‹ La croisade des damesChapitre 14 sur 38 · LES CHEVALIERS · texte numérisé non relu

LES CHEVALIERS

Cachons ma faiblesse;

Malgré ma promesse,

A peine mon cœur Résiste à sa tendresse.

Hélas! quel malheur!

11 faut qu’il ignore

Combien je l’adore, Combien je l’aime encore.

FRÉDÉRIC et LE BARON, aux hommes; LA BARONNE et SUZANNE, aux dames.

Allons, du cœur !

Sans hésiter,

A leur ardeur

I1 faut résister.

Tenez bon,

Et garde à vous, Ou sinon

C’est fait de nous.

LES CHEVALIERS, faisant mine de partir.

Que la coupe du festin Jusqu’aux bords s’emplisse !

Que des tonnes le vieux vin À grands flots jaillisse!

Sans regrets, renonçons à l’amour ; Qu’à sa voix notre cœur reste sourd ! Pour nous la gloire a plus d’appas.

Vive l'ivresse des combats!

Eh quoi! pas un mot!

Pas même un regard!

Vraiment, c’en est trop;

Quel manque d’égard !

Voyez! les traîtres, ils s’en vont!

Vit-on jamais pareil affront?

(Sortie des chevaliers. Les dames les suivent des yeux en donnani tous les signes d’une grande surprise et sortent aussi sur un geste de la baronne.)

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