‹ La Croissance du Crâne Chez le MoutonChapitre 26 sur 33 · LEE À · texte numérisé non relu

LEE À

verticale sépare les deux ex-occipitaux, fournit à chacun d’eux de l’os enchondral et participe à Trou occipiral l'accroissement du dia- Fic. 69. — Crâne d’un Agneau de trois semai-

= nes. Vu du segment postérieur d'une coupe mètre transversal du trou vertico-frontale du crâne, passant en avant

CAO : du trou occipital et indiquant la constitution occipital. Le cartilage de la paroi cranienne dans la région occipi-

supérieur q ui jo ue le tale. Grandeur nature. — On voit en narti- ; culier l’union des ex-occipitaux entre eux par

rôle de cartilage de conju- un cartilage de conjugaison sagittal, et avec É : le supra-occipital par un cartilage de conjugaison fertile sur ses deux gaison oblique, branché de chaque côté sur È le premier. — Remarquer aussi l'union de

faces entre le supräa-OcCcCi- chacun des ex-occipitaux avec le basi-occi- L ARE pital par un cartilage de conjugaison horipilal et les ex-oCcCcipitaux, zontal, oblique en avant et en-dedans. Sur

. ce crâne le supra-occipital et l’interpariétal allonge ces os dans le sens sont complètement soudés.

vertical. Cet accroisse-

ment combiné à la croissance propre de l'interpariétal, encore distinct, augmente donc la hauteur de la cavité cranienne dans la région postérieure (fig. 09).

20 La croûte périchondrale ou, si l’on veut, la lamelle d'os périostique interne, reste toujours faible; en certains points, elle est inexistante, tandis que de fortes lames d'os périostique recouvrent la face externe. Donc, l'accroissement en épaisseur

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de l'os se fait exclusivement par apposition externe (fig. 51 et fig. 2).

3% Les deux lames interne et externe de la croûte osseuse périchondrale, se rejoignant précocement au niveau du bord libre du toit postérieur cartilagineux, le supra-occipital ne s’accroit plus de ce côté que par apposition d'os périostique. Une notable partie de la portion supra-occipitale de l'écaille définitive est donc simplement constituée par de l'os périostique (fig. 30).

4 Il existe une érosion interne intense, telle que la faible couche d'os périostique interne disparait peu après sa formation. L’érosion atteint la couche d’os enchondral dont il ne subsiste que la partie immédiatement adjacente au cartilage. De sorte que l’os définitif est presque entièrement constitué par les lames d'os périostique externe. Ce phénomène est de plus en plus accusé au fur et à mesure qu'on avance dans le développement. ;

La soudure du supra-occipital avec l’interpariétal est précoce, elle est achevée peu de temps après à la naissance. La soudure du supra-occipital et des ex-occipitaux est beaucoup plus tardive, le cartilage de conjugaison persiste longtemps après la naissance.

Enfin le phénomène de résorption interne combiné à l’apposition externe joue un grand rôle de modelage pour approfondir la fosse cérébelleuse. Ce sont là des détails.

ej Ex-occiriTAL. — Il est difficile, après ce que nous venons de dire, de séparer les ex-occipitaux de l'étude des os de la voüte.

Nous venons de voir commentils s’accroissentet comment ils agissent par leurs extrémités supérieures.

Au niveau de son extrémité inférieure, chaque ex-occipital est uni au basi-occipital par un cartilage de conjugaison à direction oblique en avant et en dehors. Ce cartilage, à croissance bipolaire, intervient par une de ses faces dans l'élargissement du basi-occipital, comme nous le montrerons plus loin. Par la face opposée, il fournit de l'os à l'ex-occipital qu'il allonge à cette extrémité. De plus, l’ex-occipital présente une courbure très

Abe

appréciable ; il faut nécessairement que cet os se décourbe au cours du développement.

