SCENE X
THERESE , GAVTIER.
(Il c«t rcrOtu «l’un vieil uniforme, sa ru armes, le aac sur le do* , un bâton h la main.)
GAUTIER , en dehors. Al» ça! est-ce qu'ils m'ont escamoté celte maison là?... ( lire gartJe.) El pourtant voià bien l’cnsciyuc. .. « Au Français indomptable. »
THÉRÈSE, n part. 11 a à la main un fameux compagnon de voyage.
GAUTIER, entrant. C'est qu'ils auront rafistolé la baraque ; oui , oui , le cabaret a été remis à neuf. ... Ce n'est pas comme moi.
Thérèse. Qu'est-ce que vous voulez , mon brave homme ?
Gautier. D’abord je veux,, ou plutôt je ne veux pas qu'on m'appelle mon brave bouinie... c'est une qualification bourgeoise qui répugne au véritable troupier.
thkrêse. Eli bien ! que voulez-vous , mon brave ?
Gautier. C’est plus correct. Servez-moi un demi-litre de petit père noir, et quelque chose avec, pour manger si vous eu avez...
et dans le casoùmon costume vous causerait de l'inquiétude pour la dépense , on paiera d’avance , belle enfant , et ou vous embrassera par-dessus le marché.
THÉRÈSE. Merci... ne vous dérangez pas pour ça. Cette inonnaie-là n’a pas cours
(Elle tort.)
GAUTIER, seul. Ca me fait l’effet d’èlre l’autre... autant que je me rappelle. (U A/e son sac, le pose sur ta table et s'assied, j Ali! ça fait du bien de se reposer , surtout quand on se dit: demain je n’ai pas besoin de me remettre à tricoter des jambes...
c'est qu'il y a un fameux ruban de queue d’ici Wilna... surtout en revenant! Quand nous v sommes allés tambour battant, mèche allumée... fricotant de côté et d'autre dans les châteaux , dans les couvens...
on filait des étapes sans v penser , niais quand il a fallu en revenir l’oreille liasse... trahis par le beau-père et par un tas de rois!... Enfin! me voici donc en France...
c’te belle Fi ance, je ne peux pas la regarder sans penser à ce teins où un caporal de la garde était une curiosité... que tout Paris se mettait aux fenêtres pour le voir défi-
u'or. 15
1er... C'est des miracles qui ne reviendront plus.
THÉRÈSE , apportant bouteille , verre , pa ’n )( rotang*. Voilà, mon brave homme.
GAL'TlEli. Petite mère, vous avez l'oreille dure... je vous ai déjà signifié...
T il tu ES K. Allons, ne vous désolez pas...
on ne le dira plus , et je vais vous verser à boire.
GAUTIER. J'accepte la ré|iaralion. ( Bas ii Thérèse.) Vous u’avez pas ici?..»
THÉRÈSE. Quoi donc?
GAUTIER. De...
lll achève en lui paiVnnl i l'oreille.)
THÉRÈSE. Ali * par exemple!
G A UT 1ER , se découvrant et triant son s'erre. A la sauté de l’ancien... à celle de ceux qui r est cul encore... à la mémoire de ceux qui dorment là-bas sous la neige.
(U boit. )
Thérèse. Ali ! ma foi , vous vous fâcherez si vous voulez , niais bien sûr que vous êtes un brave homme.
GAt TlEn. Le sens que vous y attachez , cette fois, flatte mes opinions politiques.
THÉRÈSE. Vous avez dû en voir de terribles. . .
Gautier. Ab dam! quand on a fait pendant quinze aiis la conversation à coups de canon avec toute l’Europe... on en a vu user des hommes et des souliers... brrr !..
chassons ses pensées là... et occupons-nous de ce qui 111 e reste à faire!... Si mes souvenirs ne battent pas la breloque, vous devez vous appeler llosc, Louise , Catherine, Madeleine ou Thérèse.
THERESE. Tiens... vous savez donc mon nom...
Gautier. Mieux que ça... vous devez avoir avec vous, si elle y est toujours , une soeur, une bellc-sonu . .. ou quelque chose d’apprôcbant , qu'on appelait la belle Christine.
THÉRÈSE. Et comment quevoussavez ça?
Gautier. C’est pas la première fois que je fréquente l'arrondissement.
Thérèse. Ali ! c’est ça.
Gautier. Et y est-elle la susdite?...
THÉRÈSE. Oui.
GAUTIER. Demoiselle.
THÉRÈSE. Toujours.
GAUTIER. Eli bien ! la petite mère , rendez-ntoi le service d’aller lui dire qu'un ancien des anciens... désire avoir avec elle dix minutes de dialogue.
THÉRÈSE. Vous avez donc quelque chose à lui dire?
Gautier. C'est plus que probable.
Thérèse. Si ça vous était égal , il n’y