SCÈNE II
Les MÊMES, FRÏGK*.
FuiCK, accourant du fond à droite par la colline. Les voilà !.. les voilà ! tiens vous êtes ici mam'selle Claire... de si bonne heure et si loin de chez vous?., ah! je suis surpris !.. ah ! je suis charme ! ah ! je suis heureux!.,
CLAIRE
Vous êtes... vous êtes bote... mon pauvre
Frick.
BERTHE
Du moinstrès impatientant... vous accourez en nous criant : les voilà... et nous ne savons pas
de qui vous parlez.
FRICK
Pari)lcuî c'est d'eux-mêmes... de nos braves chasseurs du Tyrol.
BERTHE, remontant vers la colline.
Il serait possible !
* Fiicli, Clnirc, Bcrthe.
FRICK
Mais, oui; ils arrivent.
BERTHE, revenant et mettant la main sur son cœur*.
Ah! mon pauvre cœur... comme il saute!..
FRICK
Attendez donc, quand je dis qu'ils arrivent... ils se sont arrêtés au fond de la vallée pour se faire beaux avant d'entrer dans la ville. BERTHE, vivement à Frick.
Ainsi il est toujours bien portant... il vous a dit qu'il m'avait été bien fidèle, n'est-ce pas ?... vous lui avez dit queje l'aimais encore plus qu'autrefois.
FRICK
Mais, non, nous n'avons pas dit un mot de cela. Puisque je ne lui ai pas parlé.
BERTHE
Mon Dieu!., est-ce que vous l'auriez pas vu?
FRICK
Si fait... très bien... nous nous sommes môme donné une poignée demain... de loin, par exemple... attendu que les sentinelles empêchent d'approcher du régiment pendant qu'il se pomponne... c'est d'autant plus poli de la part de ces braves chasseurs qu'ils s'en vont demain au point du jour.
BERTHE
Les autres, c'est possible; mais moi je garde mon mari... le capitaine en me prenant Kalt pour trois ans s'est engagé sur sa parole d'honneur à me le rendre à l'époque convenue; elle estarrivée, et je l'aurai quand je devrais aller le réclamer au général qui loge là en face depuis trois jours. (Elle remonte"*.)
FRICK
Le baron deReisbach?.. je le connais... un fameux militaire... très vif, par exemple... à cheval sur la discipline... en ma qualité de soldat de la garde urbaine, nous avons causé ensemble... j'ai même eu des discussions avec sa canne. (// remonte.)
BERTHE
Oh!., mais moi, je ne le crains pas... et toi, Claire ^**?
CLAIRE , qui était rêveuse.
Tu dis, Berthe? .
BERTHE
Comment, ça te reprend encore?... Ah! ça qu'as-tu donc ce matin?
CLAIRE
Moi?., rien, je songeais.
FRICK
A quoi?
* Frick, Berthe, Claire.
*• Berthe, Frick, Claire.
*'* Berthe, Claire, Frick.