‹ La Croissance du Crâne Chez le MoutonChapitre 4 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'accroissement de la cavité cranienne est un phénomène qui va de soi. Il paraît si naturel que peu de gens ont tenté d’élucider les phénomènes qui le régissent. Quelques chercheurs, peu nombreux il faut le dire, ont essayé de déterminer les causes et les effets. Les uns ont abordé le problème par la mécanique pure et la mathématique, les autres par l’expérimentation. Les uns et les autres n'ont pas fourni de données bien précises tant à cause de la difficulté de mettre la biologie en formules, toujours critiquables, qu’en raison des obstacles qu’oppose la cavité cranienne à une expérimentation rationnelle.

En présence de résultats décevants, qui seront examinés, nous avons tenté d'aborder ce problème complexe par une autre méthode : celle de l’observation histologique des faits en série. Elle a été employée déjà, de façon fragmentaire, par Kôzuxer. Il ne faut pas dissimuler que cette méthode exige un travail manuel considérable et l'examen de quelques milliers de coupes à revoir, ensuite à comparer, à dessiner, pour tirer de l'examen systématique des faits quelques conclusions utiles.

Le choix de l’objet d'étude est important. Les petits animaux eussent été agréables à l’histologiste, mais les os de la voûte cranienne sont trop minces et trop rapidement denses. L'Homme eût été un objet favorable, mais il fallait un grand nombre

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de crânes fœteaux, matériel rare, relativement. Les gros animaux eussent été parfaits n'étaient les dimensions des objets qui dépassent les possibilités de l'histologie. Finalement nous avons choisi le Mouton, matériel abondant et peu coûteux, à parois craniennes épaisses el où certaines dispositions exagérées au regard de celles d’autres animaux permettaient de saisir l'importance de quelques phénomènes spéciaux.

Le problème de l'accroissement de la cavité cranienne se pose de la façon suivante : ke

1° Comment les os croissent-ils en général. Y a-t-il apposition ou croissance interstitielle ? L'expérimentalion montre que l’apposition est seule en jeu et les expériences positives de prétendue croissance interstitielle sont justiciables de critiques graves.

2° Les os de la voûte et de la base du crâne se comportentils comme les autres os du squelette ou relèvent-ils de phénomènes spéciaux ? L’expérimentation laisse planer le doute.

3° Les recherches histologiques démontrent l'existence de phénomènes d’apposition et de résorption non douteux et orientés vers un but. Ces phénomènes sont exactement les mêmes dans les os du crâne que dans les autres os. Il n'y a donc pas lieu de penser que l'accroissement se fasse par des procédés différents chez les uns et chez les autres.

4 Des faits étudiés en série, durant la croissance des os de la cavité cranienne, prouvent que l’apposition et la résorption sont très largement employées. Aucun fait ne milite en faveur de la croissance interstitielle.

5° Peut-on, en se servant uniquement des faits d'apposition et de résorption, concevoir l'agrandissement de la cavité cranienne, le modelage et l'agrandissement des diverses pièces, l'augmentation du rayon de courbure des os de la voûte? Nous le pensons et lentons de le démontrer dans cet essai sur la mécanique de croissance de la cavité cranienne.

Cette étude comporte donc :

a) Un exposé critique, malheureusement un peu long, des

Liu Ne recherches expérimentales sur la croissance des os et de la cavité cranienne.

b) Un rappel des processus histologiques d’apposition et de résorption des os au cours de la croissance. Ces notes sont réduites à l'essentiel car l’ensemble des processus est sulfisamment connu.

c) Une étude ostéologique sommaire de la cavité cranienne du Mouton au stade de développement complet.

d) Une étude des processus de croissance propres aux os de la voûte et particulier à chacun de ces os avec le résultat mécanique de ces processus. De même pour les os de la base envisagée par segments.

e) Les conséquences générales à tirer au point de vue de la croissance de la cavité cranienne.

On trouvera, en outre, la description de quelques phénomènes histologiques spéciaux qui n’avaient pas attiré spécialement l'attention des auteurs jusqu’à ce jour : atrophie massive des ostéoblastes, dégénérescence des ostéoclastes, etc.

Les faits importants sont démontrés par des figures, mais il nous a paru plus convaincant, faute de présenter les préparations microscopiques, d'appuyer les idées, principalement les faits nouveaux, par la présence de microphotographies documentaires.

En terminant, je me permets d'affirmer que j'ai abordé d'emblée un problème très complexe: mais il a paru préférable d'attaquer l’ensemble plutôt qu’une partie, car les phénomènes se répètent en différents points, se contrôlent et se vérilient les uns par les autres. On m'excusera si j'ai négligé quelques détails, jugeant ce travail comme un « Essai » dans lequel la preuve est fournie au fur et à mesure que les faits sont affirmés.

Je dois signaler aussi que certains problèmes, tels que l'accroissement de la cavité cranienne dans le segment occipital, n’ont été élucidés que partiellement. A côté de phénomènes très simples à saisir et à interpréter, il y en a là de beaucoup plus complexes tenant spécialement à la présence dans cette

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région, de la capsule auditive, à la constitution de l’occipital lui-même, à son mode de développement et à son évolution au cours de la croissance. Il m'a semblé que cette question à elle seule est de nature à justifier une étude détaillée, n’'entrant pas dans le cadre de ce travail.

Tous les faits de Morphologie générale, la discussion des théories sur la formation du crâne, sur l’existence et le nombre des vertèbres occipitales, la question du paleocrane et du néocrane, de l’origine et de la signification des os de membrane, etc., ont été complètement laissés de côté dans cet essai. La cavité cranienne et les os qui la limitent fournissent assez de faits susceptibles d'interprétation et de discussion pour être envisagés en eux-mêmes'en tant qu'objets concrets sans entrer dans le domaine de l’Anatomie générale ou s’élever dans celui de l’Évolution des êtres.

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