I. — Croissance de la voûte
Il suffit d'envisager les os nés en milieu conjonctif ; les deux frontaux, les deux pariétaux et l'interpariétal. Les phénomènes généraux sont les mêmes pour tous ces os; il s’y ajoute des procédés particuliers pour chacun d'eux. Des causes locales telles que la courbure spéciale de chaque pièce ou ses relations avec les formations voisines, les insertions musculaires ou tendineuses pourront faire varier les aspects sans rien changer à l'essentiel du phénomène.
A) Procédés de croissance communs à plusieurs os :
I. Les travées osseuses constituées, lorsque l'osséine est imprégnée de sels calcaires, sont inextensibles et indéformables.
La preuve de ces faits a été donnée en ce qui concerne les os longs et plats; elle s'applique à un os comme le maxillaire inférieur, né’ directement en milieu conjonctif, ainsi que l'ont montré notamment les vieilles expériences de Hunrer et les recherches plus récentes de Humpury (1), de Scaïrrer (2) notamment.On admettra facilement que la mécanique du développement du maxillaire inférieur est aussi complexe que celle du frontal ou du pariétal. Il n’est pas nécessaire de chercher pour ces derniers des procédés spéciaux, encore moins de supposer des
(A) Homenry (G. M.), On the growth of the jaws. Journal of Anat. and Physiol., t, XII, p. 280-293, 1878.
(2) ScuÂrrer (J.). Die Ver Knôücherung des Unterfiekers und die Metaplasiefrage. Arch. f. mikr. Anat., Bd. 32, S. 267-377, 1888.
processus particuliers, que rien ne démontre, comme celui de l'accroissement interstitiel des parties déjà formées.
Le principe posé ci-dessus, résultat des faits expérimentaux, a comme conséquence le corollaire suivant :
IT. Un os de la voûte du crâne, considéré à un stade donné, a une courbure déterminée, qui ne peut varier au cours du développement, méme si celte portion d'os persiste dans des stades ultérieurs.
Fic, 53. —Fœtus de Mouton de 7 cent. 5. Formol à 5 pour 100. Hématéineéosine. Gr. : 7 D.
Coupe sagittale paramédiane, totale du crâne (région antérieure). Remarquer, dans la région de la bosse frontale, l'os ancien, reconnaissable à sa densité ; il à une courbure propre, incorporée dans la courbure de l'os total.
Il est, en outre, nécessaire de faire intervenir dans notre mécanique du développement la totalité des phénomènes observés, c’est-à-dire ceux que l'on connait déjà : l’apposition externe, pour l’épaississement de l'os, la croissance en surface par les sutures, et en outre les faits suivants que nous avons constatés.
IT. On retrouve à différents stades, dans les os de la voüte du crâne, des parties d'os qui se sont formées dans un stade antérieur; elles sont plus denses que le reste de l'os et la courbure des travées y est plus forte que celle de l'os au stade considéré.
Fig. 54. — Fœtus de Mouton de 11 cent. 5. Zenxer. Hématéine-éosine. Co:
Coupe sagittale et latérale de l’écaille frontale. — Dans la région de la
bosse frontale, on voit en surface l’os ancien, dense ; de l'os récent lui est sous-jacent; la courbure de ces deux os est nettement différente; l'os ancien est plus courbé que l'os de formation récente.
IV. Ces régions d'os ancien, conservées et utilisées dans l'os nouveau, sont situées en général au centre de fiqure de l'os ou au voisinage de ce centre.
V. On constate histologiquement un phénomène de résorplion de la face externe de l'os, combiné avec de l’apposition osseuse à la face interne. — Le phénomène de résorption 1HISrRO CR parfois très accusé, très étendu, parfois plus limité à certaines régions de cette surface.
Fic. 55, — Mème provenance et mème grossissement que la figure 54. La coupe est ici plus voisine de la ligne médiane; elle montre d’ailleurs
dans l’ensemble le même phénomène mais dans une autre région de l’écaille.