Cette décourbure résulte d’un processus d'érosion dont la topographie a été déjà précisée. Il suffit de rappeler ici qu’elle porte sur toute la périphérie de l’os enchondral qui avoisine les lignes d’érosion par lesquelles l’ossification progresse. Cc ravalement régulier du modèle aux diverses époques de la croissance, permet aisément de saisir le mécanisme de la décourbure, et de voir comment, dans le cas particulier, le résultat définitif est une augmentation du diamètre transversal et du diamètre antéro-postérieur de la cavité cranienne à ce niveau.

Le résultat de tous ces mouvements de croissance est, en résumé, l'agrandissement de la cavité cranienne par le déplacement vertical et latéral et antéro-postérieur du centre de figure des os de la voûte, cependant que chaque suture fournit à chaque os la quantité de matière utile qui comble au fur et à mesure l’hiatus qui se forme.

Les os s'adaptent à leur courbure et à leur forme nouvelle par des processus de résorption et d’apposition généraux ou locaux. Ces procédés, toujours simples dans les premiers stades du développement, se compliquent ensuite ou s'enchevêtrent, soit dans un but d'adaptation de l'os à sa forme générale, soit dans un but de modelage local. Un double procédé a été constaté : 10 Erosion périphérique interne totale avec apposition externe sur toute la surface de l'os et apposition interne plus discrète sur la face endocranienne ; 2° Apposition interne centrale avec résorption externe centrale et érosion interne périphérique partielle avec apposition externe périphérique.

Mais les os de la voûte sont liés aux os de la base et celle-ci représente un facteur important dans l'accroissement de la cavité.

II, Croissance de la base.

Il n’est pas utile d’entrer dans l'étude de tous les détails de

la base chez le Mouton. On connaît les différents points d’ossification pour chaque os, leur extension propre et les points

be

secondaires ne peuvent que compléter ou perfectionner le processus dû aux points primitifs. Cette étude portera donc sur les grandes lignes, en y rattachant les faits secondaires dans la mesure où ils sont utiles pour la compréhension du phénomène général.

Les os qui limitent du côté de la base la cavité cranienne sont tous d’origine cartilagineuse. Ils se développent donc sur le type des os longs ou plats précédés d’un modèle cartilagineux. Mais ils ont ceci de particulier que le modèle primitif est d’une seule venue:

Les points d’ossilication apparaissent dans cette masse cartilagineuse et la transforment en os enchondral.

Mais certaines parties ne s’ossifient que tardivement (ethmoïde et capsule nasale) ou ne s'ossifient pas du tout et disparaissent par chondrolyse (commissure orbito-pariétale et lame pariétale dans la région de l'os pariétal). Enfin la capsule auditive conslitue une masse cartilagineuse dont les liaisons sont faibles avec les pièces voisines; elle est entourée presque de toutes parts par des orifices qui communiquent largement entre eux (futurs trous déchirés antérieur et portérieur) ; elle ne se soude que tardivement aux os voisins (squamosal, ex-occipitaux, os tympanique) ; elle à donc son développement {propre et bien qu'elle constitue une partie de la base du crâne, elle ne fait que boucher incomplètement l'hiatus entre les ailes temporales du sphénoïde, le basi-occipital et l’ex-occipital ; elle touche juste la voûte en un point qui correspond à la partie postérieure du bord inférieur du pariétal, presque à la suture du pariétal et du supra-occipital.

Il résulte de ce que nous avons dit plus haut qu'en somme il se forme à la base du crâne cartilagineux trois pièces osseuses à la suite les unes des autres. Ce sont, en allant d'avant en arrière:

Le pré-sphénoïde, avec son prolongement ethmoïdal, et ses deux apophyses latérales ou orbito-sphénoïdes,

Le basi-sphénoïde et les deux ali-sphénoïdes qui l'élargissent de chaque côté,

Le basi-occipital.

Ces trois ébauches osseuses progressent par extension dans le modèle cartilagineux, mais celui-ci ne s’ossifie pas entièrement d'emblée. Deux lames cartilagineuses, transversalement orientées, persistent ; l’une entre le basi-sphénoïde et le pré-sphénoïde, l'autre entre le basi-sphénoïde et le basi-occipital. Ces lames cartilagineuses ont la constitution de cartilages de conjugaisons fertiles par leurs deux faces. Elles fournissent ainsi aux deux surfaces osseuses opposées qu’elles unissent et séparent. La direction des groupes isogéniques axiaux ne laisse aucun doute sur le sens de l’accroissement qui en résulte et il apparait avec évidence que ces cartilages sont les agents essentiels de l’allongement de la base.

