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Ici le roi parle de tonte la nation

2. Ce privilège a été successivement confirmé par les rois de Croatie et de Hongrie, Lonis 1er, Sigismond, Louis H, Ferdinand II, Maximilien et beaucoup d'antres La commune de Dratjaniç, en Croatie, conserve ce document précieux pour l'histoire de l'humanité.

3. Le roi ne s'adresse pas uniquement à ses Magyares ou Croates, mais à toute la chrétienté; et c'était juste, puisque tout ce que la nation croate a fait à cette époque-là pour son roi et pour elle-même, elle le fit immédiatement et directement pour toute la chrétienté.

4. • A ouo tridmphi largiuntur gloriosi... » Certes, il faudrait être ennemi juré de In irrité historique pour ne pas voir que, par cette phrase, adressée à toute la chrétienté, le roi se reconnaît redevable envers le Tout-Puissant du glorieux triomphe qu'il lui a fait remporter sur les Barbares. Béla a d'abord fui de Hongrie, pauvre, abandonné de tous; et puis, y étant rentré en triomplnteur, il remercia hautement ceux qui l'ont aidé à atteindre l'héroïque but de la délivrance nationale.

5. Considérant que chaque historien attribue les faits illustres, ou i sa nation, ou aux miracles directs, ou aux autres circoostaoces non historiques, l'auguste témoin semble prévoir l'ingratitude du monde civilisé, et il expose clairement que ce n'est qu'à la sublimité de la royauté qu'il convient de confesser la pure vérité sans aucun regard des rivalités nationales, car il ajoute expressément pour compléter sa pensée :

6. t Omnium nationum pariter et umguarum gentes » ; le roi Béla, se ressouvenant au

APPENDICE

sibi semper subjectione adtuerentes, de eorum multiludine cottgratulari et eosdem taliter providere : ut universi amplius, viventes et supervenientes, eorum felici exemplo, imitando, ad summœ fidelitatis

opéra exercenda *, arctius, frequentiusque imitentur; etea, qu.c

ex voto sincère benignitatis favorabiliter conceduntur et donantur: jus appétit, ordo expostulat, ratioque justa exquirit, ut su arum lucidarum litterarum * seriem debeant exordiii, ne lapsu temporis cala-

mitate exsurgente, ex hinc incommoda irritentur et ad memoriam

postera rum EXTRRMiTATUM perpétuant, litterarum patrocinio debeant commendari. Proinde ad universorum tam praesentium, quam futurorwn notitiam harum série volumus pervenire 3 : Quod cum humant generis sordidis sceleribus prœvalentibus multitudo in^stimabilis 4 , rabidœ gentis tartaricyE...., per climata totius Regni nostri perfusa,severrime

ulciscendo, fuisset; et nos extra monarchiam nostram 5 usque ad

littora pontus acerrime persequendo , in quandam maritimam insulam Veglœ contiguam repellendo coercuisset; de qua etiam, vi extrahere satagendo per varia naufragia, et derivativa ingénia belluina in nos et exercitum nostrum irruere 6 , et caput nostrum Regium truncare:

milieu des triomplies croates, de la terrible catastrophe essuyée au champ de ,Uohi, près Sajo, en Hongrie, et au milieu même de ne* Hoiujrois, appréciait très-magnanimement et très-frauchemeiit la valeur de la nation croate, sans laquelle c-'en eût été fait et de la Hongrie et de lui-même.

1. a Summ^ fidelitatis opéra exercenda. » Le roi apprécie à bon droit tous les services rendus par la nation croate comme le comble de la fidélité. En effet, jamais nation n'a fait pour son roi autant que la nation croate ne lit pour Béla.

