‹ La Croissance du Crâne Chez le MoutonChapitre 8 sur 33 · TRES · texte numérisé non relu

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mensuration sur les clichés, soit encore mieux et plus simplement par superposition de ceux-ci, apprécier très exactement les modifications qui sont survenues dans la situation respective des divers repères. Le procédé possède en outre des avantages qu’il est bon de souligner. Il donne la possibilité de multiplier au gré de l’expérimentateur, les observations sur le même animal, pendant toute la croissance, ce qui offre un intérêt non négligeable pour le budget des laboratoires. De plus, il permet, par la comparaison des diverses images, de reconnaitre non seulement les déplacements normaux des repères, mais encore de déceler les déplacements anormaux, fortuits, qui faussent les résultats. Il arrive, en effet, plus souvent qu’on ne pense, que les fiches métalliques subissent au cours de leur séjour dans l'os des mouvements de bascule soit du côté de la pointe, soit du côté de la tête. Cela tient à ce que, au contact des corps étrangers, il se produit une raréfaction osseuse qui agrandit plus ou moins le trou créé par l'insertion à frottement dur des repères. Ce phénomène est bien connu des chirurgiens. Ces mouvements de bascule, s'ils ne sont pas reconnus, et ils Le sont exactement par ce procédé, peuvent conduire, au moment de la mensuration finale, à des chiffres qui en imposent pour un allongement ou même pour un raccourcissement suivant le sens du déplacement. |

Les expériences de G. DuBreuiLz, appuyées par des documents d’une haute valeur objective, l'ont conduit aux conclusions suivantes qui sont des plus explicites :

« L’accroissement interstitiel n'existe ni dans la diaphyse, ni » aux extrémités de celle-ci dans les bulbes diaphysaires.

» Les seules régions qui contribuent d’une façon active à l’ac- » croissement des os long sont :

» a) D'une part, le cartilage de conjugaison pour une très grosse » part;

» b) D'autre part, le cartilage d’encroùûtement ou cartilage arti- » culaire pour une très faible part;

» c) Le périoste, qui conserve loujours son rôle d’accroisse-

» ment et de modelage de l'os qui n’a pas été mis en doute » depuis OLLIER » (1).

Y'est surtout sur les os longs des diaphyses et sur le tibia principalement qu'ont porté les recherches expérimentales ci-dessus exposées, en raison même de la situation superficielle de cet os et de son abord facile. |

Malgré le désaccord des auteurs, les faits suivants nous paraissent définitivement acquis : L’accroissement des os longs s’effectue essentiellement par un processus d’apposition. Les résultats qui ont permis de croire à une croissance diffuse s'expliquent facilement par des erreurs de technique qu’il est facile de déceler. Chaque fois que les expérimentateurs ont évité ces erreurs, les faits ont montré que la croissance était nécessairement le résultat d’un processus d’apposition combiné à des phénomènes d’érosion.

Ces expériences montrent aussi que ce mécanisme est général dans l'os long : il s'applique non seulement aux parties osseuses précédées d’un modèle cartilagineux, mais aussi à l’os périostique développé directement en milieu conjonctif.

Il. — Expériences sur le crâne.

Les os de la base du crâne ne se prêtent guère à l'étude expérimentale de l'accroissement du tissu osseux pour des raisons que l’on imagine aisément; par contre, les os de la voûte, facilement accessibles, ont été à cet égard l’objet de recherches assez nombreuses. L'intérêt de ces investigations est double, car elles ont visé à la fois le problème de la croissance des pièces osseuses et celui de l'accroissement de la cavité cranienne elle-même.

a ) Expériences de von Gudden et de Egyer. — Von Gunpen (2), à ma connaissance, fut le premier à aborder le problème par la méthode expérimentale. Il a publié sur ce sujet un important ouvrage dont l'analyse est des plus ardues. Le style de Gupoex

(4) Dosreuiz (G.), Sur le mode d’accroissement, ete., p. 99. (2) Von Guppex (B.), Experimental. Untersuchungen über das Schaedelwachsthum, Munchen, 1874,

est lourd et l'expression de sa pensée si obscure que je ne suis pas certain de l'avoir toujours exactement comprise, malgré les précautions dont je me suis entouré. Cependant, la conception générale de l’auteur et la relation des expériences les plus importantes ne laissent place à aucune erreur d'interprétation.