Il convient de retenir que l’extrémité postérieure du basioccipital n’est envahie que tardivement par l'ossification ( fig. 22, 20, 27, 50). Pendant une longue période, cette extrémité s’accroitra par les moyens propres à la croissance du cartilage ; c'est-à-dire par croissance interstitielle dans sa masse et par apposition sous le périchondre ; c’est un processus d’accroissement en longueur du modèle cartilagineux du futur basi-occipital dont il faut tenir compte.

Le point d’ossification du pré-sphénoïde ne gagne que très lentement dans le prolongement ethmoïdal de cet os. La lame perpendiculaire et l’apophyse crista galli qui dérivent de cette ébauche ne sont entièrement ossifiées que longtemps après la naissance. Pendant tout cé temps, le modèle cartilagineux s’accroit suivant le processus que nous venons de décrire.

De part et d'autre de ce prolongement sagittal du sphénoïde se forment les capsules nasales cartilagineuses. Ces capsules, nées indépendamment du sphénoïde, se raccordent à lui. Elles viennent au contact sur la ligne médiane du cartilage sagittal du sphénoïde qui formera, désormais, leur paroi interne, et secondairement, leur face postérieure se fond avec la face antérieure du corps du sphénoïde. Ces formations restent longtemps cartilagineuses ; elles sont, par conséquent, susceptibles de s’accroître dans les divers sens, par les processus propres à la croissance du cartilage; en particulier, elles s’allongeront dans le

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sens antéro-postérieur, ce mouvement étant spécialement à considérer pour le toit de ces capsules, qui entrent directement dans la limitation de la cavité cranienne en donnant naissance aux lames criblées de l'os définitif.

En résumé, l’axe osseux de la base peut être considéré, au point de vue de l'allongement, comme formé de trois blocs osseux successifs Ss’accroissant chacun pour leur propre compte dans le sens antéro-postérieur.

La pièce moyenne s’allonge par deux cartilages de conjugaison placés à ses deux extrémités ; les pièces extrêmes s’accroissent, par un cartilage de conjugaison, à leurs extrémités proximales el par extension du cartilage à chacune de leurs extrémités distales.

Du point de vue mécanique, le diamètre bi-condylien représente la ligne transversale fixe par rapport à laquelle toutes les autres parties se projetteront en avant ( fig. 70 ).

Les procédés généraux de l’accroissement transversal des os de la base sont faciles à identifier. Examinons les trois pièces osseuses principales de cette partie du crâne, à savoir le présphénoïde, le basi-sphénoïde, et le basi-occipital. Les cartilages de conjugaison que nous avons signalés entre ces diverses pièces et qui jouent un si grand rôle dans l’accroissement antéro-postérieur, interviennent aussi dans leur élargissement.

Ces lames, en effet, s'étendent transversalement au niveau de leurs extrémités latérales, grâce à un processus de croissance interstitielle dans leur masse et de croissance appositionnelle sous-périchondrale. Il en résulte que les modèles cartilagineux du corps du pré-sphénoïde, du corps du basi-sphénoïde et du basi-occipital, fourniront ainsi à l’ossification une matrice progressivement étendue dans le sens transversal.

En outre, il y a lieu de tenir compte de l’apposition osseuse périostique dont l'intervention n’est pas négligeable; elle agit en renforçant graduellement les divers modèles cartilagineux au niveau de leurs bords latéraux.

Mais, au niveau de chacune de ces ébauches, il existe des dispositions particulières qui, par des procédés quelque peu

Lacoste : Al

différents, concourent à l'élargissement de la base considérée dans son ensemble.

a) LA cAPSULE NASALE. — L’ethmoïde reste très longtemps cartilagineux et s’accroit comme tel par croissance interstitielle. Les premiers points d'ossification apparaissent le long de l’apophyse crista galli; les lames criblées, très importantes chez le Mouton, s’accroissent en longueur et en largeur et s’ossilient lorsqu'elles ont atteint leurs dimensions définitives.