2. • Ut tuarum lucidarlm litterarum. » Ni les Allemands, ni aucun autre peuple ne possèdent un état fondé sur des lettres claires et authentiques, à l'instar du peuple croate, comme le prouve ce monument historique octroyé parla reconnaissance du souverain après l'anéantissement des Tartares. Pour que ce grand événement devint incontestable dans les siècles futurs, le juste et chevaleresque Béla voulut le consacrer dans ses lettres et le rendre immortel, en disant : « Et ad memoriam tosterarlm extremitatum perpetuam litterarum patrocimo debeant commendari. •

3. Eu commençant le récit des combats terribles que les Croates eurent à soutenir contre les Tartares, Béla s'airesse de nouveau à l'humanité tout entière, parce que de leur issue dépendait le sort de la civilisation européenne.

4. S'il y avait une multitude inappréciable de Barbares, il y eut aussi avec le roi des Croates une multitude presque innombrable, scion le témoignage oculaire sus-mentionné de Thomas, archidiacre de Spalato, « utriusque sexus et xtatis vtdgtu pene innumerabile erat. »

5. L'État croate était tellement indépendant de l'État magyare que leur roi commit désigna la Croatie en ces termes : • Extra monarchiam nostram», quand il fut passé de Hongrie en Croatie.

6. L'armée nationale croate avait pris une grande extension; car le roi déclare avoir

l'inviolabilité des traités.

aut Nos, in miserabile jugum paganissimum, traducere conasset

ubi in quodam turbinoso invasionis aftlictu Circumquaque mulii-

tudine pugnatorum, gentiuin ipsorum Tartarorum obsessi, universis tam novis insultibus, — gladiis feriunt turmas nostras 2 , sagittas, lanceasque suas inebriant sanguine occisorum. Undique ut muro ob-

structo ut nec antea procedere, et nec fugere locum habere po-

teramus 3 , ubi inter nostros et ipsos Tartaros, servato intervallo nostrorum funera, plusquam ultimum capitis nostri exterminium, more Rachelis, jugulo alta ad Dominum, intensius suspiria fundebamus, kirie eleyson, et frotector noster aspice dels, gementes exclama-

bamtts *, jam elisi, et praeceps pnecipiti, terribilem necem in mo-

mento erspeciabamus de, et quasi de nube olympi, a ParacletO missi 5 ,

très inclyti viriles juvenes, kreec videlicet , kupissa necnon Raak

vocali, ut fortes athletae, cum triginta octo fortissimis pugnatorum

fratribus et consanguineis suis , a nobis non postulait, necsTiPEX-

DIARII SALARIO APPRECIATI °, Sed tanquam FIDEL1SSIMI CHRISTICOLjE

eu véritablement une armer. Les témoignages précédents éclaircissent parfaitement ce passage historique.

t. Nous verrons peu à peu se développer la grande et décisive bataille de la civilisation contre la barbarie. D'après ce passage • per mria naufragia et derivativa ingénia belluina in no* et erercitum Mostrvm irriere », il paraîtrait que les Tartares furent les agresseurs; Cela est rendu plus évident eucore par la déclaration suivante : • nbi in quodam turbinoso invasionis afflivtu... circumquaque multitudine itgnatorum... ipsorum tartarorum obssessi» . La cruelle situation de l'armée chrétienne y est aussi nettement retracée.

î. « Universis tam noms insuitibus... gladiis feriunt turmas nostras. » Les premières invasions des Tartares forent dirigées contre les îles où le roi et l'armée croate avaient pris position; mais elles échouèrent par suite de divers naufrages. • Et comme le roi, témoin oculaire, cite de nouveaux assauts où les barbares attaquèrent et frappèrent les troupes croates de leurs glaires ■ gladiis feriunt turmas nostras, • il s'ensuit évidemment que les Croates commencèrent à les combattre par terre, divisés en plusieurs troupes, afin de combattre homme contre Itomme, le fer à la main.

3. l)ans cette cruelle position, il ne restait aux Croates qu'à vaincre ou mourir.

4. Le roi a suffisamment montré dans ces passages, on il retrace la vérité, ce qu'il faut penser des fables inventées par les historiens du XIX e siècle, relativement à la brusque disparition des Tartares, qui ne reparurent plus sur la surface de l'Europe! Nous allons voir maintenant ce que l'héroïsme pur et chrétien, attesté par le roi, qui était menacé lui-même du coup mortel, a pu faire pour détruire le fléau de l'humanité.