VI. Le phénomène inverse du précédent peut être constaté, mais dans les régions centrales de l'os seulement. Il y a alors
apposifion centrale interne combinée avec l'érosion centrale externe.
Fic. 36. — Foœtus de Mouton de 30 centimètres. Formol à 5 pour 100. Hématéineéosine. Gr.: 6 D.
Coupe sagittale, para-médiane de l’écaille frontale. Remarquer la courbure spéciale des travées d’os ancien, reconnaissables à leur densité, dans la partie supérieure de la figure.
Fig, 57, — Mème provenance et mème grossissement La coupe a intéressé l’écaille frontale plus latér le même phénomène que les images précédentes.
que dans la figure 55.
alement, mais la figure montre
Les faits V et VI ont été démontrés au chapitre prédédent, il n'y a donc pas lieu d'y revenir, mais seulement d'en tenir compte.
Les faits IT et IV résultent de l'examen des préparations dont divers échantillons sont représentés dans les microphotographies des figures 45, 53, 54, 56, 57. On voit, notamment sur le pariétal du Mouton de 30 centimètres, que la zone moyenne de cet os est formée par une couche externe d'os compact ancien, qui se recourbe à ses deux extrémités pour venir effleurer la dure-mère { fig. 40). Il est bien certain que cet os compact est plus ancien que les travées osseuses situées au-dessous de lui, du côté de la dure-mère, dans la région centrale, et plus ancien
SE" 42 ce.
Erosion co. @
# Apposition centrale -trale exter. 4
ÿ interne par couches
L] le stade 42cm et fes
Apposition stades suivante.
exlerne
05 érode, disparu Qu stade 42 cm.
Fic. 58. — Schéma indiquant le mécanisme de la décourbure par la combinaison des processus de résorption interne périphérique avec apposition externe périphérique, coïncidant avec des phénomènes d'érosion externe centrale avec apposition interne centrale. — Dans ce schéma et les suivants, les courbures respectives des os aux divers stades sont réelles. — L'os étudié est le pariétal.
aussi que les travées osseuses sous-périostées qui le doublent extérieurement, au niveau de ses bords, ou au delà de ceux-ci vers la périphérie de l’os total. Get os ancien a donc été formé dans un stade précédent, déporté vers l'extérieur par la croissance de la cavité cranienne, et il occupe, à peu de chose près, la région moyenne du pariétal au stade de 30 centimètres.
L'os ancien est donc partiellement conservé, à peu près, au centre de fiqure de l'os nouveau.
Si nous utilisons l’os ancien en rectifiant ses courbures, suivant les phénomènes indiqués dans la figure 58, le procédé sera des plus économiques. C’est, en eflet, ce qui se passe, au moins en partie, lors de la croissance des frontaux et des pariétaux notamment, et ce qui est réalisé complètement pour les ex-occipitaux.
En d’autres termes, le pariétal d’un fœtus de 7 centimètres a un rayon de courbure. X'; du fait de l'accroissement de la cavité cranienne, cet os est déporté vers l'extérieur sans modifier sa courbure. S'il persiste tel quel, cet os devient très rapidement absurde par rapport à la cavité qu'il recou-
Fic. 39, — Schéma destiné à montrer la VTE ; la figure cl-Jointe le monsituation qu'occuperaient, par rapport 5 au pariétal de l’änimal de trois semai- tre (Ag: À 2)
nes, les pariétaux des stades de 7 Or. dans l'accroissement du centimètres, puis de 30 centimètres, 3
si on supposait que ces os déportés pariétal, par exemple, nous vers l'extérieur par la croissance de
la cavité cranienne ont persisté inté- savons que l'extension par les gralement sans modifier leurs cour-
bures. sutures agrandit la surface de
Varie >
l'os. Nous savons aussi que les lamelles d’os jeune auront la même courbure que la lame fibreuse dans laquelle elles naissent.
