‹ La Croissance du Crâne Chez le MoutonChapitre 22 sur 33 · RATES · texte numérisé non relu

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Les os du crâne, développés directement dans le tissu conjonc-

tif ou précédés d'un modèle cartilagineux, apparaissent tout

Ve:

d'abord sous forme de plages osseuses limitées, constituant les points ou centres d’ossilication.

En règle générale, chaque pièce osseuse définitive provient de la fusion, par extension, de plusieurs centres d’ossification que l'on divise suivant leur importance et leur ordre d'apparition en points principaux et en points secondaires.

Chez le Mouton, où le développement est plus rapide que chez l'Homme, c’est d’une façon précoce que s’opèrent ces fusions. Il résulte de ces faits que, dans une même pièce osseuse, pour une espèce donnée, le nombre des centres d’ossification, encore individualisés et distincts, est variable suivant les moments considérés du développement, d'où les divergences possibles dans les descriptions.

La multiplicité des points d’ossification dans une même pièce osseuse, n’a pas, dans tous les cas, les mêmes conséquences pour la marche générale de l’accroissement de la cavité cranienne.

Par exemple, il est bien certain, à ce point de vue, que l'existence d’un cartilage de conjugaison à croissance bipolaire, séparant le corps du basi-sphénoïde de celui du basi-occipital, a une importance capitale dans l'accroissement du diamètre antéro-postérieur de la base du crâne.

Par contre, il est pratiquement indifférent que l’ébauche osseuse du pré-sphénoïde résulte de la fusion précoce sur la ligne médiane de deux centres latéraux ou qu'elle procède d'un point médian unique, étendu ensuite sur les côtés.

Néanmoins, tout en m'’abstenant volontairement de poursuivre au cours de ce travail des recherches systématiques sur l'origine, l’évolution et la signification des points principaux et secondaires, J'en ai fait, avec autant de précision que je l'ai pu, une étude sommaire, destinée à appuyer sur des faits objectifs la description qui va suivre. Dans l’ensemble, d’ailleurs, ce que j'ai observé, concorde avec les données générales classiquement admises.

a) FRONTAL. — Chacune des moitiés du frontal définitif se constitue aux dépens d'un centre d'ossification principal qui

Fic. 23. — Fœtus de Mouton de 15 centimèlres. Formol à 5 pour 100, Hématéineéosine. Gr. : 6,9 D.

Coupe sagittale juxta-médiane de l’écaille frontale intéressant la paroi interne du lobe olfactif du côté correspondant et montrant l'imbrication des travées osseuses successives au voisinage du bord sagittal de l'os.

apparaît de part et d'autre de la ligne médiane dans la région du rebord orbitaire et qui s'étend en arrière et sur les côtés. Au stade de 30 millimètres, les deux centres sont déjà bien apparents; il persiste, entre eux, néanmoins, surtout dans la région postérieure et antérieure, un espace libre très appréciable.

Aux stades de 8, 9 et 10 centimètres, les bords internes des deux centres sont seulement séparés, sur la majeure partie de leur étendue, par une mince suture fibreuse au niveau de laquelle les deux bords des os continuent à s’accroitre par apposition.

Les sujets de cinq semaines, qui marquent le terme de notre série, possèdent encore une suture interfrontale fertile.

Je néglige l'étude des points secondaires classiquement décrits : point de l’épine nasale, de l’apophyse orbitaire interne et de l’apophyse orbitaire externe. Leur existence est, en effet, fugace et dès le stade de 8 centimètres ces points sont fusionnés

avec le centre principal.

La facon dont se fait la croissance de l’écaille frontale au niveau du bord interne et du bord postérieur mérite d’être étudiée avec quelques détails. Elle nous a paru présenter quelques particularités intéressantes qui sont liées probablement à des conditions mécaniques spéciales développées plus loin.

Les travées osseuses nouvelles, déposées au niveau de ces bords, ue se placent pas, en effet, directement dans le prolongement des travées anciennes ; il se forme une série d'écailles osseuses qui s’imbriquent à la manière des tuiles d’un toit, les plus anciennes recouvrant en partie les plus récentes ({g.2%, fig. 24, fig. 25).

b) PartÉTAL. — Dans les limites de la série que j'ai observée, il ne m'a pas paru qu'il existe au niveau du pariétal du Mouton plus d’un centre d’ossification; il nait un peu plus tardivement que le centre principal du frontal; on ne peut guère le surprendre que vers le stade de 45 millimètres, alors que ce dernier os a acquis déjà un développement notable.

Formé dans la région qui correspond à la future bosse pariétale, ce centre s'étend radiairement :

En haut et en dedans, vers la ligne médiane pour rejoindre

Pic. 24. — Fœtus de Mouton de 20 centimètres. Formol à 5 pour 100, Hématéine-

éosine. Gr. : 6,9 D.

Coupe sagittale para-médiane de l’écaille frontale passant par la partie moyenne du lobe olfactif du côté correspondant et montrant sous une autre forme le phé-

nomène de la superposition en tuiles de toit des travées.

le pariétal du côté opposé, dont il demeure séparé par une suture sagittale au niveau de laquelle se fera, pendant toute la croissance, l'extension des bords supéro-internes des deux os.

En avant : par son bord antérieur, le pariétal ne tarde pas à rejoindre le bord postérieur de l’écaille frontale correspondante ; une suture fibreuse transversale dans la région de la voûte, infléchie en avant et en bas sur les faces latérales du crâne, assure la croissance du frontal vers l'arrière et du pariétal vers

l'avant.

En bas : la poussée osseuse dans cette direction donne naïis-

F1G. 25. — Mème provenance que la figure 24. Gr. : 25 D. Fragment de la coupe totale représentée à la figure 24, elle montre la stratication des travées à un plus fort grossissement.

sance à la portion verticale de l'os, laquelle limite directement, comme on l’a vu, la cavité cranienne, en venant doubler la face interne du squamosal el d’une partie de l’ali-sphénoïde (#g. 17, fig. 75).

En arrière : par son bord postérieur, le pariétal viendra se joindre sur le crâne achevé avec le bord correspondant de l'écaille occipitale, par l'intermédiaire d’une suture à direction transversale.

Sur la ligne médiane sagittale de la voûte, dans la région où

s'affrontent respectivement les deux angles antérieurs et supérieurs des pariétaux et les deux angles postérieurs et supérieurs

S = ÿ g Le) a

DINGER.

Formol à 5 pour 100. Hématéine-éosine. Gr. :

Dessiné par projeclion à l’appareil d’I

Coupe sagittale juxla-médiane du crâne. Mèmes remarques que pour la figure 22.

— Fœtlus de Mouton de 15 centimètres.

Fr.

des frontaux, il existe un vaste espace quadrangulaire allongé occupé seulement par du tissu membraneux ; c’est la fontanelle

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