5. Le roi croate Béla, Hongrois de nation , pourrait , à bon droit, attribuer à un miracle sa libération d'une mort certaine. Ce fut un miracle humain, en effet, puisqu'il fut accompli par les trois héros croates : Krrç, Kupisa et Rak. Mais étaient-ils vraiment des Iwros? Le roi va nous le dire : « Très inclyti viriles juvenes, ni fortes athlète cum triginta octo fortissimis pugnatorum fratribus et consanguineis suis. *

6. Entre tous les témoignages qui aient jamais été déposés en faveur d'une nation

APPENDICE

in Nostram Regiam fiduciam, illico Regio nostro laleri adhérentes

contra asperriha agmina, in pugnam 1 dictorum Tartarorum militari bracmio, viriliter 96 contulerunt pugnaturos hinc inde per

actes*, et propagulas ipsos Tartaros in ore ipsorum feritantes,

banderium nostrum Regium, in Gyro nostrorum Aulkorum trépide tenentium* ad honorem et perpetuum incrementum nostrum Regium, et totius regni NOSTiu féliciter reservantes 4 . »)

( Suivent les faits héroïques de Kreç, qui, entre autres, tue un chef des tartares sous les yeux du roi lui-m^me. Alors le roi poursuit son récit à regard de toute l'armée croate. ) « illico volente

altissimo, resumptis viribus, ad refulciendum et corroborandum

animum nostrum regium, cum universis Primatibus et aliis gentibus Nostris, acrius in opem, et nostrse Personae salubriorem remedium, iterum in ipsos Tartaros, asperrime ut imbres pluviarum irruendo 8 , et eosdem translatius ut flamen exordio voraginis, trans littos et ultra USQUE FLUVIUM KRKA ET AD BRESCA transpartius SUNT TRANSFUGATl 6 . »

ipulconque, celui du roi Béla IV, en faveur de la nation croate, est sans contredit le plus brillant et le plus décisif : • a nobis non postulati, nec stipendiahu salario appreciati, sed tanquam fidelissimi Crristicol.«... Regio nostro laleri adhœrente». » Assurémeut, cette magnanime assertion peut se passer de commentaire. Ce fut l'amour de la chrétienté qui amena les Croates à se concentrer aux bords de l'Adriatique pour y anéantir la barbarie et sauver l'occident chrétien. Tant qu'il y aura une histoire européenne, cette vérité brillera en laveur et à la gloire de la nation croate.

1. Et dès ce moment, les choses commencent à tourner d'une manière favorable aux Croates, car, à leur tour, ils vont assaillir les Barbares : « contra asperrinui atpnina iu pugnam dictorum Tartarorum... viriliter se contulerunt puynaiuras. •

2. Peu à peu cette réaction se généralise sur tous les points, car ce passage « hinc inde per acies et jrropagulas ipsos Tartaros in ore ipsorum feritantes » prouve suttisainment que les Tartares ont passé de l'offensive à la défensive.

3. « Tn Gyro nostrorum Aulicorum trépide tenentium». Ici Béla est peu flatteur pour ses compatriote, après avoir tant prodigué des éloges à la nation croate; mais la vérité lui est toujours sacrée.

4. Les Croates ont donc sauvé son honneur royal , sa bannière royale et tout son royaume. Les Magyares n'auraient jamais dû l'oublier, puisqu'il s'agissait de leur existence nationale.

5. Maintenant la déroute des Tartares va s'accomplir. La bataille recommence; toute la masse des Croates se précipite à plusieurs reprises différentes sur l'ennemi. « tlesumptis viribus », et cette lutte terrible durera plusieurs jours, a Cum universis primatibus et aliis Gentibus nostris , acrius in opem iterum in ipsos Tartaros ut imbres PLCVARii'M irruendo » , c'est-à-dire que toute la force nationale des Croates, exaltée déjà par une première victoire, veut en finir d'un seul coup avec les Barbares, et Dieu les seconde, car

6. Ne pouvant plus résister à leur choc terrible, les Barbares se divisent en diverses

l'inviolabilité des traites.

