TROISIÈME PARTIE
Chapitre II. Page 460. Note S. Voici plusieurs récits dans lesquels Fessier prouve la coopération active des Croates pour soutenir leur dynastie régnante de la famille de Hapsbourg-Lorraine. Le passage du Rhin est ainsi reproduit :
a Allen vorsueilen strebten 4300 Panduren unter Trenks Befehl. Mehr als 160 Schiffe zu Briicken verbunden, mit 8 Feldstiicken besetzt... Die Panduren drjsngtrn sich vor; der Vorsug wird ihnen gelassen. Das jenseitige Ufer hatten 5400 feindliche Dragoner... besetzt; einige Landenden werden von ihnen ausgehalten, aber die schreckliche
Gewalt der landenden Panduren und ihr wildes Gbschrei : « Alla ï Alla! » vertreibt sie aus ihrer Linie; drei ihrer Schreckschanzen werden ubcrwœltigt. Haufenweise fiihren die belobten Feldherren... Carlstddter, Warasdiner, Talpaçen, wildes, Gefahren trotzendes, den Ton vERAcnTENDES Voi.k zur Verstœrkung der Panduren nach;...
das kUhne Volk ist Meister derselben und daran stossender Wal-
dung. » îbid., p. 119, B, X.
Voilà, en quelques mots, le passage du Mein, selon le même Fessier :
« Am Dienstage beordneten sie 3000 Croaten... uber den Main... Darauf setzten sie tiber den Strom, ihre Ankunftdurch ihr gbwaltiges Siegesgeschrei : a Udri ! Udri ! » ankiindigend. Die feindlichen Posten wurden theils versprengt, theils niedergehauen. » lbid., page 120.
Le docteur Fessier ajoute que le peuple croate se leva en masse après l'insurrection de la noblesse :
« Dazu kamen hundert- und tausendweise... Croaten, Likansr, Morlachen und Dalmater, auch die slavonischen ILeuberbanden, Pandu- «ren genannt, mit ihrem Obersten Franz von der Trenck an der Spitze, lauter leicht bewaffnetes, schnell reitendes Volk, geschickt, uberall wo sie einritten, Schreck und Entsetzen zu erwecken.... » Ibid., I. c. p. 102, X. Th.
La deuxième campagne allait s'ouvrir contre la Bavière, lorsque les Croates répondirent avec le même enthousiasme à l'appel de leur roi Marie-Thérèse. Car
« und in kurzer Zeit... waren auch 13,000 Croaten auf dem
Marsche. » Ibid., 1. c, p. 105.
Dès le début de la terrible guerre de sept ans, les Croates remplirent également toutes leurs obligations envers la dynastie régnante, d'après le témoignage de Fessier :
« Aile im Lande noch iibrigen kœniglichen Husaren... Broder und Likaner sollien su Pferde ziehen , und die in Slawonien hausenden Harum-Pasïïen aufgefordert werden , mit ihren wackern Panduren, Scharfschiitsen und Arnauten (*) auszurucken. Dièse eiligst zu sammelnden und auszurustenden aus... Croatien und Slawonien wurden auf 60,000. M. berechnet. » Ibid., 1. c, p. 116.
Les Croates participèrent à la prise de Vilshofen : a ViUhofen war besturmt, die Vorstadt angeztindet, die Croaten sturtzten mitten
APPENDICE
ddrgh die Flammki* in die Strassen, machten nieder Alt und Jung, selbst Broune mit dem Degen in der Faust konnte die Mordbegierde der WiUhenden nicht bdndigen. % Ibid., p. 435.
Déplus, outre ses levées ordinaires, la maison d'Autriche recrutait largement parmi le peuple croate pour soutenir sa cause :
« Acssbr diesen (le contingent et l'insurrection) machte des Prinzen Joseph von Hildburgshausen Betriebsamkeit 40,000 Croaien marschfertig. » Ibid., p. 427.
Enfin, quant à la bravoure militaire des Croates, voici ce qu'en pense Fessier :
« die Croaten hatten bbsondere Tapperkeit bewiesen... die
Preussen musten das Schlachtpeld den Ungarn iiberlassen (à cause de cette bravoure expliquée) und mit Verlust... zuriickkehren. » /&W.,p. 128.
POSSESSIONS TERRITORIALES PRIMITIVES, NATURELLES ET EXCLUSIVES DE L'ÉTAT CROATE.
« Qood tibi non vis fieri, alteri ne feeeris!
La moralité internationale se manifeste ordinairement par le respect mutuel de la propriété en général, et spécialement de la propriété territoriale des peuples et des Etats ; ce qui exclut toute idée d'occupation , c'est-à-dire d'envahissement. En effet, l'une a pour base la reconnaissance du tien et du mien, et l'autre la violence ou mieux la rapine internationale.
De même que les particuliers font reposer leurs propriétés sur le titre ou le mode légal et primitif, de même aussi les personnes morales, c'est-à-dire les natiotis et les États, doivent faire reposer leurs droits de propriété sur un juste et légitime titre ou mode d'acquisition primitive et naturelle, pour qu'ils puissent compter sur une possession incontestable et repousser chaque tentative ou violence dirigée contre elle, en s'appuyant sur la moralité internationale et sur l'opinion publique qui rejette la violence et les rapines internationales , qui n'admet et qui ne prête son appui qu'au juste et à l'honnête.