Si nous admettons que ce simple phénomène d’agrandissement par les sutures est mis en jeu sans modification de l'os primitif, l'os total est absurde. Le diagramme {fg. 60) représente la forme qu'aurait un os ainsi développé, d'après les stades que nous connaissons, supposés raccordés les uns aux autres dans le temps et dans l’espace
Il fault donc supposer, de toute nécessité, des procédés qui
aboutissent à augmenter progressivement le rayon de courbure de l’os primitif.
Naturellement ces procédés ne doivent découler que des faits actuellement connus, si tant est qu’ils sont suffisants. Et ils le sont.
Représentant le pariétal au stade de 7 centimètres, nous pouvons supposer qu'il se fait, durant toute la croissance, de l’apposition à la surface externe et de la résorption à la surface interne. Il est incontestable que ces deux processus existent simultanément, qu'ils sont l’un et l’autre importants, comme
FiG. 60. — Résultat auquel abouti- F1®. 61. — Ce schéma montre la rait la croissance osseuse par les quantité énorme d’os qui devrait sutures s’il n'existait pas de recti- ètre formée et résorbée dans l’hyfication des courbures par des phé- pothèse d’une décourbure par éronomènes de résorption et d’appo- sion interne générale avec apposition conjuguées. sition externe générale.
cela a été déjà dit. Dès lors, grâce à ces phénomènes, combinés avec l'élargissement de l'os, par les sulures on aboutit à un allongement progressif du rayon de courbure du pariétal, qui donne au stade de trois semaines un os à courbure normale. Le processus est rationnel, mais il n’est pas satisfaisant, car il aboutit à la formation d'une quantité d'os énorme, au total,
comme le montre le diagramme. Le procédé n’est pas économique (fig. 61).
Je ne prétends pas que l'os formé dans les tout premiers stades (5, 7 et 10 centimètres) se retrouve dans l'os adulte. Je pense, au contraire, que l'érosion interne est trop marquée dans la première période pour qu'il subsiste quelque chose de ces travées osseuses. Mais je crois que l'os formé au stade de 20 centimètres, par exemple, se retrouve en partie dans la région centrale de l'os de 42 centimètres et même de trois semaines après la naissance (fig. 58 À et B).
On saisit facilement sur les diagrammes des figures 58 À et B la possibilité du phénomène. On en conçoit aussi l'économie. Seules, les parties absolument inutilisables sont résorbées, mais le maximum de matière est conservé.
Cette économie est due à l'emploi
. du double procédé : érosion centrale Ne externe avec apposition centrale interne et érosion périphérique interne
Fie, 62. — Si l'os ancien restait A&VeC apposition périphérique exau centre de figure de l'os nouveau, il faudrait admettre une terne.
érosion interne périphérique î . :
nie AREA PR A la rigueur, on pourrait consi-
Abe ee ee das dérer ce modelage par les procédés
Voir aussi figure 58 A et B. combinés comme satisfaisant. Mais
il ne correspond pas complètement
aux faits observés. Il est en contradiction avec eux sur les points suivants :
a) On n'observe toujours qu'une résorption interne modérée dans la moitié supérieure du pariétal aux stades de 25 à 50 centimètres.
b) Par contre, l'érosion est toujours considérable dans la moitié inférieure.
Le diagramme de la figure 62 tient compte de ces phénomènes
en supposant que l'os ancien reste au centre de figure de l’os
nouveau. Le procédé peut paraitre rationnel. Cependant il
suppose une résorption interne périphérique aussi considérable : dans la moitié supérieure que dans la moitié inférieure. Ce n’est
pas ce que nous avons constaté ci-dessus. D'autre part, il ne
tient pas compte d’un autre fait d'observation, à savoir que l'os
ancien n'occupe pas exaclement le centre de la figure de l’os
nouveau; ce qui revient à dire que certaines sutures fournissent
plus que d’autres à l'élargissement de l'os.
WA À Ne 15 cm.
\ \ NOR X \ Sem rx N 49 cm
3 semaines
Fic. 63 4 et B. —— Mécanisme réel de la décourbure du pariétal selon nous.
