‹ La croix de Malte drame en trois actesChapitre 16 sur 52 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les Mêmes, BÉATRIX.

béatmx, accourant.

Scuora ! en ce moment, votre père vous cherche partout; on n'attend que vous pour partir.

DONA JCANA.

Mon père !.. grand Dieu !.. s’il me trouvait ici avec don Léon... Ah! perdue!., déshonorée !..

HON LÉON

Je ne vous quitte plus!

DONA jv vna, i part.

Du courage! il le faut. (Haut et cherchant a déguiser son émotion.) Seigneur don Léon, vous j vous êtes trompé sur le sentiment que vous avez rru m'inspirer... Je ne tous portais que l'attachement qu on doit à un parent malheureux, et.

Puisque vous insistez avec tant de persévérance pour savoir mon secret, je vous déclare ici que je ne vous aime pas, que je ne vous ai jamais aimé.

don Léon, reculant.

Grand Dieu !

Viens!., viens, Béatrix !.. (a part.) Maintenant, j'ai le droit de mourir!

(Elle sort avec Béatrix.)

DONA JUANA, d'une voix brisée.

Don Léon, je n’ai rien à vous dire...

DON LÉON

Juana, un mot, un mot encore... Au nom de ma mère, déjà morte victime de sa famille!., dites-moi, non que vous m'aimez, ce serait trop de bonheur, mais qu'on vous contraint à celte union... dites-le moi. et je cours trouver votre père. Soit menaces, soit prières, je saurai bien empêcher ce lâche mariage, imposé par violence. Et si votre père est inexorable... eh bien! don Luis, un spadassin, ne refusera pas mon défi... cl je ne tous dis pas que je survivrai à cette horrible lutte, dona Juaua; je ne vous dis pas que je vaincrai Don Luis, mais je vous jure que je le tuerai.

ALTAVILLA, à part.

Il vient d avoir ià une idée excellente pour mot.

DONA JUANA

Et en quoi mes paroles ont-elles pu vous autoriser?..

DON LÉON

Ah ! dites-moi, alors, que vous vous êtes joué a plaisir de mou amour et de mou malheur... dites-moi que ce que j’ai cru surprendre dans votre âme n’était pas même de la pitié... dites-mni que vous me haïssez... cl donnez-moi, du moins, la mort d'un seul coup.

DONA JUANA, i part.

Mot, le haïr !.. Oh ! mon Dieu ! c’est trop souffrir !.. prenez pitié de moi !

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