Latéralement, le segment est complété par l’apophyse orbitaire interne du frontal. Celle-ci dérive d'un point propre, secondaire, qui apparaît au voisinage de la poulie du grand oblique. La soudure du point principal et du point secondaire est précoce. Malgré cela, les apophyses orbitaires internes des frontaux peuvent se déplacer latéralement, grâce à la duplicité de cet os et à l'existence de la suture métopique. Ces deux apophyses s’écartent donc l’une de l’autre sans perdre leurs rapports avec les parties latérales de l’ethmoïde et avec les bords externes de l’orbito-sphénoïde.

b) PRÉ-SPHÉNOÏDE (fig. 71 et fig. 72). — L'étude de l’ossification de cette pièce osseuse nous permet de retenir deux faits essentiels : 1° Les ébauches des orbito-sphénoïdes se soudent précocement avec le pré-sphénoïde; 2° les deux points du présphénoïde se fusionnent rapidement l’un avec l’autre sur la ligne médiane. Ces constatations nous interdisent donc de considérer l'union des orbito-sphénoïdes avec le pré-sphénoïde comme une zone de croissance.

Nous savons, d'autre part, que les orbito-sphénoïdes se développent dans des lames orbilaires du chondrocrâne, et nous avons vu que la ligne d'ossification marche dans ces cartilages de dehors en dedans. L

Lu conclusion utile qui se dégage de ces faits, est que l’extension latérale des orbito-sphénoïdes est due à la croissance des bords externes libres, des lames orbitaires (fig. 27, fig. 38). Ces bords ne sont que très tardivement, après la naissance, envahis par l'ossification (fig. 16 [3'|); ils peuvent, par conséquent, présider à l'accroissement progressif des ébauches orbito-

sphénoïdales, en utilisant les procédés de croissance propres au cartilage. Dans ses parties juxta-médianes, la lame orbitaire à une direction générale horizontale et transversale; par contre,

Apophuse

orbitaire interne.

[Lame perpendiculaire

{Ethmaïde

Lacrymal etcapsule nasale

Fic. 71. — Agneau de trois semaines. Coupe vertico-frontale passant par la partie antérieure de la lame criblée de l’ethmouïde et destinée à montrer la constitution de la paroi cranienne à ce niveau. Grandeur nature.

Apophyse arbitaire externe

arf

Fig. 72. — Mème provenance que dans la figure 71. Coupe vertico-frontale du crâne suivant un plan passant par la goutlière optique. Elle montre la constitution de la paroi cranienne à ce niveau et particulièrement l'union de l’orbitosphénoïde avec le frontal. Grandeur nature.

latéralement, elle se relève sur les côtés de la paroi cranienne. En même temps que les lames orbitaires s’accroissent et s’ossifient, les deux frontaux ont progressé par leurs bords inférieurs

