‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 97 sur 101 · Shafarik, t. c, p · texte numérisé non relu

Shafarik, t. c, p

APPENDICE

ce que leur faiblesse ne pouvait repousser de la part des Allemands dont les forces étaient supérieures. Ils savent que la Bavière Y Autriche, la Styrie supérieure, autrefois leurs possessions nationales, ne sont aujourd'hui que des noms des montagnes, de contrées, de villes, etc., qui témoignent de leur ancienne présence dans ces pays. Ils savent que Vêlement allemand a déjà dépassé les Alpes noriques; qu'il a envahi la Carinthie et qu'il commence même à les repousser peu à peu de cette dernière et incontestable propriété; ils savent enfin que, séparés de leurs frères Croates, tout leur passé, tout leur avenir, n'est et ne sera qu'une honte éternelle, un esclavage sans fin.

Que si l'on considère, au contraire, l'avenir qui va se former en faveur des nationalités affranchies, en voyant leurs belles qualités nationales, les d jns précieux que la nature leur a départis, car ils sont intelligents, éminemment honnêtes, moraux et travailleurs; certes, on doit croire qu'ils se ressouviendront de leur origne, qu'ils sont Croates, enfants de la mère-patrie pannonienne du Nord, qu'ils ont, eux aussi, formé les phalanges terribles sous Ljudevit le Grand, au ix* siècle, pour briser le joug des Allemands ; et l'on peut prédire que l'avenir est à eux, dans la communion et la réunion de la totalité de la nationalité croate. Us le prévoient déjà, et c'est pour cela justement que dans la Carinthie, contrée la plus éloignée du centre de la nation croate, comme au ix* siècle, on reconnaît également à l'heure qu'il est, que la population appartient à l'ensemble de la nation croate. Ce sont les fils de Triglav qui veulent être par l'état civil, ce qu'ils sont par l'histoire, et voilà pourquoi l'Autriche cherche tant à la leur faire ignorer.

Mais ses machinations obscurantistes et religieuses ont échoué d'une manière honteuse. Car elle emploie même le nom sacré de religion, dans le but infâme de diviser la nationalité croate. Combien de missions n'ont-elles pas été entreprises au sein des populations croates ortAodoxes, pour les détourner de leur nationalité croate, et leur imprimer • le caractère des Serbes? Mais toutes ont échoué.

11 n'y a que les traîtres et les renégats nationaux qui soient prêts à changer de patrie pour des motifs religieux. D'ailleurs, l'histoire nous apprend que sous le règne du prince Sedeslav, toute la nation croate a quitté le culte romain pour suivre le rit orthodoxe; et si ce changement de religion n'eût pas consacré une honte monstrueuse, en d'autres termes, s'il n'eût pas été accompagné de l'esclavage politique et na-

l'inviolabilité des traités.

tional, les Croates auraient conservé le rit grec, comme l'ont fait les habitants des contrées situées vers l'Orient, c'est-à-dire ceux de la Bosnie et de la Croatie turque actuelle, sans devenir par là Serbes le moins du monde.

Sept ans après cette révolution religieuse (885-7), qui consacrait un asservissement politique à l'empire romain, les Croates, dirigés par le prince Branimir le Fort, s'affranchirent du joug grec oriental et reprirent, en partie, leur ancienne foi , selon le rit romain occidental.

Certes, les religions peuvent changer, mais jamais les nationalités, tant qu'elles conservent ce qui les caractérise, savoir : la langue maternelle, et leur glorieuse histoire. Mais , grâce au Ciel et au bon gens de la nation, les fanatiques religieux ou incapables de penser peuvent seuls être recrutés par l'Autriche, qui s'en sert à la honte de la raison et de la civilisation; car abuser de la religion pour de pareilles tentatives, c'est souiller la divinité. Elle s'en vengera tôt ou tard impitoyablement; l'expiation humaine est un de ces arrêts divins qui ne manquent jamais de s'accomplir.

Il est temps d'en finir. Nous sommes loin d'avoir signalé cependant tous les moyens méprisables que l'Autriche emploie pour diviser et dénationaliser la Croatie; beaucoup d'autres devraient être stygmatisés, ne serait-ce que la haute hiérarchie catholique d'Agram , qui sert à la germaniser, en attendant qu'on puisse l'anéantir. Mais le terrible principe autrichien : Divide et vinces, commence à tourner contre elle-même; il est impossible que quelques âmes viles parviennent à égarer le bon sens de plusieurs millions d'honnêtes gens ; il est impossible que les traîtres fassent des prosélytes , il est surtout impossible que la tombe creusée depuis si longtemps par l'Autriche à une nationalité magnanime, ne devienne pas la sienne propre. Et ce sera un beau jour pour le monde civilisé que le jour où les peuples courbés sous le joug de la maison de Hapsbourg-Lorraine pourront s'écrier : FliNIS austrle!!!

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