(Ce qui suit nous apprend infailliblement que la bataille fut décisive, parce que le diplôme se borne à implorer les bénédictions de Dieu en faveur des héros de cette grande journée : )

« Et nos exinde ad salubriorem processimus remedium ubi

annotait fidèles nostri Kreec, Kupissa et Raak, re verissime tanta nobi?, et Regno nostro ac sacrjE nostrjE coronje fidelissima exhibuerunt obsequia quantum caput nostrum regium pr^evalebat 1 . Quae licet prae tedio legentium misimus silentio, sed quantum totils christian.e

RELIGIONIS UNA VALUIT ZONA 2 . »

On comprend maintenant la haute portée de ce récit. Aussi, contentons-nous de faire observer une chose bien remarquable et trop peu remarquée : c'est que toutes les grandes phases de l'histoire de la nation croate, qui exercèrent une action décisive sur les destinées de l'humanité, sont attestées et mises hors de doute par les témoignages immortels des têtes couronnées: comme si la justice éternelle eût voulu elle-même les mettre à l'abri de la malveillance et sous l'égide sacrée de l'histoire. C'est ainsi que l'anéantissement du joug des Avares et du joug franco-allemand est témoigné par l'empereur romain oriental, Constantin Porphyrogenetos ; la coopération de la nation croate à l'anéantissement des Sarrasins par Louis II (le Pieux), l'empereur romain occidental; enfin l'anéantissement des Tartares par îiéla IV, roi de Hongrie et de Croatie.

Après avoir ainsi constaté la vérité historique par des documents de la plus grande authenticité, nous produirons quelques pièces pour compléter le récit de ces mémorables événements :

Imndes, mais ils sont détruits de toutes parts « et eosdem translatius... trans littis et ultra usqne flt.vium Krka etBresca transpartim sunt tratisfugali.» Ainsi les Tartares, mis en déroute, Turent poursuivis non-seulement à travers champs, mais au delà de la mer (vers l'Istrie) et en avant jusqu'aux fleuves Krrka et liresca, éloignés presque de 2S> milles du théâtre de la guerre On voit que toutes les assertions des historiens, qui prétendent que les Barbares prirent la fuite vers la Bosnie, Raguse, etc., n'ont aucune espèce de fondement; et qn'ils s'enfuirent, au contraire, du champ de Grobnik vers le Nord, battus, tués on anéantis par l'armée victorieuse et par les populations, heureuses de se débarrasser de tels ennemis.

1. Si le roi manifestait tant d'estime pour les trois héron et leurs trente-huit parents, tombés à Grobnik, en défendant la patrie et l'humanité, que devait-il penser de toute la nation?

2. Ces passages concluants valent mieux que tontes les déclamations. Ajoutons que la uation croate n'agissait pas pour elle seule : « Sed qi'antum TOTIUS CHRISTIAN JE KELIGIONIS una valnit Zona, t

APPENDICE. 201

Clarus Pasconius, Italien de nation, dans son ouvrage : Historicus Progressas Mariant Triumphi et Frangepanœ prosapiœ. — Venitiis, 1744, p. 85, cite un privilège (mentionné aussi par Lucius, De Reg. Daim, et Croatiœ, lib. IV, cap. vin,) concédé par Bêla IV, roi de Croatie, à la famille des comtes de Veglia, Frankopans, et dont voici le sens général :

« Nicolaus II Frangepanis Cornes Veglia?, Segniœ et Modrusside

CONGREGATO 30,000 SELECTORUM BELLATORUM AGMINE IN CAMPO

grobnicensi Tataros profligarunt, et Belam IV Hungarorum Regem in sua Regia restituerunt, iis ferme omnibus assis victorioso certa-

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