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seul espoir des nations, quand elle est confiée à des mains fermes, pures et dignes. | |
L'Église, Messieurs, est déjà dans Rome, mais la croix est encore cachée au fond des catacombes.—Pour l’en faire sortir, Dieu qui a les siècles pour lui, attend longtemps le secours d’un soldat chrétien. (Constantin accomplit son heureuse mission. Les autels sont élevés de toutes parts, mais le droit toujours barbare, ne peut encore les protéger.
Rome avait emprunté le dogme pe de son droit aux Etrusques ; a Grèce lui avait donné ses formes symboliques, l'Orient l'avait revêtu de ses mystères. Mais ce droit personnifié dans l'État, s'appelait parfois, Tibère, Néron, ou Héliogabale. Cependant, tous les peuples conquis l'avaient accepté. L'unité chrétienne se préparait déjà, même par l’absolutisme du droit ! ;
Ceux qui un jour viendront écraser Rome, étonnés dé la sagesse de ses lois, modifiées par le christianisme, les accepteront pour eux-mêmes et les emporteront comme l’un de leurs
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plus beaux trophées, jusqu’au fond de leurs repaires, C’est ainsi que la Germanie en recevra les lumières et que la Gaule en bénéficiera.
En changeant de nom la république romaine change de tyrans ; le droit reste le même. Ainsi Trajan revenant de la Dacie fait égorger 10,000 gladiateurs inutiles pour le circle, vu le manque des animaux pour y combattre ! Quoique mitigé sous les Antonins, le droit permet encore de jeter les hommes aux appétits aiguisés des lions.
Au christianisme seul était donné d’asseoir le droit sur sa véritable base, de la ramener à l’ordre, d’en faire la formule rigoureuse de la justice, C'est alors que parut la véritable égalité, prêchée par Paul ; l'unité parfaite réclamée par Pierre. Ce droit, ainsi épuré, éclairé du flambeau de la croix, opéra avec sagesse. Il ne détruit rien d’abord, l’Église étant la grande.
école du respect,—il corrige ; il ne sape pas, il appuie il ne libère pas tout d’un coup l’esclave, mais il enseigne au maître d’abord la douceur, puis la charité, puis l'égalité.
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Aux vieilles formules, Théodose substitue son nouveau code plus conforme encore aux idées et à la doucer chrétiennes. |
Le procès-verbal en sera donné à la dernière séance du dernier Sénat, vers le milieu du 5°"°* siècle, alors que l'heure des barbares est sonnée. Rome n'est plus! Son cadavre sanglant est dépecé et les lambeaux palpitants en sont dispersés aux vents de la co- lère du ciel.
Dieu a eu son tour ; il est tombé sur la malheureuse cité.
Ce fut l'épée d'Attila et le pied d'Odoacre qui se chargèrent de cette formidable exécution. Les fantômes impériaux disparaissent. Le droit païen dont la lutte, commencée sur le mont sacré dans le sang de Virginie, s'était perpétuée dans les Edits ‘prétoriens, et.par la philosophie stoi- -ciennit, devait s’écrouler sur ses bases,
our reprendre sa véritable vie dont a source, cette fois, était l'Eglise, pour se perpétuer, avec ls civilisation chrétienne, à travers tous les continents et parmi toutes les nations.
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Ce droit ne vr's apparaît-il pas comme la conscience du christianisme ? comme la sanction de notre civilisation ? Pensée profonde qui m'effraie pour l'Asie, berceau du monde qui j'a perdu, pour l'Afrique, étape des peuples voyageurs vers l'Europe, qui l’a rejeté, pour l'Europe qui le repousse et qui semble déjà retourner vers le paganisme ; car la civilisation, comme le torrent, ne remonte jamais vers sa source ; elle est progressive, ou elle périt.
N'importe, le Code chrétien de Théodose survivra aux ruines de l’empire. St-Boniface le donnera à la Germanie ; on l’enseignera aux Ghaulois dans l’école de Clermont, et celle de York le fera pénétrer dans les
mœurs et l'esprit de l'Angleterre. La
vérité ne meurt point.
