‹ La Croissance du Crâne Chez le MoutonChapitre 9 sur 33 · LORS · texte numérisé non relu

LORS

il faut bien l'avouer, sont sans grande portée. Mais il faut retenir que, voulant se faire une opinion personnelle, il répéta sur des Lapins, un peu plus âgés que ceux de v. Gunpew, les expériences dont les résultats lui paraissaient inexacts. Dans ces conditions SCHWALBE n'a Jamais pu constater d’écartement des trous au niveau de la voûte cranienne, quelle que fût la région observée et quelle que füt la durée de l'expérience (1).

C) Recherches de Maas. — Maas (2), élève de Vrrcnow, à publié de remarquables travaux, pleins de vues parfaitement justes sur les phénomènes histologiques que l’on observe au cours de la constitution des pièces osseuses.

La question de l'accroissement a été abordée dans ce travail par la méthode expérimentale des repères métalliques ; l’auteur essaya même de contrôler ses résultats par des observations microscopiques et on ne manque pas d'être surpris par les procédés ingénieux qu’il utilisait à cette époque où la technique histologique était encore rudimentaire.

Maas (3) se prononça nettement contre l'hypothèse de l’accroissement interstitiel dans les os longs. Ses conclusions sont aussi fermes pour ce qui regarde les os de la voûte du crâne.

Comme WEGxer, il considérait avec raison que les repères utilisés par v. Guppen étaient défectueux, en raison des modifications que des trous creusés dans ces os en voie de croissance sout sujets à subir au cours de la période plus ou moins longue qui sépare le début de l'expérience de l’état final. Ii observa, en effet, d’une façon positive que, sur le crâne des jeunes Chiens, de tels orifices se comblent et deviennent invisibles.

(4) Scuwazse (G.), Ueber den Gudden’sche Markierversuch. und seine Bedeutung für die Lehre vom Knochenwachsthum. Sitzsingsb d. lena'schen Geselsch. {. med. u. Nalurwisensch., 1878. (Cité d’après Eccer, Experiment. Beiträge..., SAC A NU 25

(2) Maas (H.), Ueber das Wachstum und die Regeneration der Rohrenknochen. Arch. {. Klin. chirurg., Bd, 20, $. 709-770, 1877.

(3) Maas (H.) 4) Ueber das Wachsthum... S. 730-736.

— b) Die Deuteung des v. Gudden’ schen Markiervensuches am Kaninchen Schädel. Archiv. {. KT. chirurg., Bd. 23, p. 333-338, 1878.

C'est pourquoi Maas refit des expériences comparables à celles de v. Gunpex, mais en s'adressant à de jeunes Chiens de sept jours et en utilisant la méthode des repères métalliques. Des fils de platine repliés de manière à former de petits rectangles furent insérés dans divers points de la voûte cranienne ; on détermina, exactement, l’écartement initial de ces index et on conserva les animaux pendant six semaines. Au bout de ce temps, on remarqua que les repères avaient été recouverts par des couches d'os nouveau, et on constata que leur écartement n'avait pas augmenté pendant la croissance.

L'expérimentation pour les os de la voùte comme pour les autres os aboutit à des conclusions contradictoires ; un examen critique des résultats montre que cette discordance est explicable.

D) Critique et Discussion. — Les expériences de v. Gunpex, d'EGGER et de Wozrr sont viciées, à notre avis, dans leur principe même par le choix d'un repère défectueux. Il est difficile d'admettre que des trous creusés dans un os en voie de croissance ne subissent pas pendant la survie de l'animal des changements profonds qui modilient l’état des perforations. FLOuRENS, puis Oczier dans leurs expériences sur les os longs ont fait de ce mode de repérage une critique fort juste, à laquelle il n'y a rien à ajouter. D'ailleurs Maas n’a-t-il pas constaté, chez le Chien il est vrai, le comblement des trous.

Lorsque des repères indéformables comme les repères métalliques ont été utilisés (Maas), on n’a observé aucune modification dans leur situation au bout de six semaines.

On peut se demander aussi si les écartements observés ne s'expliquent pas, en partie tout au moins, par des erreurs de mensuration. La question se pose spécialement pour la plupart des expériences de v. Guppex, où l’écartement des repères fut toujours faible et varia suivant les régions observées entre O5, chiffre minimum, et 4""7, chiffre maximum. On conviendra aisément que les faibles différences peuvent tenir, non point à une croissance interstitielle, que rien ne démontre par ailleurs, mais en partie au moins à des modifications des repères el à des erreurs de mesure.

D'une façon générale, d’ailleurs, après avoir examiné des crânes de Lapins âgés de trois jours, nous pensons que c’est là un mauvais sujet d'étude. La petitesse du crâne, la fragilité des os de la voûte rend-très difficile la pose exacte des repères par rapport aux sutures osseuses, très malaisés à repérer sur le crâne dont les téguments ont élé seulement incisés el écartés. Nous nous sommes convaincu par l'expérience que des erreurs de lieu étaient fréquentes et nous ne sommes pas sûr que v. Gunnex, Wozrr et EGder en posant leurs repères à des distances très faibles des sutures les aient toujours évitées. Cela explique peut-être aussi pourquoi Schwalbe opérant sur des crânes de Lapins de trois semaines, beaucoup plus volumineux par conséquent, et abordables avec plus de précision, n'ait observé dans ses expériences aucun écartement.

Il faut remarquer, enfin, que ces expérimentateurs n’ont pas tenu compte des phénomènes histologiques qui président à la formation et à la croissance des os qu'ils ont étudiés ou qu'ils en ont sous-estimé l'importance. Cet oubli du principe des méthodes convergentes est peut-être la source profonde de leurs erreurs.

En résumé, l’étude critique des expériences faites jusqu'ici sur l’accroissement du tissu osseux des diverses espèces observées permet de constater que la croissance interstitielle des pièces osseuses, quelles qu’elles soient, n’a jamais été démontrée d'une façon précise.

Les faits qui tendraient à prouver que l'os s’accroit par toutes ses parties, par expansion, relèvent soit de l'emploi de repères défectueux, soit d’une position impropre des index, soit de déplacements passifs et accidentels tenant aux altérations osseuses provoquées par l'insertion de corps étrangers mal tolérés. Dans un certain nombre de cas il y a lieu d’invoquer aussi des erreurs probables de mensuration, ou l'emploi d'objets d'étude défavorables.

Toutes les fois que les expérimentateurs se sont mis à l'abri

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