Jajce en Dalmatie, en Istrie et en Allemagne 2 , vers son but fatal : le complet asservissement de l'Europe.

Et pendant que la nation croate réagissait, comme un seul homme, contre les Turcs, elle était obligée de réagir également contre les injustes prétentions des rois de Hongrie, qui, ace titre, n'avaient pas le droit de se mêler de ses affaires intérieures. Mathias, non content de porter atteinte à ses libertés et à son indépendance, résolut d'accomplir ce que Sigismondc

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