À) Inégalilé de l'accroissement des bords du pariétal. Le bord inférieur fournit plus d'os que le bord supérieur. La quantité d’os à résorber sera importante dans la moitié inférieure de la pièce; elle sera très faible dans la moitié supérieure. Du fail de cette inégalité de croissance, le centre de figure de l’os s’abaisse progressivement.
B) Mèmes disposilions générales que dans À, mais en admettant en plus un mouvement d’éversion du pariélal par bascule. Dans ces condilions, on voil que la résorption interne s’exercera seulement dans la moilié inférieure de l'os, et qu’elle sera absente dans sa moilié supérieure, ce qui correspond complètement aux faits observés.
En tenant compte de ce dernier fait et en reportant sur notre diagramme l’os nouveau au-dessous du centre de figure du pariétal, nous n’aurons qu’une faible quantité d'os à résorber
Lacoste 10
dans la région supérieure, et au contraire une quantité considérable à détruire dans la région inférieure. Le diagramme de la figure 63 À est donc en accord avec tous les faits constatés histologiquement.
Eufin, il existe un phénomène possible, difficilement constatable, qui peut et doit intervenir pour le frontal et le pariétal. Ces os sont relativement fixés du côté de la base, le frontal en avant de l’ethmoïde et sur l’orbito-sphénoïde, le pariétal sur la paroi interne du temporal et l'ali-sphénoïde. La poussée interne
à oemaines
a lerme x LE PTEEET SLT ES 350 cm PC se À cat RL PO Meg LEP ES = = k Die Sie ….
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postérieur et dans le sens vertical, obtenu par superposition des sections sagittales et médianes du crâne aux stades indiqués. La superposition à été faite en prenant pour point fixe la fosse hypophysaire et l’accroissement de la cavité est
re RS EU REL des jonctions du crâne avec la colonne vertébrale. red uD:
qui s'exerce sur le frontal et le pariétal s'applique plus spécialement sur les régions supérieures de ces os el peut provoquer un phénomène de bascule autour d'un axe situé environ à l'union du tiers inférieur et des deux tiers supérieurs. Il en résulte que le tiers supérieur éversé est presque toujours en direction normale de l'os à venir; il n’est que très peu, ou pas du tout, le
3 Semaines
A terme
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Fi. 65. — Diagrammes de croissance obteaus par des coupes vertico-frontales da crâne passant immédiatement en arrière du sommet de l’orbile et superposées par rapport au plan horizontal, considéré comme fixe, des ailes orbitaires du
sphénoïde.
3 Semaines
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25 cm.
Fic. 66. — — Diagrammes de croissance obtenus par des coupes vertico-frontales du crâne passant par la partie moyenne de la fosse hypophysaire el superposées
par rapport au plan horizontal de la racine des ailes temporales du sphénoïde.
siège d’érosion interne, tandis que le tiers inférieur, rentrant vers la cavité, est au contraire le théâtre d’une érosion interne très accentuée, ce qui a été constaté (fig. 63 B).
Ce n’est qu'une hypothèse raisonnable, difficile à démontrer directement, mais qui trouve peut-être sa confirmalion dans la disposition spéciale des travées du frontal (fig. 24, 24, 25) et qui nous paraît la seule plausible, car elle cadre avec les faits.
Nous fournissons, à titre d’indicalion, les figures obtenues par la superposition des diagrammes de la cavité cranienne, confor-
3 Semaines
Fi. 67. — Diagrammes de croissance obtenus par des coupes vertico-frontales du o 0 » ” . . sys
crâne passant immédiatement en arrière du conduit auditif externe, superposées
par rapport au bord supérieur des capsules auditives intéressées par la section.
mément aux légendes explicatives accompagnant les figures 64, 65, 66, 67. Ces diagrammes donnent une idée de l'allongement des divers diamètres de la cavité cranienne, considérée en elle-même et indépendamment des lésions contractées par le crâne avec la colonne vertébrale ; ils permettent aussi de suivre lesvariations des courbures des os de la voûte aux divers stades indiqués.
