‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 69 sur 101 · ÉTAT PRÉSENT DES CROATES · texte numérisé non relu

ÉTAT PRÉSENT DES CROATES

« Es gehœrt zu den Verirrungen einseitiger StaaUklughtil, dass sic das zutragtick Scheinende zngleich fûr da$ Gerechte liait; and umbek animer t nm den innern Zusammenhang der Dinge , einzelne znfslltge , gQuttigt limitante erfasst, darauf verwegen Entwùrft grûndet, nnd den Gebilt der ihr widerstrtbenden Krœflt entweder ilber$ttht, oder zq geringe siih^tzet. »

Fessler, Gesch. d. Uny., etc. IX.Th., p. 477.

Arrêtons-nous un moment pour étudier la situation présente des Croates, considérée sous le rapport de la vie nationale, de la vie sociale et de la vie privée; car, après avoir vu ce qu'ils furent dans le cours des siècles, il est nécessaire de connaître ce qu'ils sont aujourd'hui, afin de mieux savoir ce qu'ils pourront devenir un jour ou l'autre, quand la diplomatie européenne comprendra qu'il est temps de donner enfin une solution rationnelle et définitive à tous les problèmes soit nationaux, soit internationaux, en établissant l'union relative et absolue entre les peuples, entre les races, entre les États et entre les gouvernements.

Et d'abord une objection se présente ; nous devons la réfuter sur-le-champ. Peut-être, nous dira-t-on, l'ancien état de choses qui existait en Croatie lui était-il plus nuisible qu'utile, et c'est dans l'intérêt de son propre bien-être que la

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maison d'Autriche a confisqué ses libertés, moins bienfaisantes que fatales, si elles mettaient souvent l'anarchie dans une société civile où l'ordre doit toujours régner.

Eh bien! nous allons prouver que l'ordre existait autrefois dans toute l'extension du mot et sur toute l'étendue du territoirè, tandis que l'anarchie seule triomphe maintenant sur tous les débris de nos institutions et dans le sens le plus sinistre du mot.

Le jour où François-Joseph monta sur le trône d'Autriche, en vertu d'un acte plus ou moins légal de Ferdinand V, toute la maison de Hapsbourg-Lorraine descendit moralement du trône de Croatie, par suite de la violation illégale des traités et des serments qui unissaient la nation croate aux destinées de cette maison. Mais, ce que François-Joseph perdait en vertu du droit, il entreprit de le gagner par la force. Ne pouvant pas agir à la manière des rois légitimes, nés pour le bien, qui empêchent la pratique du mal, régularisent la fortune des sociétés civiles, sauvegardent celle des individus, secondent le génie et le destin de leur pays, font alliance avec l'esprit de tous les siècles pour déterminer plus rationnellement la tendance de leur époque, et fixent leur autorité royale, sans exclure les libertés populaires, il agit à la manière des usurpateurs et des tyrans, nés pour le mal, qui empêchent la pratique et le culte du bien sur la terre, détruisent la fortune des sociétés civiles, bouleversent celle des individus, méconnaissent le génie de leurs nations, compromettent fatalement leurs destinées, réagissent contre leurs droits traditionnels et contre leur passé historique, afin de les atteindre non-seulement dans le présent» mais encore dans l'avenir, et ne prétendent fixer leur propre autorité que sur la ruine de toutes les libertés publiques.

C'est ainsi que François-Joseph 1 procède à l'égard de la nation croate.

i. En effet, par one ordonnance rendue publique, en 1851, l'empereur

l'inviolabilité des traités. 169

11 ne lui suffit pas d'opprimer les Croates, il veut aussi les dénationaliser. En effet, bien que le chef actuel de la maison d'Autriche ait publié, le 7 avril 1850, ironiquement sans doute> une décision impériale, par laquelle il déclare et ordonne, de la manière la plus expresse et la plus formelle, qu'à l'avenir la langue nationale croate sera désormais la langue officielle dans toute la Croatie ' ; et bien que cette ordonnance puisse être regardée comme étant toujours en vigueur, puisqu'elle n'a jamais été révoquée, il est défendu néanmoins aux employés des diverses administrations, telles que les finances, la justice", etc., d'employer une langue autre que la langue allemande, qui seule reste officielle sous le gouvernement de fait , non de droit, du susdit empereur.

Quiconque, prenant aurie ux les ordonnances de François- Joseph à cet égard, emploierait officiellement la langue natio" , nalc croate, serait traité comme un malfaiteur ou comme un rebelle. On enjoignit, tout récemment, au tribunal du district de Jaska d'avoir à se justifier pendant huit jours consêcutifspour ne s'être pas servi de la langue allemande, qui doit être employée dans le service intérieu r des tribunaux, en vertu des ordonnances, lesquelles n'autorisent pas même l'usage de la langue croate pour les simples observations écrites et pour les plaidoiries 2 .

et Autriche a délié ses ministres de toute la responsabilité qu'ils avaient envers les nations illégalement soumises à sa personne , et il est devenu lui-même responsable par le fait devant le tribunal de l'Europe de toutes les oppressions et illégalités commises en son nom on selon ses ordres, depuis celte époque si funeste sous tous les rapports.

1. « Indem wir verordnen dass in Croatien itnd Slavonien auch fernerhin die National-Sprache als die Geschœffspruehe bei den dortipen Landesbe/iœrden zu gelten habe. » Bulletin des lois pMir la Croatie, 1850.

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