eut pour effet de chasser bon
nombre de nos compatriotes au delà
des frontières, vers les Etats-Unis :
ceux-ci en appelèrent d’antres : ce fut
là le commencement de l'exode cana-
dien.
Les besoins nouveaux, créés par notre éducation, par le luxe qui s’introduisit dans nos grands centres et qui de là irradiaient dans nos campa-
nes, força nombre de cultivateurs à délaisser des propriétés qui avaient sufñ à la subsistance de leurs ancêtres,
. L'esprit d'aventure, des malheurs de
famille, des catastrophes financières, Je besoin d'agrandir ses propriétés, le désir de faire fortune, en dehors des modes ordinaires ; voilà en résumé ce qui a chassé, ostensiblement du Moins, des milliers de canadiens de ce, pays. L'on en compte près de 500,000 aux Etats-Unis, échelonnés dans tous les Etats, depuis la rivière Ste-Oroix, dans le Maine, sur l’At-
98 LA coix, L'épér ET
lantique, au Golfe de J uan de Fuca, »rès de l'île de Vancouver, dans le acifique. S
Quelles ruines ! quels désastres économiques pour le Canada ! Supposez 100,000 bras qui travaillent, évalués
à une piastre par jour, prix moyen, .
- nous perdons ainsi près de $30,000,000
annuellement. Somme énorme qui devrait se dépenser ici et qui sert à enrichir nos voisins.
Je suis heureux de représenter, en
cette circonstance, quatre groupes importants de Canadiens émigrés, dont deux sont livrés exclusivement à l’agriculture. Je les ai fait con-
naître aujourd’hui même au a HE :
national. Ce sont nos amis du M dawaska (Maine), du Kansas, d’Ogdensburgh, de Spencer, Mass. Je ne reviendrai pas sur ce sujet ;. qu'il me soit seulement permis au point de
vue patriotique de m'écrier : Frères
expatriés, pourquoi donc nous avezvous laissés ? ne songez-vous plus à nous ? | >
Ah f pourquoi donc quittant le pays de vos pères Aller semer vos jours aux rives étrangères ?
Leur ciel est-il plus pur, leur avenir plus beau ?
LA CHAREUE, 99
ca, Au contraire, nos frères, par leurs le nombreuses délégations à notre belle fôte ne viennent-ils pas vous dire :
CO | | ‘ sez : — Loin de son lieu natal, le Canadien qui s'exile 168 … Trains son existence à lui-même inutile; on. Son cœur est sans amour, sa vie est sans plaisirs, Lx Jamais pour consoler sa morne rôverie 00 I] n’a devant les yeux Le ciel de la patrie, Le Et le sol sous ses pas n’a pas de souvenirs, È | | Voilà pourquoi il aime à revenir en “À au milieu de vous : c'est la fête St- 08 | Jean-Baptiste qui en est l’occasion.
és, Et, cette fête, si belle, si canadienne, nt | si patriotique, il la chôme dans tous pn Î . les Etats-Unis ; c'est son signe de res. | ralliement, c'est son espérance d’avean- nir ; c'est par là, par la per.:fo et par )g- : le cœur qu'il tient toujours au Cane nada. Et qui sait ? les séparations ne | terrestres ne sont pas éternelles ! un de quart d'heure peut changer la face e8 + - du monde! Une heure solennelle gt approche peut-être 2... se Dieu qui donne à qui il lui plaît les
: territoires, qui élève ou abaisse les u? | hations, qui protéve ou ruine les peu-
100 za omoïx, r'éréter
ples, qui tire le bien du mal, connaît seul ce que l'avenir réserve, dans tout le vaste bassin, formé par les Laurentides, les Alleghanies et les Montagnes Rocheuses, à la nation canadienne. Tandis que les familles -
américaines natives décroissent à vue
- d'œil, nous nous multiplionsà l'infini, Or, le nombre, c'est le pouvoir, surtout dans une république démocra-
tique. | Fe
L'américain a aussi abandonné la culture de ses terres ; il s'est livré au commerce ; sa vie est instable, l’agio le ruine. Quand Washingtontravaillait sa belle ferme de Mont Vernon, il savait manier l'épée ; quand Jackson, Calhoun, Clay, Toomb et : Lee, cultivaient leurs fermes, ils savaient aussi faire face à l'ennemi.
La nation américaine devra périr :
étiolée, sans force, sans mœurs, elle | vogue, an milieu de ses fôtes et de “ses plaisirs, vers une décadence certaine, vers une catastrophe terrible, - désastreuse, inévitable.
ta CHARRUE. 101
Au contraire, les Canadiens sont encore pleins de vitalité aux Etats- Unis, comme au Canada, Nous nous doublons en vingt-huit ans! Nos pères en 1658 n'étaient que 8,000, et 60,000 en 1758. Nous sommes au-
jourd’hui dans la confédération un
million et quart ; nous serons bientôt deux millions. Ainsi, les anglosaxons qui, lors de la cession, étaient 8,500,000 en Amérique, savoir 60 contre un français, n'y sont aujourd'hui que 45,000,000 en y comprenant toutes les races étrangères qui “Jl'habitent, contre 2,000,000 de français, dispersés dans toute l'Amérique du Nord, savoir seulement vingtdeux contre un. | |
Ainsi, notre moralité nous assure la domination de ce continent: et.
cela par la seule force des choses, par
le pouvoir du nombre, par la supé-
riorité des œuvres, par la stabilité
de nos institutions, par l'excellence de notre foi, par la multiplicité de hos familles, par le lien de notre religion. |
En haut donc le cœur, ferme notre
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espérance, constante notre union, vif 7. amour, car tout nous le deman- 6:
Le vent de la forêt, l'écho de nos montagnes Qui chantent nos aïeux dans nos vertes cam- L [pagnes, Les flots du Saint-Laurent disant leurs Asus ; nis;
Des souvenirs sacrés l'indescriptible mit Dans nos cœurs attendris vibrant comme unelyre,
Tout nous redit : soyons unis,
Ecsèog SenécaL & is, Imprimeurs, Montréal.