‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 33 sur 101 · LES CROATES SEULS CONTRE LFS TL'RCS · texte numérisé non relu

LES CROATES SEULS CONTRE LFS TL'RCS

«Mitden (leuisclten KrieytrOlkeni sei rechtwoiil At sziKOMMEN ; aber die Croaten bezeioen undxmugen Uedermith. » (Le grand vizir Aclimed-Kiuprili-Pasclia à l'empereur vomaio f.'erujaniqne. )

Fessler, GcscIi. d. L T n'j.,etc. VI.Th., p. 131.

A l'époque où les Croates se disposaient à combattre les Turcs sous leur propre drapeau national, et sans le concours de l'Allemagne ni de la Hongrie, Achmed Kiuprili, grand vizir du sultan Mohammed IV; allait diriger lui-même la troisième grande expédition des barbares de l'Orient contre l'Occident. Avant d'entrer en campagne, il essaya de conclure une paix quelconque avec le roi de Hongrie et de Croatie , en lui promettant de ne point porter la guerre dans ses États, s'il consentait à démolir la citadelle de Zrinjgrad, que le comte Zrinj avait construite dans la Croatie septentrionale, pour protéger la défense de sa patrie et celle de l'Allemagne. Ces propositions arrogantes ayant été rejetées, Achmed Kiuprili se précipita sur la Hongrie avec une armée de plus de soixantequinze mille hommes (12 juillet 1703).

Le roi Léopold appela toute la noblesse ; et les Croates apparurent bientôt en Hongrie sous la conduite de Nicolas Zrinj, leur héros. Ce grand homme, se méfiant de la pusillanimité autrichienne, s'offrit seul pour défendre avec ses nobles phalanges et

l'inviolabilité des traités.

deux autres chefs magyares, l'État hongrois contre les farouches Osmanlis, sans la coopération active des Allemands. On accueillit à Vienne cette noble proposition par un refus, et le commandement suprême fut confié à Montécuculli, pour le malheur de la chrétienté *.

Achmed Kiuprili s'avança vers la place forte de Neuhàusel, qu'il investit avec toutes ses forces militaires, à la grande stupéfaction des Hongrois et des Allemands, qui subirent désastres sur désastres. La Croatie, plus heureuse que la Hongrie, parce qu'elle était plus brave, remporta, au contraire, victoires sur victoires, sur son propre sol où Nicolas Zrinj était rentré. Ce vaillant capitaine culbuta l'ennemi à chaque rencontre. 11 tua trois mille Turcs près de la Save, en luttant avec quatre mille Croates contre douze mille Turcs. L'impossible était donc complètement devenu possible pour cette nation valeureuse, depuis qu'elle avait les mains libres 2 .

Les Turcs de Kanizsa (dix mille hommes) essayèrent de venger cette terrible défaite, en se présentant devant Zrinjgrad. Mais Zrinj, toujours actif et vigilant, était dans cette place. Après avoir repoussé trois assauts consécutifs, il poursuivit les barbares avec acharnement et leur fit subir de grandes pertes. Redoutant ses attaques imprévues, les pachas du voisinage résolurent de transporter leurs objets précieux et leurs richesses de Kanizsa à Belgrade. Zrinj en étant informé, il se mit à la tête de deux mille cavaliers, s'embusqua dans un défilé, anéantit la troupe du convoi et transporta lui-même tout ce riche butin dans sa forteresse tant redoutée des Turcs 3 .

Pendant le siège de Neuhàusel, Zrinj opéra mille autres prouesses, en Hongrie comme en Croatie, et l'affaire de Schûtt, très-honorablement décrite par l'Allemand Fessier, mit le

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