Franz Rellig gegen Louis von Mixiç. » Ad. n
( Cœteris exmissis.)
« Pra^id.... wird... dem Bezirksgericbte... anfgctragen, binhm* 8 Tagfn zu recrtfertigfn, warum es gegen die besfehenden Vobscrhiften, vcrmfige welcher im iuueren Dienst die deutsbe Sprachf. zu gebraucuek ist, ge-
l'inviolabilité des trmtks.
Ainsi, ce qui exprime positivement la nationalité de toute société civile distincte : un langage propre, sa langue enfin est irrévocablement proscrite. C'est odieux, mais, en somme, c'est logique. On connaît surtout à Vienne cet axiome que les tyrans ne manquent jamais d'invoquer toutes les fois qu'ils donnent des chaînes aux peuples libres : la fin justifie les moyens, —finis sanctifient média.
Telle est la vie publique en Croatie : voyons maintenant quelle est la vie privée.
La nation s'était imposé de grands sacrifices pécuniaires pour se faire bâtir un tfUâtre national à Agram. Il devint une sorte d'Institut où tous les grands hommes de la nation étaient élus par les suffrages de leurs propres concitoyens, où tous les talents croates étaient vivement applaudis, où les principaux événements historiques du pays étaient mis en spectacle pour l'éducation patriotique du peuple. Cela finit par offusquer le gouvernement autrichien, qui s'empara de ce théâtre, quoiqu'il eût été construit tout entier avec l'argent de la nation croate. Cette propriété croate fut transformée en propriété allemande. Effectivement, on n'y joue plus que des pièces allemandes, et la Croatie est présentement condamnée à l'oubli de ses propres héros et à l'admiration perpétuelle des tristes héros de la Germanie!
Notre langue nationale, bannie de l'administration publique et du théâtre, se réfugie-t-elle dans nos foyers domestiques? aussitôt nous sommes notés et marqués comme des « mécontents)) (schlechtgesinnt) ; et ceux d'entre nous qui montrent l'indépendance ou un certain respect pour nos coutumes anciennes ou pour nos vieilles traditions nationales, sont considérés comme des révolutionnaires , ou tout au moins comme des ennemis de la maison de Hapsbourg-Lorraine.
statte, dass die Manipulations-Anmerkungeniu kroatischer Sprache gefûhrt werden? Agram (capitale de la Croatie ). 26. Jœnner 1859. Schwab, m. p. An das K. K, Beziiksamtals-Gericht Jaska. »
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C'est juste, en effet, selon ses propres vues; car la négation de celle-là par celle-ci doit entraîner inévitablement, un jour ou l'autre, l'exclusion de celle-ci par celle-là. Avis à François-Joseph.
Pour échapper, autant que possible, à cette réaction, qui sera implacable, on a exigé que toutes les écoles croates, soit des villes, soit des villages, fussent des écoles allemandes. Sur nos frontières militaires, on n'en aperçoit pas une seule qui soit nationale 4 ; et il en résulte que leur population, autrefois si ardente à acquérir les connaissances du monde civilisé, vit aujourd'hui dans un état demi-barbare.
Au surplus, l'instruction publique et la culture que les Allemands autrichiens donnent à notre malheureux pays sont telles que peut les comprendre une foule de fonctionnaires qui ne connaissent ni la langue locale, ni les besoins intellectuels et moraux de la nation. N'oublions pas ici pourtant qu'il ne s'agit nullement, pour l'Autriche, d'instruire la Croatie, mais de la germaniser. Elle y parviendra sûrement, si un pareil état de choses dure encore quelques années ; car elle inonde chaque jour les villes et les villages de financiers, d'employés, de gendarmes, de soldats, de sergents de police et d'espions, presque tous garçons et sans famille, afin de mieux démoraliser toute la société croate.
