‹ La Croissance du Crâne Chez le MoutonChapitre 29 sur 33 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — La croissance rationnelle et le modelage des os des Mammilères, quelles que soient leur forme et leur origine, résultent de phénomènes d’apposition et de résorption combinées. La croissance interstilielle n’a jamais été démontrée d’une façon positive, ni par l'observation histologique ni par des expériences rigoureuses et inattaquables.

Il. — La croissance des os du crâne est connue ; elle est en tous points semblable à celle des autres os du squelette. Des phénomènes de modelage local y ont été observés ; mais aucune étude d'ensemble vraiment objective n’a été tentée pour préciser comment, au cours du développement, les processus histologiques se répartissent au niveau des différents os et comment ils se combinent pour aboutir, en définitive, à l'accroissement rationnel des parois de la cavité cranienne.

IT. — La méthode des coupes en série à différents stades du développement a permis d'observer, à chaque instant, la marche et l’évolution des phénomènes de croissance déjà connus et des phénomènes de modelage peu étudiés. On a pu établir par l’association de ces phénomènes dans le temps et dans l’espace le plan du modelage de chaque os, et le mécanisme du développement harmonique des diverses pièces entrant dans la

constitution de la paroi cranienne.

IV. — Pour la base du crâne, il n’y a pas lieu de décrire des phénomènes spéciaux qui ne soient déjà connus.

Essentiellement, l'allongement résulte de la formation par le fait de l’ossification enchondrale discontinue dans le cartilage basal du chondrocrâne de trois pièces osseuses : le basi-occipital, le basi-sphénoïde, le pré-sphénoïde. Entre ces pièces, le carti-

lage persiste sans s’ossifier et s'organise en deux cartilages de conjugaison à croissance bipolaire.

L’ossification n’atteint que tardivement les extrémités du cartilage basilaire primitif (lame perpendiculaire de l'ethmoïde et extrémité postérieure du basi-occipital). La croissance du cartilage à ces extrémités intervient donc pendant un certain temps dans l'allongement de la base.

L'élargissement de la base est acquis principalement par le développement dans le sens transversal des parties latérales de la région basilaire du chondrocrâne, qui s'ossilient (orbito-sphénoïdes, ali-sphénoïdes, basi-occipital).

V. — Pour la voûte, la croissance générale résulte de la croissance propre de chaque os au niveau des bords.

Ces os se développent en surface par extension de leurs bords au niveau des sutures, où se forment à chaque instant des portions d'os nouvelles qui comblent les fentes et les hiatus fibreux que la croissance tend à ouvrir.

L'épaississement des os se fait par apposition au niveau de leurs faces, particulièrement au niveau de la face externe.

Les phénomènes fondamentaux sont toujours des phénomènes d’apposition et des phénomènes d’érosion. Leur combinaison aboutit à des changements de forme et de courbure de chaque os. Il s'ajoute, parfois, des phénomènes purement mécaniques, tels que le basculement de certains os autour d’un axe situé à l'union de la voûte et de la base.

VI. — Les frontaux présentent une croissance par écailles superposées en tuiles de toit, surtout au niveau de leurs bords internes et de leurs bords postérieurs. Une forte érosion interne combinée à l’apposition externe approfondit les bosses frontales et règle leurs courbures transversales. Une érosion externe localisée avec apposition interne correspondante règle la courbure dans les plans antéro-postérieurs, Il paraît exister un mouvement de bascule autour d'un axe transversal passant approximativement par les apophyses orbitaires externes. Ce mouvement tend à relever continuellement le bord postérieur de

frontaux. L'écartement de ces os suit l'élargissement des orbitosphénoïdes, et la suture métopique permet cet écartement.

VII. — Les pariétaux présentent aussi spécialement le phénomène de résorption interne très accusé dans leur moitié inférieure. Le redressement de la courbure est acquis par ce premier phénomène, auquel s'associe vers le centre de figure de l'os une érosion externe localisée ou un arrêt de croissance, avec apposition interne correspondante.

Les pariétaux suivent l’écartement des ali-sphénoïdes sur lesquels ils s'appuient, la suture interpariétale permet cet élargissement. Ces processus sont très probablement complétés par une légère éversion des deux os.

VITE. — Les ex-occipitaux s'écartent l’un de l’autre par le jeu de trois cartilages situés autour du trou occipital : l’un à direction sagittale sépare les deux ex-occipitaux sur la ligne médiane ; les deux autres unissent les ex-occipitaux au basi-occipital. Ces cartilages sont fertiles sur leurs deux faces.

Le supra-occipital est séparé du bord supérieur des deux occipitaux par un cartilage de conjugaison à direction horizontale. La situation de ce cartilage à croissance bipolaire et son orientation montrent qu'il intervient principalement dans l’accroissement vertical des ex-occipitaux et du supra-occipital. C’est un agent de croissance du diamètre vertical de la cavité cranienne

dans celle région.

* * IX. — Au total, la cavité cranienne s’accroit comme si elle était constituée de trois segments creux, à paroi rigide, morcelée par trois liaisons souples, deux à la base, une à la voûte.

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