latéraux sur les parois de la cavité cranienne. De chaque côté, l'extrémité cartilagineuse de l'aile orbitaire vient buter sur la face interne de l’écaille frontale, près de son bord inférieur. Des phénomènes d’érosion discrets, mais parfaitement nets, ne tardent pas à creuser, à la face interne du frontal, d’abord une rainure, puis une profonde mortaise dans laquelle s'engage de plus en plus nettement l'extrémité cartilagineuse de l'orbitosphénoïde (fig. 37, fig. 38). Les deux formations croissent donc en sens inverse, le bord du frontal progresse vers le bas, l'orbito-sphénoïde s'étend vers le haut, l'érosion osseuse de la face interne du frontal lui frayant la marche et lui préparant un terrain d’accroissement. Le résultat, c’est que tout semble se passer comme si l’orbito-sphénoïde soulevait la partie postérieure et latérale de l’écaille frontale et l’obligeait à basculer en avant. Nous avons envisagé en son temps ce phénomène. Nous venons de dire « tout semble se passer comme si l’orbitosphénoïde soulevait la partie postérieure et latérale du frontal ». Cela fait image, mais en réalité rien ne démontre qu'il y a soulèvement d'un os par un autre. Dans le cas particulier, le frontal obéit, dans son mouvement de bascule, à la poussée qui résulte de la croissance des hémisphères, et il trouve, grâce à ses relations avec l'orbito-sphénoïde, un point d'appui passif, mais adapté à chaque instant aux conditions du mouvement. Ecartement des trous optiques. — Les deux trous optiques sont sitaés de chaque côté du corps du pré-sphénoïde et s'ouvrent en arrière, dans la dépression profonde de la gouttière optique qui loge le chiasma. Ces deux trous sont d’abord très rapprochés ; autour de chacun d'eux apparaissent les deux points d'ossification de l'orbito-sphénoïde et du pré-sphénoïde. La soudure précoce des orbilo-sphénoïdes ne permet guère aux trous optiques de s’écarter l’un de l’autre pour arriver à leur distance définitive par le procédé de la croissance du cartilage. Et cependant le chiasma optique s'accroît, les nerfs optiques s’écartent l’un de l'autre; le corps du basi-sphénoïde s'élargit, les trous optiques augmentent de diamètre. Entre les stades de trois semaines et le stade adulle, la distance des trous optiques

passe de 10 millimètres à 17 millimètres. La largeur de la gouttière optique de 13 à 16 millimètres, son ouverture dans le sens antéro-postérieur de 4, 7, à 6, 8 millimètres.

Le processus qui réalise ce phénomène d’écartement est simple et point n’est besoin d'invoquer une croissance interstitielle hypothétique de l'os. On constate toujours une érosion très accusée sur le bord latéral externe du trou optique, tandis que le bord latéral interne est le siège d’une apposition modérée, non douteuse (fig. 42). |

Par ce double processus, chaque trou est déporté latéralement et il suffit de supposer que la résorption du bord externe compense l’apposition du bord interne. C’est ce qu’on observe. Si cette résorption est supérieure à l’apposition, le trou s’agrandit, en vue de loger un nerf optique qui remplace le pédicule primitif d’abord et qui se myélinise ensuite dans sa phase d’accroissement la plus rapide.

Nous n'avons parlé des trous optiques qu'à titre d'exemple, car les phénomènes d’érosion et d’apposition sont faciles à constater sur les préparations; mais cet exemple peut être invoqué pour les autres trous symétriques, trous ovales, déchirés antérieurs et postérieurs, etc.

c) BASI-SPHÉNOÏDE (fig. 73). — Le basi-sphénoïde s'étend latéralement par les ali-sphénoïdes, percés du trou ovale pour le nerf maxillaire inférieur. Les ali-sphénoïdes s’insinuent par leurs bords latéraux comme des coins allongés entre le pariétal à la face interne et le squamosal à la face externe.

Les points d’ossification du basi-sphénoïde etdesali-sphénoïdes sont fusionnés de très bonne heure (stade de 8 centimètres). Ils s'étendent donc comme un point unique dans deux minces lames cartilagineuses, les ailes temporales cartilagineuses. Ces lames n’atleignent pas les parois latérales du crâne. Aussi bien l'os cartilagineux ne joue qu'un faible rôle dans cette région.

Le rôle prépondérant est dévolu à l’os périostique qui forme notamment une couche épaisse à la face inférieure de l’alisphénoïde et qui se prolonge latéralement jusqu’à rejoindre le pariétal. Il se glisse sous le bord inférieur de celui-ci et se relève en s’insinuant entre le pariétal et le temporal (fig. 17).

On ne peut nier que les ailes temporales cartilagineuses ne fournissent un contingent d'os enchondral pour l'accroissement latéral dans cette région, mais cet os est éphémère, plus encore que dans l'orbito-sphénoïde. Cependant, toute la partie qu'il forme dans l’ali-sphénoïde limite la base du crâne de chaque côté de la fosse hypophysaire, tandis que la portion externe de l'aile ne fait que doubler en dehors le pariétal qui descend très bas.

