LE DOMESTIQUE
Monseigneur!., l’homme que vous avez envoyé chez monseigneur don Luis d’Ayamonte est là , et demande fi vous parler.
DON RALTUAZAR.
Qu'il entre... qu'il vienne fi l’instant.
(Pandolfo entre ; le domestique ae retire.)
DON BAI. THAZAR.
Eb bien! mon neveu?
PANDOLFO
Il n’y était pas. lin de ses gens est parti pour le chercher et l’avertir de se rendre aux ordres de votre seigneurie... Mais Monseigneur le gouverneur ne m'avait donc pas compris , lorsque tout fi l’heure sur la place de Palerme je lui avais offert mes services?..
DON BALTRAZAR.
Tes services... mais je les ai acceptes, puisque Je t’ai envove chercher mon neveu... Ah 1 je comprends . tu n’es pas content de la recompense : qu’on t’a donnée... tiens, voici encore quelques 1 ducats... (Il lut jette sa bourse.) Et laisse-moi !..
PANDOLFO , avec dignité.
Monseigneur , ce n’est pas pour l’argent que je suis venu ici... (Il met la bourse dans sa poche.) tuais pour l’honueur.
DON BALTIIAZAR.
Pour l’honneur!..
PANDOLFO
Je ne suis point un lazzarone, je suis un bravo, artiste eu cbàlinicus, et professeur en vengeances!..
DON DALTItAZAB.
L’n bravo!., toi!., et tu oses?..
PANDOI.FO.
Que voulez-vous. Monseigneur... j’ai une femme etqttatreenfansà nourrir... cl mon père ne m’avait laissé pour tout héritage qu’une excellente lame— ntt autre auraitmeudié... mais, moi, j’ai trop de fierté dans l’âme.
DON BALTHASAR
tous
Un bravo!., je croyais avoir chassé de Sicile us ces artisans de vols et de crimes, qu'un là-
ne sera jamais sur la route des prisons de Pa- Icrme ; je veux bien oublier ta figure... je ne te demande pas ton nom, mais, surs... sors, ou j’appelle nies gens.
PANDOI.FO.
C’est inutile. Monseigneur, je me retire... (A part.) Oh ! ces Espagnols qui viennent opprimer la Sicile et nous imposer leurs préjugés féroces... oh ! comme j’aurais do plaisir à immoler un tic ces tyrans, pour peu qu’il y eût récompense honnête !
LF, D0MKST1QUI.
Monseigneur don Luis d’Ayamonte.
DON BALTIIAZAR.
Ah ! enfin !..
PANDOI.FO. à part.
Je comprends pourquoi il a envoyé chercher son neveu... un vil duelliste !.. Il fera faire ses alfaires gratis... vieil avare!.. C’est bien indigne d’un gouverneur tic protéger si peu les arts.
(Il passe devant don Luis sans le saluer et sort.)