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Turcs etcontre les Allemands, dont les extorsions et les violences dépassent encore celles des barbares'. Déjà le ban Erdôdy a mis en fuite Rustan-Beg, Erdogly et Ibrahim-Beg sur les rives de laCulpa 2 ; les places fortes de Hrastovica, deGora et de Pétrinja sont reconquises de même que celle de Zengh ; et les Turcs ont d'eux-mêmes évacué Sissek 3 ; mais bientôt après les Allemands, qui voulaient toujours y tenir garnison, n'eurent pas honte de livrer traîtreusement aux ennemis toutes les places que les Croates venaient de gagner au prix de leur sang. C'est alors que le ban Erdôdy se dépouilla noblement de sa haute dignité, et que la noblesse croate se sépara ouvertement des Autrichiens. Ceux-ci, croyant pouvoir disposer du banat selon leur gré, prétendirent conférer cette dignité suprême du royaume au prince Mathias, archiduc d'Autriche. C'est alors que la diète d'Agram, organe légal du pays, déclara au roi qu'il était disposé à tout souffrir plutôt que de se laisser priver d'une seule de ses libertés.
Les nonces de l'archiduc s'étant présentés à la diète, il leur fut répondu que les Croates n'obéiraient plus désormais à aucun chef étranger et qu'ils n'entreprendaient plus aucune expédition militaire, dussent-ils mourir tous avec leur patrie ; qu'ils avaient résolu de pousser toutes les choses à l'extrême plutôt que de laisser toucher à rien de ce qui constituait leurs libertés publiques ; mais que si le roi nommait un ban national, et d'un courage incontestable, ils promettaient d'accomplir des actes qui paraissaient même impossibles 3 .
La cour de Prague courba son orgueil devant cette détermination héroïque des Croates, heureux de constater leur indépendance complète du roi de Hongrie, comme tel, et de triompher des cabales autrichiennes. La nation choisit elle-même