Les ali-sphénoïdes d'os enchondral, prolongés par leurs coins d'os périostique s'appuient en dehors sur les squamosaux qui

Brietal…

Fic. 73. — Crâne d’un Agneau de trois semaines. Constitution de la paroi cranienne au niveau d’une coupe vertico-frontale légèrement oblique du crâne, passant par la partie moyenne de la fosse hypophysaire et par les deux trous ovales. Grandeur nature.

prolongent leur direction en dehors et en haut. A la face interne de ces deux os ainsi réunis de façon à fournir une surface unique, le pariétal glisse par la croissance en bas et en dedans de son bord inférieur. Tandis que le squamosal et l’ali-sphénoïde s’accroissent en haut et en dehors, le pariétal, insinué en dedans d'eux, pousse en bas et en dedans.

On ne peut pas manquer d’être frappé de l'analogie de cette disposition avec celle qui vient d'être décrite à propos des liaisons de l’orbito-sphénoïde avec le frontal, avec cette différence que, dans le cas présent, la pièce descendue de la voûte passe

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en dedans du relèvement latéral de la base. Il n'en reste pas moins, que ce rebord latéral constitue un point d'appui sur lequel le pariétal peut exécuter son mouvement de bascule, antérieurement étudié.

Mais, pour que l'accroissement latéral de l’ali-sphénoïde puisse se faire, il est nécessaire d'admettre un déplacement concomitant du squamosal. J'ai noté, sur quelques coupes et à des stades différents, des phénomènes d’érosion de la face interne de l’écaille temporale äans la région où elle est doublée intérieurement par l'ali-sphénoïde. Mais ce processus est certainement discret et je crois qu'il répond à des phénomènes locaux de modelage.

Parietal …

, Confluent parieto -Temporal

mn Squamosal <0s pétreux

IBusi-octipital À

Fic. 74. — Crâne d’un Agneau de trois semaines. Constitution des parois craniennes sur une coupe vertico-frontale du crâne passant en arrière du conduit auditif externe. Grandeur nature.

Comme on va le voir dans la suite, il y a lieu d'admettre un autre mécanisme que celui de l'érosion interne combiné à l’apposition externe pour expliquer l’écartement des os temporaux dans leur ensemble.

d) Basr-occrpiTAL (fig. 74, fig. 75). — I faut étudier les conséquences de l’accroissement transversal de cet os au niveau de la région où il répond aux ex-occipitaux et dans le segment plus antérieur où la paroi latérale du crâne est occupée par les capsules auditives. |

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Nous avons vu déjà que le basi-occipital est relié latéralement aux deux ex-occipitaux par un cartilage de conjugaison à croissance bipolaire. Ce cartilage est dirigé obliquement de dedans en dehors et d'arrière en avant. Nous savons que, par sa face externe, cette lame cartilagineuse fournit à l’ex-occipital correspondant. Par sa face opposée, elle préside à l'accroissement du basi-occipital; la direction générale du cartilage, l'orientation de ses groupes isogéniques axiaux montrent que cet accroissement élargira le basi-occipital (Ag. 75).

De la sorte, la cavité cranienne augmentera de largeur, non seulement au niveau du trou occipital lui-même, mais encore

PTT ES, Inter. pariétal

Supra ocipital È : S | 4 Me \ Füriétal

es

\ .. |. Squamosal \l Os pétreux

ÿ NEr-occipital

5 CR Dee | Trou condu lier VS ei ee ss As ff; Ex occi pital Basi- occipital Fic. 75. — Agneau de trois semaines.

Constitution des parois de la cavité cranienne sur une coupe vertico-frontale du crâne passant immédiatement en arrière des trous condyliens, le trou condylien gauche a même été inté-

ressé au niveau de son bord postérieur, car la coupe est un peu oblique. Grandeur nature.

dans toute la région correspondant à la zone de liaison entre les deux os considérés.

c) CAPSULE AUDITIVE. — Au niveau des capsules auditives, le basi-occipital est en rapport avec ces capsules (fig. 74). Dans les premiers stades, tout est cartilagineux el il existe des liaisons faibles entre le cartilage basal et les capsules. Ces ponts cartilagineux sont peu épais et séparés par des fentes importantes qui correspondent aux trous déchirés (Ag. 21, fig. #1).