Peut-être, nous dira-t-on, le mouvement industriel et commercial doit être considérable en Croatie, par suite de la fertilité du sol et de ses riches productions. Cela devrait être, mais cela n'est pas. Le gouvernement autrichien a si bien fait, en repoussant tous les projets de chemins de fer qu'on a voulu souvent réaliser avec les capitaux du pays, qu'il n'y en a pas un seul ; et c'est ainsi qu'il a trouvé moyen d'anéantir, pour ainsi
1. Rien qu'exclusivement Croates, les écoles sont appelées cependant, au mépris des droits naturels les plus sacrés ; a Deutsche Volksschulen ! » écoles allemandes /x>ur le peuple.
dire, les échanges internationaux, qui sont la propriété du monde entier.
En 1857, il y eut, à Vienne, une exposition industrielle et générale de tous les produits des divers États de l'empereur d'Autriche. Or, presque toute la Croatie, depuis le Danube jusqu'à l'Albanie, est un pays viticole; et ses vins sont renommés et très-recherchés. Nos producteurs s'empressèrent d'envoyer leurs produits à cette exposition ; mais on les rejeta sous prétexte que les vins naturels ne pouvaient pas être d'une aussi bonne qualité ; en réalité, parce que les vins autrichiens n'auraient pu soutenir aucune comparaison avec les vins croates. D'après cela, qu'on juge de notre état industriel et commercial sous le gouvernement bénin de l'Autriche. Ne faut-il pas protéger la production et l'industrie de Yarchiduchè d'Autriche, en anéantissant celles de toutes les autres contrées?
Ce n'était tout encore; les capitaux, qui devraient alimenter le commerce et l'industrie nationale, n'alimentent que le trésor du cabinet de Vienne. Jusqu'en 18/j8, toute la Croatie provinciale ne payait que 200,000 florins d'impôts; maintenant cette même Croatie provinciale (sans la Dalmatie ou les frontières) en paie jusqu'à sept millions par an. Ajoutez à cela toutes les exactions militaires qui ont lieu de l'un à l'autre bout du pays, dans tous les villages sans exception, et vous aurez une idée exacte du bien-être qui doit exister parmi le peuple.
Il n'est pas rare que, pendant l'hiver, la soldatesque autrichienne pénètre violemment chez les pauvres paysans de nos montagnes, non-seulement pour s'emparer de ce qui reste de la dernière récolte, mais aussi des provisions faites dans le but d'ensemencer la terre" et de préparer la récolte prochaine. Dans les districts de Verbovsko, de Dclnicc, de Çabar et de VIstrie, on a vu des familles entières, autrefois citées pour leur moralité dans toute la Croatie, être obligées d'attaquer et de piller les diligences impériales pour ne pas mourir de faim. Encore dix ans de ce régime, et toute la nation prendra les armes à
la manière des gucrrillas, afin de se soustraire à une barbarie civilisée qui met la famine en permanence dans ses propres foyers.
Comprend-on maintenant quel doit être l'esprit social d'un tel pays, si rempli d'espions que tout le monde ne se fie à personne? Le gouvernement, il est vrai, ne se fie pas plus à ses propres agents qu'à la nation elle-même. C'est le sort de toutes les tyrannies et de toutes les nationalités opprimées par l'étranger. Il n'y a pas un seul emploi quelconque dans l'administration croate qui ne soit rempli par un Allemand. Ce peuple vaillant et libre, qui se dévoua tant de fois pour le salut de la maison de Hapsbourg-Lorraine, est traité par elle en peuple conquis. Il en a le sentiment; il en souffre d'une cruelle manière ; mais il ne saurait supporter bien longtemps des traitements aussi impitoyables; car mieux vaudrait la mort qu'une pareille existence. D'ailleurs, par ce qu'il a fait dans le passé, on peut prévoir ce qu'il est capable de faire dans l'avenir. N'a-t-il pas brisé glorieusement le joug des Avares et le joug allemand des Franconiens? Nos traditions de gloire sont aussi des traditions de liberté 1 !
Puisque François-Joseph n'y pense point, c'est à l'Europe d'y réfléchir.