B) Procédés de croissance propres à chaque os. — Les procédés
généraux s'appliquent aux os de la voûte du crâne nés en milieu conjonctif (frontal, pariétal, interpariétal); mais ils sont utilisés d'une façon un peu variable dans chacun de ces os. Une étude spéciale est donc nécessaire pour connaître le mécanisme d’accroissement de la cavité cranienne.
a) FRoNTAL. — Le frontal naît par deux points primitifs situés au-dessus de la région sus-orbitaire, ou plutôt il y a primitivement un frontal droit et un frontal gauche, séparés l'un de l’autre par la suture métopique.
Les points d’ossilication primaires ont tendance à s'étendre surtout en haut et en arrière, suivant une ligne qui forme circonférence, puis l’os tend vers la forme quadrangulaire, très accentuée chez le Mouton.
Durant cette extension, la partie relativement fixée du frontal est certainement celle qui repose sur la capsule cartilagineuse de l’ethmoïde ; les travées osseuses y forment même une lame qui s'étend en direction des os nasaux.
Les phénomènes histologiques constatables sont :
1° Stades jeunes. a) Apposition externe et résorption interne discrète ; b) apposition faible et lente sur la zone de contact avec l’ethmoïde, tendant à soulever le rebord antérieur du frontal et le rebord orbitaire ; c) une zone faible située immédiatement au-dessus du rebord orbitaire avec une seule couche de travées osseuses.
2° Stades plus avancés. a) De l’apposition interne combinée avec de la résorption externe à la partie moyenne de los; b) une résorption interne considérable sur la moitié inférieure de chaque os, avec apposition externe correspondante ; c) une apposition régulière en couches successives d'os nouveau sur le bord supérieur et interne de chaque os; ces couches se superposent d'avant en arrière ou de dehors en dedans, comme les tuiles d’un toit : la partie postérieure de chaque lame recouvre la partie antérieure des lames suivantes ; les lames sont donc imbriquées (fig. 27, 24, 25). Ce fait est facilement contrôlable sur les coupes et les pièces traitées par la méthode de SPALTEHOLZ.
3% Pendant tous ces stades, les parties latérales des frontaux sont en contact avec l'extrémité des ailes cartilagineuses des orbito-sphénoïdes (petites ailes ou ailes orbitaires) qui tendent à écarter ces parties latérales et à les repousser en haut. En effet, l’orbito-sphénoïde s'étend latéralement et, par la croissance de ses extrémités encore cartilagineuses, il vient buter de part et d'autre contre le frontal correspondant, à sa face interne. Ces lames latérales s'insèrent même dans les mortaises sphénoïdales des frontaux.
Par la combinaison de ces phénomènes, il arrive que :
a) Les deux ébauches frontales s’écartent l'une de l’autre par la poussée de l’orbito-sphénoïde cartilagineux ; donc la suture métopique tend à s’ouvrir davantage, mais elle est comblée au fur et à mesure par de l’os nouveau.
b) Les parties latérales des os frontaux sont soulevées par la poussée de l’orbito-sphénoïde cartilagineux, l'os tend à basculer ; ce phénomène sera discuté plus loin.
c) L'allongement du basi-sphénoïde, du pré-sphénoïde, de l’ethmoïde cartilagineux repousse en avant la base du frontal.
Les résultats au point de vue de l'accroissement de la cavité cranienne. — La cavité s'élargit dans le plan transversal qui passe par l’apophyse crista qalli, jusqu'au moment de la fermeture totale de la suture métopique. Elle s’élargit aussi par la résorption des parties inférieures et latérales du frontal. Un phénomène analogue se fait du côté de l'orbite et l’élargit par résorption. La cavité s’allonge dans le plan antéro-postérieur, car le frontal est repoussé en avant par la croissance du basisphénoïde et du pré-sphénoïde. Cet allongement est complété par la résorption continue et considérable qui se fait à la face interne du frontal dans la moitié ou le tiers inférieurs.