Or, la capsule auditive reste très longtemps cartilagineuse et lorsqu'elle s'ossilie, elle perd ses liaisons avec le basi-occipital.

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Sur un crâne de Mouton, de trois semaines, il est aisé de détacher la capsule auditive et la chambre tympanique. La capsule se développe donc pour elle-même, en dehors de toute connexion étroite avec les os voisins. Elle suit le mouvement de ces os bien plus qu'elle ne le commande. Elle peut ainsi obéir à la poussée intra-cranienne, qui tend à la repousser en dehors et entraine dans son mouvement en dehors le squamosal et le tympanique qui s'appuient respectivement sur ses faces externe et inférieure.

IL faut aussi remarquer que des liaisons cartilagineuses plus durables, quoique condamnées à disparaître, joignent la capsule aux lames cartilagineuses dans lesquelles se développent les exoccipitaux. Mais, en définitive, c’est par des sutures fibreuses serrées, mais non fermées, que la capsule se solidarise avec les os voisins: basi-occipital, ex-occipitaux, ali-sphénoïdes. Ces liaisons expliquent que la capsule pourra être entraînée dans les déplacements que subissent ces os au cours de la croissance.

L'os pétreux a donc la possibilité de s’allonger pour combler l’hiatus qui tend à le séparer du basi-occipital, ne laissant persister que les trous déchirés au-dessous desquels on aperçoit la face interne de l’os tympanique (bulle tympanique).

En résumé :

4° L'ethmoïde s'étend sous forme cartilagineuse par croissance interstitielle principalement.

2° Le segment pré-sphénoïdal, né par des points latéraux, s'étend latéralement presque uniquement dans le chondrocrâne par progression de la ligne d’ossification des orbito-sphénoïdes.

3° Le segment basi-sphénoïdal progresse latéralement par la ligne d’ossification des ali-sphénoïdes prolongée par une forte lame d'os périostique qui s’insinue entre le pariétal et le squamosal.

4 Des dispositions particulières permettent de considérer que les orbito-sphénoïdes et les ali-sphénoïdes jouent au point de vue mécanique un rôle important en servant de points d'appui aux mouvements de bascule du frontal, d’une part et du pariétal, d'autre part.

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8 Dans la région occipitale, la disposition des liaisons des ex-occipitaux entre eux et avec les os voisins et la topographie des zones d’érosion permettent d'expliquer l'accroissement transversal de la cavité cranienne à ce niveau sans faire intervenir le phénomène de l’éversion.

G° De l’ensemble des faits concernant l’accroissement de la voûte et de la base, il découle, enfin, que l’allongement du diamètre vertical de la cavité cranienne est réalisé par la croissance propre des os de la voûte combinée à des phénomènes de décourbure par érosion et par éversion.

III, — Résumé et essai de synthèse de l’accroissement de la cavité cranienne en général.

Nous avons décrit les processus histologiques observables et nous avons mis en accord avec ces phénomènes la mécanique d’accroissement de la voûte et de la base, pour chaque os considéré en particulier.

Il convient maintenant d'étudier la marche de la croissance générale de la cavité, qui résulte nécessairement d’accroissements partiels harmonisés entre eux, et de faire une synthèse de tous ces phénomènes.

Quant aux causes profondes qui déterminent celte croissance, il faut, vraisemblablement, les rapporter, pour l'essentiel, à l'augmentation de volume de l’encéphale, la cavité cranienne se moulant sur son contenu au fur et à mesure du développement. |

Nous ne nous arrêterons pas à l'étude de ce côté du problème, qui mériterait d’être reprise sur divers points. Il est bien évident, par exemple, qu'il ne serait pas sans intérêt de chercher à savoir pourquoi, dans les premiers stades du développement, il existe une fosse cérébelleuse déjà bien accentuée en regard d’un cervelet encore très réduit, pourquoi les ébauches des hémisphères cérébraux ne semblent remplir que très imparfaitement la cavité qui les contient.

L'expérience nous a montré que, pour aborder l'étude de ces

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