D'après lui, la croissance en épaisseur des os de la voûte du crâne est due au dépôt successif de couches osseuses nouvelles par le périoste d’un côté et par la dure-mère sur la face opposée ; leur accroissement en surface se fait par prolifération des bords des os.

Mais ce processus appositionnel n'existe pas seul; l’augmentation de l'épaisseur, en effet, aussi bien que l'extension en surface, se fait aussi, en partie, par un processus de croissance interstitielle portant sur les parties osseuses déjà édifiées ; ce processus est d'autant plus actif qu'il porte sur des régions osseuses plas jeunes; son intensité est donc maxima au niveau des bords des os et au niveau de leurs faces.

Pour ce qui est de l’érosion osseuse, l’auteur affirme qu'elle n'existe pas, au moins à l’état normal, dans des conditions telles qu'on puisse lui attribuer un rôle dans l'accroissement (1).

Von Guppex a établi des conclusions sur des expériences de valeur très inégale; nous ne voulons retenir ici que celles qui apparaissent, à première vue, comme les plus probantes.

Sur la voûte du crâne de jeunes Lapins âgés de trois jours seulement, il pratiqua des perforations circulaires à l’aide d’une fine alène métallique triangulaire; l’écartement initial est soigueusement déterminé. Au bout d'un temps variant entre trois et six semaines les animaux furent sacrifiés et leurs crânes dépouillés. Les constatations furent alors les suivantes : persistance des orifices de trépanation, et existence d’une augmentation de la distance qui les séparait initialement. Ce dernier phénomène ne peut s'expliquer autrementque par la croissance interslilielle de l'os; il varie, d’ailleurs, suivant les régions étudiées du crâne, et aussi, naturellement, avec la durée de l'expérience (2).

() Von Guppen (B.), Experiment. Untersuchungen..….., S. 24. (2) Von Guppen (B.), Experiment. Untersuchungen...., S. 25-27,

Les recherches de v. Guopex furent reprises trois ans plus tard par Worr (1) qui, comme nous l'avons vu à propos des os longs, avait soutenu la conception de la croissance diffuse. En se plaçant dans les mêmes conditions expérimentales que v. GuppEx l’auteur obtient des résultats analogues.

Eccer (2), élève de v. Guppex, ému des critiques très sévères dont le travail de son maitre avait été l’objet, entreprit, en 1885, de nouvelles recherches sur le mécanisme de la croissance des os en général. Nous avons dit plus haut que ses travaux sur les os longs amenèrent à confirmer entièrement la théorie de la croissance interstitielle.

En ce qui concerne les os du crâne, Eccer, procédant comme Guppen lui-même et sous son contrôle, constate, entre les repères, des écartements encore plus évidents que ceux qui avaient déjà été observés avant lui.

Le travail de v. Guppex, dès le moment où il parut, fut en effet accueilli de divers côtés avec la plus grande réserve.

Wecxer (5) pensa que le choix des repères employé est mauvais : il émit l'hypothèse que les -perforations se comblent progressivement des bords vers le centre et qu'il en résulte, à la fin de l'expérience, un écartement apparent.

B) Expériences de Schwalbe. — Schwalbe (4). qui s'était rallié, depuis plusieurs années déjà, à la conception de la croissance appositionnelle, fut un des adversaires les plus déterminés de v. Guppen. Il invoqua contre l'hypothèse générale de l'accroissement interstitiel des arguments d'ordre divers, dont quelques-uns,

(4) Wozrr (J.), Ueber dem Gudden’schen Markierversuch. am Kaninchen Schädei. Verhandlungen der physiologischen Gesellschaft, in Berlin 1877, cité d’après EGGer, Experiment. Beiträg, S. 2 u. 3.

(2) Eccer (G.), Experimentelle Beiträge zur Lehre vom interstitiellen Knochenwachsthum. Arch. f. patholog. Anat. u. Physiol. und f. Klin. med., Ba. 99, S. 11, 18, 1885.

(3) Neo (G.), Ueber das normale und pathologische Wachsthum der Rührenknochen. Arch. /. path. Anat. und Physiol. und f. Klin. Med., Bd. 61, S. 62 u 63, 1874.

(4, Scuwazse (G.), Ueber Ernährungskanäle und däs Knochenwachsthum.

Zeitschr. [. Anat. MN LL à Bd. 1, 1876. Cité d’après Eccer, Experimental Ro 10

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