C'est en vain que Frédéric Barberousse, comme successeur de Trajan, se proclamera le propriétaire de ses sujets et que Louis. XIV émettra les mêmes prétentions ; le droit prime la force ; il est maintenu. Le divorce disparaît aussi. Grégoire VII pourra mourir en exil, mais au moins il aura la consolation de faire triompher la
doctrine chrétienne contre les abominables prétentions de Philippe Auguste et d'Henri VIII, O’est à l’aide de l'Eglise que le droit romain nous est transmis, (O'est lui qui adoucit:
le caractère des conquérants sanguinaires pour en faire des rois pacifiques.
La croix, c’est-à-dire l’ensemble des doctrines catholiques, a changé la face du monde. L'Église a conservé la science. (C'est elle qui avait fait aux moines une obligation de copier et de nous transmettre Sénèque: et Cicéron ; Augustin d’Hippône nous avait conservé Platon, et Boëêce nous a donné Aristote.
L'éducation adoucit les mœurs ; les arts naissent à la vie; la musique, la peinture et la poésie se transforment. Et, sur la harpe des Bardes Gaulois et des Scaldes Grermaniques la religion ajoute une corde divine pour chanter l’âme, la paix, le ciel et Dieu, tout en chantant la vie, la guerre, le peuple et la patrie.
Trente ans après la mort de Charlemagne son immense empire s'écroule sous les coups redoublés des
Normands. Les Hongrois massacrent l'Allemagne et l'Italie. Ils courent la laver dans un déluge de sang et ils y reçoivent le baptême de la foi ; car Dieu voulait s’en servir, comme de rempart, contre la corruption de Byzance qui cherchait à déborder en Occident.
Ce droit enfin si amoureusement
promulgué par la croix, si merveilleusement servi par l'épée, avait modifié le caractère de la nation Franque à tel point qu’elle était devenue la plus civilisée de l'Europe, lors de la découverte de l'Amérique.
Au nom de son droit et par la croix, au nom de la justice et par son épée, la France avait fait d’admirables choses. Un mot sublime les qualifie ; “ Gesta Dei per Francos.” Et c'est là le plus beau témoignage que l'histoire ait jamais rendu à un peuple, puisque pour l'enregistrer dans ses annales, à côté des grands faits des hommes, elle a dû inventer une formule unique, une expression que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Gesta Dei per Francos. Leo génie chrétien seul a pu buriner ce trait céleste.
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Ce mot peut être la honte d’une certaine France actuelle, il est la gloire de celle d'autrefois, espérons qu'il sera aussi celui de la France de l'avenir. O France chérie, pourquoi te laisses-tu aüjourd’hui périr quand près du Dieu de St. Louis et de Ste.
Geneviève, la rédemption est toujours surabondante ?
Ce que la croix, qui avait tant effrayé le farouche sauvage des bords du St-Laurent, n'aurait pu faire seule, en ce pays, l'épée l'accomplira. De fait, dans la nouvelle France, si le laboureur fut apôtre, le soldat fut prêtre :
—sa vie fut une immolation continue, un sacrifice constant,
Les nombreuses peuplades qui se disputaient la possession de nos vastes territoires, étaient plongées dans les ténèbres les plus profondes, adonnées aux plus abominables cruautés, courbées sous le joug le plus dégradant. Le missionnaire mourait de leurs mains sanguinaires ; la croix ne faisait encore aucune salutaire impression sur leur âme cruelle. Pour dompter leur tyrannie, il fallut une puissance ; et cette puissance fut
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celle de l'épée, car si la croix est le signe de l’amour, l'épée est celui de la crainte,
La croix et l'épée ; voilà la double alliance qui a converti l'Amérique ; voilà le double étendard qui a sauvé le Canada.
Ai-je besoin de vous dire que c’est en chantant les hymnes sacrées que nos guerriers s’élançaient au combat ?
que c’est en portant avec eux la croix que nos pères couraient à la mort ou à la victoire ?
