ACTE III, SCENE IX
LE MSRQCIS.
Son père !
kérouan , à Jean.
Ah çà ! viens- tu au couvent, toi? [Avec la plu » grande surprime en apercevant le Marquis.) Monsieur le marquis! (Après q» silence et très-naturellement.) l’ardon, monseigneur, mais je suis saisi de vous voir. Je m’attendais si peu à l’honneur de vous trouver ici, que je me demande ce qui a pu vous y amener, mit, vivement.
Le désir de me rassurer encore de vive voix sur les suites de notre rencontre. C’est pour cela que monsieur le marquis a quitté Vannes.
KBllOUAN.
Tout blessé que vous ôtes, monseigneur?
LB MARQUIS
Oh ! ce n’est pas de ma blessure que je souffre.
KÉROUAN
Et de quoi donc ?
jean, à part.
Je tremble.
kérouan, après un silence.
Tenez, monsieur le marquis, si ce que vous dites là a quelque rapport avec l’aventure que vous savez ; si vous éprouvez quelque regret de vous être joué de la crédulité d’une pauvre fille... que je ne défends pas, mais qu’aprés tout, je ne puis m’empêrherde plaindre, ch bien! là, franchement, la main sur le cœur , ça me fait plaisir. Dame ! je vous parle de tout ça en père.
le marquis, tombant presque à ses genoux.
Oh ! pardonnez-moi.
kérouan, avec empressement.
Vous pardonner, monseigneur? mais c’est bon s’il s’agissait de moi, de ma f... (A part et lentement comme s'il était frappé d’une idée subite.) D’où vient que toutà coup j’ai le cœur serré?... d’où vient que sa présence, son trouble, et jusqu’au souvenir de ce que cet homme me disait tantôt, tout me glace de crainte ? jean, bas au Marquis.
Oh ! qu’avez- vous fait ?
KEROUAN.
C’est comme un rêve qui se dissipe... une douleur qui me mord là... Lui pardonner!... et Jean s’est battu pour cotte femme... et l’ardeur qu’ilamiseà la venger... (Avec explosion.) Ah!... si c’était !. .. si c’était... (Se reprenant et avec une sorte
de calme.) Rien, monseigneur: je ne sais ce que je dis... je vous retiens là...
LE MARQUIS
Je vous reverrai, Kérouan , au monastère. {Bas à Jean.) Je vais l’attendre : là, je lui dirai tout.
JEAN
Par pitié !... '
kérouan, impérativement à Jean qui fait un mouvement. Reste... j’ai à te parler. {Le Marquis s’éloigne.)