De Adm. Imp., c. xxx
i. Apnd Stritteram Servica in Const. Porphyr., c. xxxn.
264 l'inviolabilité des traités.
duite de cinq frères et deux sœurs, « una cum descendmtibus ab ipsis, » et que, toujours selon Const. Porphyrog., l'unique autorité compétente, les Serbes émigrèrent sous la conduite de deux frères, en Thessalio, on conviendra qu'ils étaient dans une minorité de deux contre sept; et que les Croates ont dû aussi occuper une plus grande étendue lerritoriale que les Serbes. Aussi, le savant historien russe Hilferding, qui a étudié avec impartialité le rôle historique et politique des Croates, jusqu'au x # siècle, prouve-t-il dans son écrit historique sur les Bulgares et les Serbes (page 216), qu'ils eurent constamment, non-seulement la prépondérance dans le sud de l'Europe, mais aussi une action supérieure : ce qui n'aurait pas pu avoir lieu s'ils n'eussent pas été numériquement et matériellement plus forts, plus puissants que les Serbes, qu'ils empêchèrent d'être anéantis par les Bulgares.
43° Biais l'argument le plus décisif est sans doute l'état des frontières des possessions assignées aux Serbes sur la propriété croate , par Héraclius. Outre l'incontestable vérité que toutes ces possessions étaient situées exclusivement au sud de la Bosnie, appelée de nos jours Sandzak Novi-Pazar, au' sud de V Herzégovine jusqu'à la Buna et la Narenta , ainsi que le Monténégro, les Serbes n'ont acquis et ils n'ont pu acquérir un pouce du territoire croate illyrien dit Bosna, celui-ci étant positivement possédé par les Croates , tandis que Const. Porphyrog. dit expressément que les Serbes ont acquis des contrées dépeuplées. Nous trouvons une autre preuve irrécusable dans la désignation des frontières de la Serbie, par C. Porphyrogénôte, qui dit :
« Servia autem in fronte (vers le sud-ouest) habet caeteras omnes regiones; ad septentrionem quidem Chrobatiœ propinqua est. » Le savant Shafarik, voulant revendiquer injustement, en faveur des Serbes, la Bosnie, qui se trouve entre le Verbas et Drina, cherche cette Croatie au delà de la Save] et il dit que la Croatie située entre le Danube, la Save et la Drave 1 , était cette même Croatie « ad septentrionem Serbliae. » De cette manière, on pourrait enlever à chaque nation des morceaux de territoire à plaisir, et agrandir ses propres frontières à volonté.
M. Shafarik oublie ou feint d'ignorer deux circonstances, savoir: 1° que la Chrobatia dont parle Const. Porphyrog., est la Croatie dalma-
i. Le Sirmium et YEsclavonic de nos jours improprement dits.
APPENDICE. Î65
tienne et non la Croatie illyrienne ou pannonienne dont il n'a jamais fait mention qu'en ces lermes : « At a Chrobatis qui in Dalmatiam vénérant pars quaedam secessit... » Et nous démontrons que Const. Porphyrog. parle de la Croatie dalmatienne et non p3S itlyrienne dans celle qu'il consacre aux frontières serbes de toutes les provinces :
« Diocleœ (une possession serbe, selon Const. Porphyrog.) montana Service finitima sunt ; Terbuniœ principatus versus montana Serviae adjacet; Zachlumorum principatus montana, quœ adseplentrionem, Chrobatis, quœ in fronte Service contermina sunt. Servia autem in fronte habet esteras omnes regiones : ad septentrionem quidera Chrobatiae propinqua est. . . »
On le voit, il est impossible de prétendre raisonnablement que Const. Porphyr. parle ni des Croates d'outre-Save, dont il ne s'est jamais occupé, tandis qu'il s'occupe toujours, et notamment dans cet endroit, des Croates dal ma tiens, les seuls qu'il ait pu connaître.
2° En traçant les frontières de la Croatie dalmatienne, C. Porpb. dit implicitement que par ce mot Chrobatia, il faut entendre la Croatie dalmatienne, car il dit : « Chrobatia versus Tzentzena et Chlebena ' Service regionem attingit. » Et comme il est notoire que la Zsupanie de Pljeva touchait au nord des Zsupanies Hlebena et Tzentzena, évidemment ta Serbie devait être au sud de la Croatie daïmat. et celle-ci au nord de la Serbie.
M° Les écrivains grecs» relatent que les Croates devinrent limitrophes avec les Bulgares « iisque contermina Chrobatorum gens n lorsque ceux-ci se furent emparés de \* Serbie actuelle. Or, ces Croates ne pouvaient être que les possesseurs de la Croatie illyrienne (Bosnie) tout le long de la Drina , et les nombreuses luttes des Croates avec les Bulgares, pour sauver les Sei'bes, constatent cette vérité historique.
Quant aux propriétés croates en Herzégovine , improprement appelée de la sorte, puisque la plus grande partie de ses habitants étaient Croates dalmatiens , chrétiens et bien connus de Porphyrogénète, qui en énuméra les Zsupanies croates, nommément : Hlebena, Tzentzena et Imota, elles s'étendaient au sud vers la Serbie et vers les fleuves la Narenta et la Buna. Les Croates païens, qui s'étendaient tout le long de l'Adriatique jusqu'en Albanie, étaient moins connus de l'empereur ; il
1. Deux anciennes zsupanies croates sitnées dans la Croatie turque méridionale, improprement dite Herzégovine, laquelle est circonscrite par les environs dn Monténégro.