‹ La croix d'or comedie en deux actes, melee de chantsChapitre 17 sur 34 · THEATRAL · texte numérisé non relu

THEATRAL

Thérèse. Certainement, ça doitêtrepa»sible.

Gautier. Un congé en bonne forme.

GUILLAUME. Un congé à moi-même?

Gautier. Oui , à toi-même.

Guillaume. Qu’est-ce que ça peut vouloir dire?

Gautier. Ça veut dire qu’il t’est survenu un remplaçant...

Christine. Un remplaçant!

tiiérèse. Oh ! le brave homme

GUILLAUME. A moi !

Gautier. Et c'est dommage ; la poudre à canou t'aurait fait pousser les moustaches...

Guillaume. C'est pas encore décidé tout

de même.

GAUTIER. Passons au second point de la

chose où est mademoiselle la belle

Christine ?

GUILLAUME. Celle-ci, sergent!

Gautier, à part. Excusez... plus que ça de physique... (Haut.) Le bouillon de la caserne n’a jamais eu des yeux aussi grands que ceux-là... histoire de rire et d'étre galant, belle Christine. Le militaire est léger, mais plein de convenance. Je n'ai plus qu'une parole à ajouter... le particulier m’a dit que vous aviet un bijou à me remettre.

CHRISTINE. Un bijou...

Gautier . Une certaine petite croix !

CHRISTINE. Comment! c’est pour moi qu’il part !...

Gautier. Et vous pouvez vous flatter d’avoir opéré une conversion... vous avez fait un homme , quoi!...

Guillaume. Pourquoi qu'il se montre pas, ce cadet-là...

cnRlSTiNE. Oui , pourquoi n’est-il pas venu franchement lui-même...

GAUTIER. Le jeune guerrier a ses motifs pour qu’on ne se doute pas dans le canton du coup de tête qu’il s’èst plu à commettre.

thérèse. Comment , il est du canton?

i Christine. Et il refuse de se faire con-

(PHttre.

GAUTIER. C’est son ordre du jour !

GUILLAUME. Eh bien ! sergent... nne poignée de main... j’en veux pas de ce remplaçant , j’irai pas sacrifier ma sœur à un inconnu... qu’on ne connaît pas encore.

(Il va pour déchirer le conge.)

Christine , l’arrêtant. Et si j'en veux , moi.

Thérèse. Oui , si elle en veut.

GAUTIER. Les volontés sont libres.

J Christine. C’est beau ce qu'il fût là. .a

S artir... sur une parole de moi... sansconition, sans se montrer... c'est un dévouement... vois-tu... rien que ça... je seus que je serais capable de l’aimer.

THÉRÈSE, au sergent . Il n’est ni bossu ui bancal.

GAUTIER. C’te farce... est-ce que la grande armée se recrute d’individus torturé* par la nature.

Thérèse. Est-ce un bon enfant?

Gautier. Beaucoup... j’en réponds.

Guillaume. Eh bien! le gouvernement y perdra encore.

CHRISTINE , qui pendant ce tems-ià a détaché sa croix. 11 a bien fait de ne pas se mon lier, peut-être qu'on l'aurait trop regretté.

Gautier. Eli ! c’est dans les possibles CHRISTINE. Une délicatesse de plus dont je lui sais gré... monsieur le sergent...

Voici... dites— lui bien que j’ai juré sur ma croix d’or. . . de l’attendre deux ans. . . de lui être fidèle... oh ! fidèle! ... qu’il me rapporte ma croix et Christine est à lui. ..

GAUTIER. Il va avoir ces paroies-là mot à mot.

GUILLAUME. Je me résigne , je n’serai pas général,

c.finiSTiNE. Eli bien! petite helle-somr , moi aussi je suis fiancée.,, mon gage est dans les mains d’un soldat de la garde.

(Uii roulement.}

GAirrn.il. VIA le signal du départ.

Air de Pilati .

Plan ra ta plan , {bis)

C’est l'tamhour qui nous appelle; Séparons-nous , adieu ma belle ,

C'est la marche du régiment.

II avancera par sa valeur,

Dign' de la France et de Christine,

Il rapport'ra sur sa poitrine La croix d'or et la croix d'honnenr !

{Les conscrits paraissent an fond et montent le petit tertre , un en floral à leur tête ; Francis est parmi eux, mais cache par un camarade t il ne peut être vu des personnages en scène.)

CHOEUR

Plan ra ta plan , etc .

( Trois heures sonnent au clocher du village.

Christine. Trois heures!... ah ! que jamais cette heure-là ne sonne sans que je pense à lui !

Gautier. En route!... en route!...

CHOEUR

Plan ra ta plan , etc.

{La musique continue. Guillaume serre la main de Gautier , qui fait un salut militaire aux deux ; femmes . Le détachement qui s’était arrêté au bas de la colline se remet en marche Tableau • La toile baisse.)

fia DU FUMIER ACT».

LE M AGASfN TRÉATRAL.

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