ACTE I, SCENE III
marie, sortant de sa rêverie.
Oui.
Toute la côte endimanchée.
UAR1E.
A l'occasion de la fête de Notre-Dame de Kermo.
KÉROUAN
Juste pour voir encore Marie quelques heures.
JEAN
Mais, en effet, c’est ce soir que, selon la coutume, les jeunes filles du village se rendent là dans les ruines de la vieille chapelle pour y passer la nuit en prière.
KÉROUAN
Et demain, avec l’aube, qu’elles entrent en retraite chez les sœurs, au couvent... Ainsi, ma foi! si tu ne t’étais dépêché..,
JEAN
Je n’aurais pu embrasser Marie qu’à la fin de la retraite.
KÉROUAN
Dans neuf jours.
marie , tendant la main à Jean.
Et c’eût été bien tard.
le BAiLLT, sortant de la chapelle et s'adressant à Kérouan.
Eh bien ! c’est ainsi que vous me suivez, vous ?
KEROUAN.
Tiens, le bailly !... Je l’avais oublié.
LE BAILLY
Vous n’êtes pas môme au conseil de la paroisse?
KÉROUAN
Ma foi ! pour aujourd’hui le conseil se passera de moi. (Montrant Jean.) Voilà mon excuse.
jean, regardant Marie.
Que je ne vous retienne pas, père Kérouan.
KÉROUAN
Au fait, tu peux m’accompagner, c’est une idée. (Au Bailly en lui montrant Jean.) Dites donc, chef de timonerie ! rien que ça !... un gaillard qui est parti matelot... un enfant, vous vous rappelez?... ça vous revient avec des dorures... quasi aveu une épaulette I... Hein ? qui est-ce qui aurait dit ça, quand il allait vous manger vos pommes? (A Marie.) Je te l’enlève pour un moment, entends-tu, petite? Attends-nous ici. (Au Bailly.) Voilà, monsieur le bailly. (A Jean, en lui prenant le bras.) Allons, arrive, mon officier.