MARIE JEAN
Me voici, je reviens.
Jean!
JEAN
marie, à part.
JEAN
J’ai faussé compagnie au conseil, au bailly, à ton père, et j’accours.
marie, à part.
Jean ! oh! je veux tout lui dire à lui.
JEAN
J’accours hatelant, joyeux comme je l’étais autrefois quand tu m’attendais sur les grèves, et que pour te revoir plus tôt, je m'échappais de l’école... souvent avant la fin de la leçon... presque toujours au commencement... tu te souviens?
MARIE
Oui.., nous ne nous quittions pesa’ors.
JEAN
Nous avions toujours quelque chose de nouveau à nous dire: nous le croyions du moins. C’est comme aujourd’hui, vois-tu?... il me semble que j'en aurais tant à te conter!
mahib, vivement.
Moi aussi, si je l’osais...
JEAN
Tiens, c’est justement ce que j’allais ajouter : si je... Ah! bah! osons et parlons-nous commeautrefois, avec la même confiance, le même abandon... veux-tu?
marie, lui donnant la main.
Oui, j’essayerai. .. ( Ils s'asseyent sur le banc au pied de la croix.)
JEAN
Tu sauras d’abord que depuis le moment de notre adieu sur la route de Vannes, tu te rappelles? je n’ai pas été un jour, une heure, peut-être, sans penser à toi.
MARIE
Moi de même.
jean, avec la plus grande joie.
Vrai? toi aussi? is-tu comme nous avions besoin de causer. Et pendant cette absence, qui m’a paru si longue, rien n’est venu troubler la tranquillité dont tu jouissais autrefois? rien, abs... (Marie baisse la tête avec un embarras visible. Jeanselève.) Tiens! à propos 1 tu avais aussi quelque ehose à medire : je bavarde, moi. Il ne faudrait pasto gêner, vois-tu? Mon Dieu ! les années passent sans qu’on s’en aperçoive... un beau jour le coeur parle, et il arrive... c’est arrivé, n’est-ce pas?
marie, timidement.
Je crois que oui.
jean, s'animant malgré lui.
Tu aimes?
marie, se levant.
J’ignore comment cela s’est fait.
JEAN
Enfin, tu aimes 1
marie, timidement.
Je ne dis plus rien. .
JEAN
Pourquoi?
marie.
Il me semble que tu as élevé la voix.