De tous les faits énoncés dans ce travail, et de toutes les idées, comme aussi de tous les principes, que nous avons è mb, on doit nécessairement conclure :
1° Que la maison de Hapsbourg-Lorraine, en vertu de l'ordonnance du 31 décembre 1851, a librement et spontanément anéanti les bases de la convention fondamentale du 16 mai 1712, stipulée entre la nation croate et Charles III de Hapsbourg, roi de Croatie, c'est-à-dire en foulant aux pieds la Pragmatique-
1. « Quae ros cum intollerabilis Chrobatis esset, facto dissidio, Principes quos ex ipsis habebant, interemerunt... et post septem annorum bellum <egrc tandem superiores pacti Cbrorati omnes Francos... corumque Prineipem Cotzilin e rnedio sustulerunt et cxinde liberi et sut juris... » Constantin Phorphyrogënéte.
l'inviolabilité des traités.
Sanction, Tunique lien légal et légitime qui existât entre ladite nation et la dynastie régnante; et que la nation croate en a pris acte à son tour;
2° Que ce lien étant révolutionnairement rompu, la nation croate, éminemment conservatrice vis-à-vis de sa dynastie régnante, rentre légalement et légitimement dans l'exercice de ses droits souverains en ce qui concerne Y élection du futur chef suprême de l'État du royaume de toute la Croatie ;
3° Que la diète nationale, légalement convoquée en 1868, s'étant déclarée permanente , elle existe toujours et moralement par le fait; la nation croate devra donc se réunir le plus solennellement possible, dès que la force matérielle ne l'en empêchera plus, afin de procéder légalement et légitimement à l'élection de son chef suprême , conformément à ses propres traditions et à ses propres libertés et lois;
k° Que la nation croate considère comme nuls et non avenus les traités de Vienne de 1815, en ce qui concerne ses propriétés territoriales, arrachées et volées au territoire de l'État croate par les archiducs d'Autriche, qui les ont incorporées aux anciennes provinces de Yempire germanique, ou immédiatement soumis à celui-ci, d'où elles sont passées à la confédération allemande; car ce traité consacre le parjure et la violation de la propriété et de toutes les conventions. Pareillement en ce qui concerne les Croates Noriques, elle considère «om me nulle et non avenue leur soumission à la confédération germanique, malgré l'acte du 7 septembre 1806» qui les rend à leur propre liberté en les affranchissant légalement et légitimement du joug et de tout lien allemand; et malgré les stipulations fondamentales intervenues entre la maison de Hapsbourg-Lorraine et la nation croate;
5° Que la nation croate regarde le traité de Paris de 1856 en ce qui concerne ses possessions et propriétés naturelles et incontestables, garanties néanmoins à la Porte Ottomane, comme nul et non avenu, parce qu'il se base sur le parjure et la violation la plus
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odieuse de ses droits internationaux, établissant le « uti possidetis » de la Turquie jusqu'en 1856 parce qu'il porte atteinte à nos lois intérieures (art. 48 : 536, § 2) , et parce qu'il ne saurait détruire ce principe immuable : « Ruente fundamento, mit et superœdificativm ; »
6° Que la nation croate se réserve tous les droits résultant des principes du droit international actuellement en vigueur, quant aux dettes publiques contractées par l'Autriche, et quant aux propriétés acquises à n'importe quel titre contre le texte de ses propres lois, dans toute l'étendue du royaume, pendant l'occupation violente et illégale de la famille de Hapsbourg-Lorraine, c'est-à-dire depuis le h mars 18/»9. Pareillement, elle regarde comme nulles et non avenues, en vertu des mêmes principes, les colonisations, les immigrations, etc., n'admettant comme régulières que les opérations qui résultent de l'affranchissement des corvées, parce qu'elles sont une propriété nationale et exclusive croate; enfin,
7° La nation croate déclare solennellement qu'au jour de sa libération elle regardera tous les actes de la maison de Hapsbourg-Lorraine comme nuls et non avenus, fussent-ils même libéraux (par impossible); car ils n'auraient pas moins une origine despotique et illégale. Et le royaume croate, conservant ses droits imprescriptibles, ne veut rien devoir à l'empire autrichien...