PRE CREER
Ca
fiques horizons qui l'encadrent, les
- fleuves limpides qui l’arrosent, les
prairies qui l'embaument, les forêts grandioses qui la parent comme d’un vêtement d'’éternelle jeunesse, les
.métaux précieux qui l'enrichissent,
les montagnes sublimes qui l’abritent, les constellations qui l’éclairent.
La patrie est tout cela, mais est encore plus que cela.
La patrie! (C’est le souvenir de +: -t ce que nous avons aimé, c’est le le: de la famille, c'est la mémoire
du cœur ; ce sont nos réminiscences
de jeunesse, nos espérances d'enfant ; c'est le vieux curé de la paroisse ; c'est le clocher de notre église ; — C'est l'autel de Marie, orné par nos tendres soins des lis de la vallée ;— C’est le vert gazon du cimetière ;— C’est la terre où reposent les nôtres ; —O'est l'humble toit de notre demeure ; c'est un vieux chêne qui ornait le jardin ; c’est un ruisseau où s'abreuvaient nos troupeaux ;— C'est l'air embaumé de la terre natale.
La patrie ! c'est encore tout ce que nous avons caressé d'espérances et de chimères ; ce que nous avons éprouvé de joies et de peines, d’allégresses et d'épreuves.—C'est le rêve
56 ta OROIX, L'ÉPÉE ET
de toutes nos illusions et de toutes nos amours, les lieux chéris de notre enfance, les sourires amis, les caresses de nos sœurs, les plaisirs purs de notre vie.
I] y a des harmonies si suaves que les anges seuls pourraient les rendre, il y a des mots si tendres que la femme seule devrait les prononcer, —à cause de l’exquise délicatesse de ses sentiments, de l'excessive sensibilité de son cœur et de l'impressionnabilité de son âme : aussi me permettrez-vous de me servir des belles paroles de Melle Delphine Guay pour vous résumer, en un mot, toute la tendresse qui se concentre dans l’idée de patriotisme :—c'est elle qui va nous donner une leçon magnifique.
Ab! je vous snorondral l'amour de la patrie ! Le plus saint des amours. La patrie est le lieu Où l’on aima sa mère, où l’on connut son Dieu ; Où naissent les enfants dans la chaste demeure, Où sont tous les tombeaux des êtres que l’on [pleure.
En vain l’on nous condamne à n'y plus revenir, Notre pieux instinct l’habite en souvenir :
Nous l’aimons, malgré tout, même injuste et [cruelle Et pour ce noble amour il n'est point d’infidèle: La haïr dans l'exil, c'est l'impossible effort ; Proscrit, nous revenons lui demander la mort, Et nous mourons joyeux si l’ingrate contrée Daigne garder nos os dans sa terre sacrée:
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La patrie ?—e sont encore nos sacrifices, nos martyrs, nos luttes, nos institutions, nos annales généalogiques, notre histoire, nos combats, nos lois, notre langue et notre religion ; liens puissants qui font, qu'a-
près tant de difficultés et de périls,
nous. conservons encore, sur ce continent, cette union, cette cohésion, cette homogénéité qui nous assurent de brillantes destinées dans toutes les parties de l'Amérique du Nord.
Car, l'avenir, est aux races qui adorent et qui prient. Et, dans la grande
liquidation que le ciel demande, tôt
ou tard, et périodiquement aux nations, vous verrez même aux Etats-Unis, de terribles effondrements, d’effroyables banqueroutes. La banqueroute de la foi appelle la faillite des mœurs, bouleverse les assises qui étayaient les institutions et les peuples.
Voilà ce que l'inexorable histoire proclame depuis l'Eden à l’Ararat, de l’Ararat au Calvaire, du Calvaire jusqu’à nous. |
Aussi, pour la patrie, soyons prêts à tous les sacrifices. Sur les autels, élevés à l'endroit même où Cartier monta sur notre royale montagne,
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