‹ La croix de Malte drame en trois actesChapitre 6 sur 52 · DON BALTIIAZAR, DON LUIS D’AYAMONTE · texte numérisé non relu

DON BALTIIAZAR, DON LUIS D’AYAMONTE

cbe abus y faisait tolérer...

PANDOI.FO.

Monseigneur, je n’ai jamais volé mon prochain, et si on avait pu douter de la nécessité de l’état que j'exerce, ce jour en aurait fournil une preuve éclatante.

DON BALTIIAZAR.

Comment?..

PINDOLFO.

Aujourd’hui , un vieillard, revêtu des pins éminentes dignités, entouré du respect de tous, a été accosté et insulté grièvement sur la place de Palermc par un gentilhomme espagnol... La vengeai ci n’cst-cllc point, de sa part, toute simple et bien légitime ?

DON BALTUAZAn.

Il était plus simple encore d'empêcher qu'on touchât à uu cheveu de cet homme, cl c’est ce que j’ai fait.

PANDOI.FO.

Votre seigneurie a pardonné en public, et elle a bien fait... en publir, on pardonne toujours; mais cela ne tire pas à conséquence... on fait grare à ses ennemis, mais on s’en défait... sans quoi l’humanité jouerait trop gros jeu et la pitié reviendrait trop cher... que tlialdc ! il est impossible de gouverner si vous ne rentrez pas un peu en secret dans vos frais de clémence oUiciclle.

DON BALTUAZAn.

Insolent !..

PANDOI.FO.

Evcusez-moi , Monseigneur... j'ai été si indigné de voir un seigneur castillan abuser de sa force cl tic sa jeunesse pour insulter un vieillard, que j’ai rru juste de vous proposer, pour punir cette lâcheté, de m’embusquer un soir au coin d'une rue , d'y attendre votre ennemi, et—

DON BALTRAZAIt.

Silence, misérable!., rends grâces h mon indulgence ; le palais de don Baltbazar d' Avamontc -<p»

don Ll'is, h part.

Quel est cet impertinent?

DON BALTIIAZAR.

Don Luis, j'ai à te parler ; assieds-toi.

don lits, i part.

C'est un sermon... j’aurais préféré aller directement à l’église... Enfin, je n'ai pas le choix.

DON RALTUAZAO.

Don Luis, tu es le plus mauvais sujet de Païenne.

don i.ns, a part

Qu’cst-ce que je disais?..

DON BALTIIAZAR.

J'espérais, en toi, un successeur dans mes fonctions et dans mes dignités, et lu as fait une tache à ma race au fieu d’en continuer l'éclat.

DON LOIS

Que voulez-vous, mon oncle ?.. Je reconnais bien mes torls ; mais l’iulention a beau être butine, tua conversion n'a jamais survécu à une bouteille de Xérès.

DON BALTUAZAn.

Don Luis... tu as osé, autrefois, me demander ma fille...

DON LOIS

Oui. C’était dans un de mes bons momens, et peut-être n’auriez-vous pas si nrai fait de me la donner... Alors, la vertu alitait revêtu une si charmante forme pour m'amener au repentir, qu’elle mil été cent fois plus séduisante que ie vice; mais, depuis ce temps, je Je confesse, je me suis rendu bien indigne de doua Juana.

DON RALTUAZAR.

Eh bien! si indigne d’elle que tu sois, tu l’auras aujourd'hui... tu succéderas à mes fonctions et à mes dignités, si tu fais ce que je te demande.

DON LOIS, vivement.

Quoi! mon oncle, il se pourrait?..

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