Singulière corrélation ! Deux mains fondent notre cher Canada, deux mains l'agtandissent d'un océan à l’autre, deux mains le soutiennent dans toutes ses vicissitudes, deux mains le relèvent dans toutes ses chûtes, deux mains l’encouragent dans toutes ses Le, hs deux mains le protègent dans toutes ses adversités, deux mains lui assurent une durable victoire ; — celle du prêtre et celle du soldat ; la
foi et l’action ; l'empire de la vertu
et celui du courage ; la croix et l'épée.
Le sang, sans lequel il n’y a pas de rémission, a été répandu à flots
52 LA CROIX, L'ÉPÉE ET depuis l’origine du monde, sansapaiser la colère du ciel ! . Parce que ce sang, au lieu de monter en holocauste au vrai Dieu, n'était destiné qu'à des sacrifices aux puissances infernales.
Parmi toutes les horreurs du paganisme est celle des victimes humaines ! Les Carthaginois égorgeaient leurs propres enfanis ! Et ces abominations se pratiquaient au Mexique et parmi les sauvages de l'Amérique, lorsque les Européens ; pénétrèrent et avant que l'aurore de l'Église ne les éclairât, avant que l'épée ne les protégeût, ayant que la croix ne les eût délivrés de la tyrannie de Satan.
L'épée française a affermi l'État, protégé l'Église, défendu la croix et ennobli l’ordre social en Canada. Et ce, par le moyen de la guerre constante que nos pères durent faire, sans trève ni relâche, sans tranquillité ni repos. Cette guerre que le cosmo- .politisme universel voudrait voir à jamais porsnies du monde, y est pourtant'un fait constant, perpétuel et normal depuis son origine.
La guerre ! O’est la justice de Dieu qui passe. Oe sont les iniquités des
hommes qui en ont appelé les atrocités
sur leurs têtes, comme l'acier attire la
foudre. La guerre est universelle.
Et si l'on maudit l'assassin, l’on houore le guerrier parce qu'il est l’exécuteur des hautes-œuvres de son pays, parce qu'il en est le vengeur, le protecteur, la sauvegarde et le rempart.
Si la mer devenait inerte et immobile, si ses flots cessaient de monter ou ses D de redescendre, ce serait la ruine des hommes : ce calme engendrerait la mort. Les eaux de Siloé devaient être agitées par l’Ange pour guérir le premier malade qui s'y plonger, les eaux des mers ont esoiln d'être remuées jusque dans
leurs mystérieuses profondeurs pour en empêcher la corruption. La guerre est aux nations ce que la tempête est à l'Océan ; elle les purifie, elle les assainit, elle les relève, elle les ennoblit.
Voilà la puissance du sang versé pour la justice ; voilà l'efficacité de l'épée. Voilà sa mission en ce monde ; mission sacro-sainte qu’elle a admirablement accomplie dans la Nouvelle-France.
L'épée est synonyme de courage, de force, de bravoure et de vertu.
C’est elle qui protége la patrie, qui la :
défend contre ses envahisseurs, qui en recule les limites, qui en fait respecter les droits : c’est le pañriotisme en action.
Ah ! depuis longtemps, vous sentiez ce mot de patriolisme sur mes lèvres, vous compréeniez qu'il ne cherchait qu’une issue pour s’échapper de mon cœur. C’est qu'en effet tout vibre aujourd'hui, tout sourit— tout s’élance,—tout vole, la terre vers le ciel, —les cieux vers la terre :—nos âmes, les unes vers les autres.—C'est l'heure solennelle ;: —c'est la grande journée canadienne-française du XIXe siècle en Amérique ;—c'est la fête des souvenirs s’harmonisant avec celle des espérances.
Car, qu'est-ce que le patriotisme, sinon la forme unique de notre amour pour notre terre natale ? si ce n’est le culte pulic rendu à nos foyers ?
un éclatant hommage donné à la patrie ?
Or, la patrie ne représente pas seulement le territoire qui la compose, les beautés qui l’embellissent, les richesses qu'elle renferme, les magni-