Pendant cet allongement, la suture fronto-pariétale tend à s'ouvrir; elle est fermée au fur et à mesure par de l’os nouveau. Pour observer avec fruit cette croissance, il importe d'utiliser des coupes sagittales passant par le milieu de l'orbite ; les coupes sagittales médianes, ou immédiatement para-médianes, sont sans intérêt, en raison de l'existence de la suture métopique. Or,
dans ces coupes antéro-postérieures passant par le milieu de l'orbite, le frontal contient un hémisphère cérébral, à croissance rapide. La croissance de l’os sera donc, elle aussi, rapide dans le sens antéro-postérieur, puisque les hémisphères se projettent bien en avant de la lame terminale de la première vésicule. De plus, en raison de la situation du point d’ossification primitif, toute la croissance antéro-postérieure portera sur la suture
CSSS
<) seMaines NN D
; / <65, Deplacenfnt par allongement delabase >
Fic. 68. — Schéma indiquant la position et les formes successives du frontal dans la conception admise par nous d'un basculement de l’os combiné à son déportement et à la décourbure, par érosion interne de la portion verticale de l’écaille avec résorption externe centrale limitée.
fronto-pariétale. C'est là, en effet, qu'on constate ces lames osseuses imbriquées ( fig. 2%, 24, 25) si caractéristiques indiquant uu recul relatif rapide du bord supérieur du frontal, qui complète à la voûte l'allongement de la base.
Le phénomène de basculement du frontal (fig. 68) est difficile à constater expérimentalement. Il faut cependant l’admettre,
au moins à titre d'hypothèse très probable à la suite des constalations suivantes :
40 S'il n'existe pas de basculement du frontal en avant autour de l’axe sus-orbitaire, il faut supposer une résorption interne portant sur le bord supérieur et la moitié supérieure du frontal, pour redresser progressivement la courbure de l'os dans le plan antéro-supérieur. Cette résorption n'existe pas, c’est même le seul endroit où on n'observe pas d’ostéoclastes ni de désagrégation osseuse. Par contre, c’est une zone d’apposition intense.
2° Sile basculement existe autour d’un axe horizontal passant à peu près par les bords supérieurs des orbites, on peut toujours admettre qu'à des stades successifs le plan de la moitié supérieure du frontal (à peine courbé) se met en position utile pour être prolongé par une couche osseuse nouvelle en même direction que les anciennes.
3° Bien plus, les lames osseuses nouvelles s’imbriquent avec les anciennes de l’intérieur vers l'extérieur et d'avant en arrière. IL est impossible de concevoir une imbrication semblable si l'on ne suppose pas que la direction de l'os ancien se met dans la direction de l'os nouveau. Ce changement de direction implique où un changement de courbure des travées préexistantes, phénomène qui n'a jamais été constaté, ou un basculement en avant de l'os.
Ajoutons, sans le donner comme preuve, que le phénomène de basculement du frontal permet de concevoir le développement de cet os avec le maximum d'économie de matière. En règle générale, c’est le procédé le plus économique qui est employé pour aboutir à une fin précise en matière d'ossification, et peut-être en matière de biologie générale.
b) Pariéraz. — Il reste peu de chose à dire sur cet os qui a servi à établir le type général. Le développement se fait donc à partir d'un point d’ossilication unique et suivant le schéma que nous avons indiqué : l’apposition interne el la résorption externe centrales se combinent avec l’apposilion externe et la résorption interne périphérique, en même temps que l'os s'agrandit par les sutures. Il en résulte un accroissement de l'os en même temps
qu'une augmentation du rayon de courbure Le centre de figure se déplace en haut et en dehors, de sorte que l'os ancien se trouve situé, à peu près, au centre de figure de l’os nouveau; le résultat est de placer la moitié supérieure de l’os formé à un stade précédent, presque dans le plan de l’os à venir dans un stade suivant, du côté de la suture médiane. Donc, il y a peu de résorption interne dans la moitié supérieure. Par contre, il se produit une érosion interne considérable dans la moitié inférieure de l'os, amenant la disparition totale des travées formées antérieurement, qui sont remplacées par des travées nouvelles étendues de plus en plus du côté de la suture pariéto-sphénosquamosale, c’est-à-dire dans la région où les trois os se superposent. C'est dans cette moitié inférieure que l'os présente son maximum de courbure, il se forme deux fosses profondes, latérales, qui logeront les lobes temporaux du cerveau. La résorption interne, toujours très marquée dans cette région, est utilisée pour l’approfondissement et le modelage de ces fosses.
