KÉROUAN, MARIE, JEAN, LE BAILLY
lbbaillt, au milieu d'un groupe composé de Kérouan et de quelques villageois.
Je ne peux pas être partout. Kérouan, suivez-iuoi au couvant. Vous, annoncez au conseil de la paroisse que je ne me ferai pas attendre plus de dix minutes ( A Kérouan.) Venezl [Il entre dans la chapelle ruinée.)
marie, à son père qui va suivre le Bailly, en lui montrant Jean auprès de la croix.
Mon père, avant de vous éloigner, regardez un peu de ce côté-ci.
kérouan, arec lajoie la plus grande.
Hein?... Jean Penhouël 1... Jean!
JEAN
Moi-même, père Kérouan.
KÉROUAN
Lui 1 de retour ! [A Marie.) Et tu ne me dis pas ça tout de suite, toi 1 Tu me laisses làpendant une heure... (Aprèsavoir embrasse Jean. ) Moi qui le croyais encore à bord de V Hercule!
jean. ,. .
J’y étais en effet il y a deux jours en qualité de chef de timonerie.
kérouan, le considérant.
Mais c’est vrai, petitel... mais regarde donct II nous revient chef de timonerie ! Tu ne me dis pas ça non plus.
marie.
J’ai à peine eu le temps de le voir avant votre arrivée.
kérouan.
Chef de timonerie ! mais le voilà presque officier, sais-tu ? Eh bien! quand je te disais que celui-là ne resterait pas en route?
MATUE.
Mais je n’ai jamais douté qu’il fît «on chemin.
KÉROUAN
Bast !... tu pleurais quand il est parti.
marie.
O mon père ! il ne faut pas nou plus vous faire plus brave que vous n’êtes, et vous aviez le cœur bien gros ce jour-là.
KiROIMN. •
Et quand cela serait, qu’y aurait-il d’étonnant? Je l’ai quasi élevé dans ma barque ce grand garçon-là. Ça n’avait pas quatre ans que je jetais ça à l’eau... d’une calotte... par-dessus bord. . . tu te souviens? c’était comme mon enfant. Et tu nous reviens cette fois avec une permission un peu longue ?
JEAN
Avec un congé de six mois. Je ne vous quitterai que pendant quelques jours pour aller à Vannes.
marie.
Tiens, à Vannes?
JEAN
Oui, j’ai une commission à y faire.
XÉROUAN.
Pour un de tes chefs ?
JEAN
Précisément, une lettre importante à remettre. Et même je ne suis pas fâché du message. Je vous expliquerai tout ça... mais d’abord, voyons, que s’est-il passé ici, dans notre bon pays de Bretagne ? Vous devez avoir bien du nouveau à m’apprendre.
Oh ! pour ce qui est de ma fille et de moi, il n’y a rien de changé, sinon que Marie est peut-être un peu moins gaie depuis quelque temps.
marie, avec embarras.
Moi, mon père?... Vous vous trompez.
KÉROOAN.
Quant au pays, c’est autre chose. Il ne se ressemble plus. Depuis que les dragons se sont mis en campagne, battant les routes et fouillant les châteaux, les uns se cachent, les autres se sauvent, afin d’échapper aux troupes de M. le Régent, et à la chambre de justice de Nantes. C’est qu’il ne fait pas bon paraître devant elle.
marie, avec intérêt.
Oh ! non ! elle est bien sévère , à ce qu’on prétend ; et si l’on connaissait quelqu’un de ceux qu’elle poursuit...
KÉROCAN.
On pourrait lui conseiller de faire tout de suite son testament. Mais bast ! nous ne connaissons personne qui soit dans ce cas-là. Aucun habitant des environs n’a encore été inquiété... et tu arrives juste pour trouver toutes les figures joyeuses... N’est-cs pas, petite 7