Or, puisque les droits de propriété internationale ne se prescrivent jamais , il s'ensuit que ces droits blessés peuvent être réclamés à chaque époque, et contre qui que ce soit, tant que la nation lésée dans ces droits exftte physiquement. Mais encore faut-il, pour qu'elle puisse compter sur l'appui de la moralité internationale, qu'elle soit en état d'exposer devant l'opinion publique ses droits incontestables sur l'objet dérobé, en s'autorisant du mode légitime de l'acquisition primitive,
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qui exclut tout prétendant sous quelque titre qu'il se présente. D'une part , l'attachement des sociétés civiles à leur propriété territoriale est tellement inné et fondé dans leur esprit public, qu'elles aiment mieux disparaître de la surface de leurs propriétés violées ou contestées , que de s'en laisser priver par la violence internationale. D'autre part, la moraUté internationale est tellement enracinée dans l'opinion publique qu'il n'existe point une seule nation ou État qui osât publiquement menacer la propriété territoriale d'autrui, en luttant à côté ou en faveur d'un envahisseur dont le but serait parfaitement reconnu ou avéré.
Les guerres qui ont lieu actuellement en Europe ne sont-elles pas entreprises dans le but d'affranchir et de rendre à chaque société civile son bien propre, dans toute l'acception incontestable du mot? Le nier serait impossible, car ce serait nier la guerre elle-même qui , loin de porter atteinte aux nationalités, prétend les rendre à leur propre existence.
Pour les particuliers, il y a un contrat ou des preuves servant à constater leur propriété contestée; pour les sociétés civiles, il y a l'histoire et les historiens : l'histoire, c'est-à-dire un contrat de l'humanité; les historiens, c'est-à-dire des témoins qui exposent le titre et le mode de la primitive acquisition des propriétés territoriales. Mais, comme les historiens peuvent devenir faux témoins, il y a un juge incorruptible qui est appelé à décider et à prononcer sur la validité de leurs témoignages, à rétablir le grand contrat de l'humanité, l'histoire dans toute sa clarté; et ce juge incorruptible, c'est la raison dont la critique sert de tribunal. Ainsi , la justice du titre et du mode historique de la première acquisition, décide seule péremptoirement au sujet des propriétés territoriales des
La nation croate n'ayant jamais été partagée politiquement ounationalement, elle n'était, comme nous venons de le voir, que blessée dans ses droits de propriété par la paix illégale de Sistov, en 1791, et par les traités non moins illégaux de Vienne de 1845, qui consacrent le vol, le parjure et la violence de l'Autriche.
Que l'Autriche ait agi ainsi que nous l'avons montré au point de vue politique, à l'avenir personne ne saurait le contester; mais qu'elle ait agi contre l'histoire en concluant illégalement la paix de Sistov, en arrachant les territoires croates du corps de la nation croate et en les incorporant aux provinces allemandes et par celles-ci à la
l'inviolabilité des traités
Confédération germanique , c'est ce qu'il nous importe de prouver d'une manière incontestable.
D'après le court aperçu historique que nous avons donné, dans la première partie de cet écrit, sur Yorigine et Yapparition de la nation croate au Sud de l'Europe, on a pu se convaincre déjà que cet événement eut lieu au milieu de Y ère des migrations. L'idée des migrations des peuples exclut elle-même toute stabilité de propriétés territoriales. Ce n'est donc que la force des armes, c'est-à-dire la valeur et l'héroïsme des peuples qui donnaient alors un titre légitime à la possession, et un mode admissible à l'acquisition des propriétés territoriales.
L'instinct de conservation et l'inclination vers le bien-être matériel poussaient les peuples vers la fin de l'ère des migrations ou à se fixer dans leurs possessions, en risquant même leur existence physique et nationale, ou à se conquérir une nouvelle patrie pour y être d l'abri de tous les malheurs qui pouvaient menacer les sociétés civiles dans ces horribles circonstances de l'humanité. Car un peuple détruisait un autre peuple, ou le subjuguait, ou le chassait du territoire qu'il occupait, afin de s'y fixer lui-même, avant que l'ère des migrations eût cessé. Les Magyares, au ix* siècle, furent les derniers d'entre les peuples qui purent s'appuyer sur les principes des migrations, relativement à Y acquisition juste des propriétés territoriales.
Le mode d'acquisition primitive, naturelle, juste et incontestable des possessions actuelles des Croates a donc été, aux vi e et vu* siècles, la force des armes; et le titre de propriété, la valeur et Yhéroïsme national.
En effet, les Avares, en anéantissant ou chassant les Romains de toute la Dalmatie (à la fin du vi* siècle et au commencement du vu') avaient pris justement et naturellement en propriété toutes leurs anciennes possessions... a quo tempore Abares armis inde Romanos eiecerant... Abares itaque pulcherrimam hanc esse terraro videntes, sedes illic posuerunt... 1 »
Comme les Romains désespéraient de pouvoir jamais affranchir leurs établissements de la domination des Avares, et qu'ils aimaient mieux avoir dans leur voisinage les ennemis les plus cruels de ces barbares que ces barbares eux-mêmes , ils invoquèrent le secours des Croates