Enfin, remarquons encore que les pariétaux, au cours des derniers temps de la vie intra-utérine, se prolongent profondément du côté de la base du crâne, recouvrant complètement la face interne du squamosal et une notable partie des ailes temporales du sphénoïde.
C'est là le principal mécanisme de décourbure du pariétal. S'y ajoute-t-il un phénomène de basculement en dehors tendant à écarter par éversion les bords sagittaux des deux os ?
Nous le pensons, bien que nous ne puissions donner du fait que des preuves indirectes.
Le pariétal est résorbé largement à la face interne dans sa moitié inférieure, mais il persiste entièrement dans ses parties supérieures, où l'érosion interne manque. À moins d'admettre un processus de décourbure par extension passive combinée à une croissance interstitielle, que rien ne démontre, il est raisonnable de conclure à une éversion probable de l'os combinée avec son déportement latéral.
Dans sa portion supérieure, l'os est d’ailleurs presque plan; l’éversion nécessitée doit être donc de très faible amplitude ;
c'est probablement pour cette raison que nous n'avons pu observer, comme au niveau du frontal, des images histologiques objectivant directement ce phénomène.
c) INTERPARIÉTAL OU EPACTAL. — Cet os n'a qu'une faible étendue chez le Mouton; il se place entre le supra-occipital en arrière et les pariétaux en avant. Il se soude de bonne heure, après la naissance, au supra-occipital et forme, en définitive, la partie supérieure de l’écaille occipitale.
C'est un os à faible courbure transversale et très court. Les phénomènes mécaniques de développement sont donc d'une grande simplicité. On y observe surtout une apposition interne considérable qui, en même temps qu'elle diminue les rayons de courbure de l'os, l’épaissit fortement. Des phénomènes locaux de résorption interne et externe font le modelage de cet os, notamment lors du développement du cervelet.
Au total, son action pour la croissance de la cavité cranienne se conjugue étroitement avec celle du supra-occipital. Jusqu'au moment de sa soudure avec ce dernier os, il comble, par sa croissance en surface, l’hiatus qui sépare les pariétaux du supraoccipital.
d) SUPRA-OCCIPITAL. — Le supra-occipital, qui forme une très notable partie de l’écaille occipitale, n'est pas un os de membrane. Il est précédé d'un modèle cartilagineux et se développe comme un os enchondral. Ilest cependant nécessaire de le placer ici, Car il fait partie de la voûte cranienne. Il n'occupe d'ailleurs qu'une faible partie de la voûte, tout à fait en arrière, au niveau de la fosse cérébelleuse.
Le point d'ossification double d’abord, bientôt unique par fusion, apparait dans l’écaille cartilagineuse ; il gagne rapidement du côté de l’interpariétal, beaucoup plus lentement en direction du trou occipital; son extension latérale est précoce et rapide.
Dans les stades jeunes, la partie ossiliée du supra-occipital est formée par une croûte osseuse périchondrale interne, toujours mince et discontinue, recouverte par du cartilage qui subit les modilicalions pré-ossificatrices, sans aboutir à la formation
véritable d'os enchondral net. Sur la face externe, la croûte osseuse périchondrale est forte, régulière et se double rapidement de lamelles d'os périostique.
Dans des stades plus avancés, les phénomènes sont très caractéristiques. On observe :
1° Une ligne d’ossificalion enchondrale qui gagne progressivement vers le bord inférieur de l’écaille cartilagineuse, sans jamais l’atteindre. Les ex-occipitaux vont envahir la partie de cartilage qui limite le rebord supérieur du trou occipital et il persistera, même après la naissance, un cartilage de conjugaison, en forme de T. La branche hori-
zontale du T fournit au Supra-occipito)e.
supra-occipital et aux exoccipitaux, la branche Erocipital..4